2006, dans une petite ville du Nord de l’Angleterre, Rachel, confortablement installée dans son salon, regarde la télévision. Quand vers minuit, une musique venant de l’extérieur couvre le son de  sa télé. Puis, un son très fort, presque bestial la pétrifie. Est-ce une scène de ménage ? Est-ce une bête en rut ou blessée. Et bien, non, il s’agit de sa voisine Caroline qui prend son pied… Et chacune des nuits qui suivent, la musique annonce les cris. Et ce bruit est assourdissant.

Plus de 250 plaintes seront déposées par les voisins de Caroline.

Un juge rend une ordonnance pour trouble au bon voisinage qui impose à la dame de « ne plus faire de bruit excessif au cours des quatre prochaines années ».

Mais Caroline fait appel de la décision qui, pour elle, viole (bien choisi) les droits de l’homme. En attendant, avec son mari, elle continue à crier de plus bel chaque nuit. Le voisinage pense que les cris viennent des deux parties (bien choisi) en action. Même Margery Ball (bien choisi), pourtant à moitié sourde, se plaint d’avoir perdu deux années de sommeil à cause de ses voisins.

Mars 2010, Caroline est condamnée en appel à une amende. De plus, l’interdiction de crier est confirmée. Un appareil enregistreur a été posé à proximité de la maison du couple incriminé. Enfin le juge a prévenu Caroline qu’en cas de récidive, elle serait incarcérée. Cette dernière ne pouvant imaginer arrêter de crier durant l’acte, a déclaré qu’elle changerait ses horaires : Monsieur le juge, vous avez gravement perturbé ma vie de couple. Depuis 26 ans, nous faisions l’amour chaque nuit. Maintenant, nous sommes réduits à 3 fois par semaine…Pour respecter votre décision, je ferai mes vocalises le matin…

Bon Mona, vous êtes sourde ou rêveuse. Allez ramenez les verres, je sers Le Moulin Riche 2005. Ce vin de Saint-Julien est bien équilibré et fruité. Une invitation au silence…

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Mona et ses chopines

Avant de répondre « oui », je demande à savoir de quoi on parle. Si le mot chopine fait référence à une mesure de capacité (un demi-litre), comme on dit encore volontiers notamment dans nos campagnes : « tu payes ta chopine ». C’est, dans ce cas, un canon de rouge plutôt ordinaire ou de bière qui est servi. Alors je suis d’accord pour partager ce pot avec vous…

Mais si j’hésite, c’est qu’en tant que femme, je ne peux oublier qu’au XVIème siècle, mes ancêtres portaient des chopines au pied. Cette mode qui a devancé le talon a été vue pour la première fois à Venise. Pour ne pas avoir les pieds mouillés, les belles préféraient marcher avec difficulté et risquer de se casser une jambe en perdant l’équilibre. En effet, ces chaussures ressemblent plus à des échasses qu’à des mocassins. De Venise, cette mode s’élargit à toute l’Europe.

Pour éviter de se salir les pieds dans des rues boueuses et pleines de détritus, il était préférable d’être perchée sur ses chopines…  Vous dire dans quel état étaient les voies au Moyen-Age.


Mona tend votre invitation à boire un coup… Allez ne soyez pas timide.

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Je vous ai laissé vendredi dernier au milieu du cimetière du Père Lachaise… Je vous avais promis de vous en dire plus sur les tombeaux des auteurs Français les plus connus.

« Il est plus que douteux que nous ayons les ossements de Molière, et il est certain que nous n’avons pas ceux de La Fontaine. Le monument qui est au cimetière du Père La Chaise est donc un cénotaphe[1] consacré à ces deux hommes illustres; mais ce n’est pas un tombeau… » écrit Charles Athanase, baron Walckenaer, dans sa biographie de Jean de Lafontaine qui lâche une vraie bombe.

Alors que sait-on ?

Le 17 février 1673, Molière rend l’âme quelques heures après sa dernière représentation du Malade Imaginaire. Bien qu’en qualité d’acteur, il n’a pas droit d’être enterré en « terre sainte », sur ordre de Louis XIV, l’archevêque de Paris écrit :

« Nous avons permis au sieur curé de Saint Eustache de donner la sépulture ecclésiastique au corps du défunt Molière dans le cimetière de la paroisse, à condition néanmoins que ce sera sans aucune pompe et avec deux prêtres seulement et hors des heures du jour et qu’il ne se fera aucun service solennel pour lui, ni dans la dite paroisse, ni ailleurs« .

Quatre jours plus tard, c’est de nuit que la dépouille est enterrée au cimetière Saint-Joseph.

Le 13 avril 1695, Lafontaine s’éteint. Il est porté en terre au cimetière des Saints-Innocents.

En 1792, une section armée prend le nom de Molière et de La Fontaine. On veut rendre hommage aux grands hommes. On entreprend d’exhumer leurs corps. On commença par Molière, mais il n’existait aucune repère qui indiquât où était son corps. On trouve un corps, qui parait aux témoins avoir été enterré dans un cercueil, lequel corps leur parait être le corps de Molière, et voilà l’exhumation faite…

Quant à La Fontaine, l’extrait mortuaire, que l’on avait sous les yeux, rendait la chose plus embarrassante; mais on vivait alors dans un temps où rien n’embarrassait : en conséquence, on déclare dans ce procès-verbal, que ces mots, Saints-Innocents, qui se trouvent dans l’acte de décès, sont une erreur et que le fabuliste a été enterré à Saint-Joseph. Malgré les doutes, on collecte des os qu’on lui attribue.

Aussi, les cercueils inhumés au Père Lachaise ne contiennent pas les os de Lafontaine et vraisemblablement pas ceux de Molière…

Bon, Mona, c’est pas tout çà, faut boire un coup : Château-Thierry est le lieu de naissance de Lafontaine. Pour arroser çà, un Champagne s’impose : le Ruinart blanc de blancs est tout en délicatesse et finesse… En un mot, vos qualités, ma chère Mona.


[1] Monument élevé à la mémoire d’une personne dont la forme rappelle celle d’un tombeau, bien qu’il ne contienne pas son corps.

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Mona rend hommage à Botero

Le phénomène s’aggrave d’année en année, le nombre d’obèses augmente. A ce jour, on estime à 10% de la population française les personnes concernées[1]. Mais c’est en Amérique du Nord que le problème est le plus sérieux : 34% des Américains sont touchés.

Aussi, les chercheurs de l’université de Pennsylvanie se sont penchés sur les causes de l’obésité aux Etats-Unis. Pour cette enquête ils ont même sollicité la collaboration des psychologues et sociologues de l’alimentation de notre C.N.R.S. Tout a été scientifiquement quantifié : comparaison entre les proportions décrites dans les recettes des livres de cuisine, entre les portions « standards » servies dans les restaurants… etc.

La réponse est limpide, nette, sans bavure : toutes sont majorées outre-atlantique! Le « Big Mac[2]« , servi par un « néfaste-food » tentaculaire et mondial, pèse 277 gr à Paris et 346 gr à Philadelphie.
Après deux ans d’étude, la conclusion formelle et sidérante est tombée : si les Etasuniens sont plus gros que les Français, c’est parce qu’ils mangent d’avantage!
Des dissidents prudhommesques émettent une autre hypothèse, c’est le « CACA-COLA » qui ferait grossir. La preuve : tous les Américains obèses en boivent

Mona pas grossi d’un gramme depuis 10 ans. Et vous ?

Pour finir, un artiste américain utilise les « hamburgés » comme de la gouache. Le résultat a intrigué Lépicurien. Je ne vois pas….


[1] Soit 6 millions

[2] « Gros Maquereau » en traduction littérale

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Lafontaine et Molière au Père Lachaise

Le cimetière du Père Lachaise est le quatrième lieu le plus visité de Paris. Il faut dire qu’il y a du beau monde : du Maréchal Ney à Oscar Wilde, en passant par Colette, Frédéric Chopin,  Edith Piaf, Marcel Proust, Georges Haussmann, Ludovico Visconti, J.Dominique Ingres, Victor Hugo, Sarah Bernhardt, Delacroix, Balzac, Amedeo Modigliani… Excusez du peu. Pour voir la liste rendez vous sur ce site. Vous pourrez même circuler entre les tombes…

Mais la pierre tombale qui attire de loin le plus de visiteurs est celle de Jim Morrison, le leader des Doors. Décédé à Paris le 3 juillet 1971, il fut enterré à la va vite 4 jours plus tard. Sa famille, fâchée depuis plusieurs années avec le chanteur, ne voulut pas payer les frais de rapatriements. Un défilé incessant de fans perturbe la tranquillité des lieux. Poulenc, de Lesseps, Champollion voient des hardes passer devant leurs pierres sans s’arrêter. Comme souvent, lorsqu’une vedette est fauchée en pleine jeunesse, les bruits les plus fous courent : Jim ne serait pas mort ; son corps serait reparti au States, donc la tombe parisienne serait vide…
Et pourtant ce que l’on prête au rockeur est arrivé à deux de nos plus grands auteurs.

Bref retour en arrière. Le 21 mai 1804, le cimetière du Père Lachaise ouvre… Mais les Parisiens boudent le lieu : le 20ème arrondissement n’a pas la cote. Que faire ?

En 1817, la mairie de Paris organise en grande pompe le transfert des restes de Jean de Lafontaine et de Molière.
Succès immédiat : la surface passera de 17 ha à 43 ha.

Mais il semble bien que la tombe de Molière contienne les restes d’un inconnu et que les os de Molière sont peut-être dans celle de Lafontaine.

Ma Chère Mona, je vous reparlerai de cette énigme dans un prochain article. En attendant, buvons un vin de Pézenas (c’est là qu’est né Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière) : Domaine Montrose, cuvée des Lézards 2007. Cet assemblage de Merlot, Syrah et Carignan est une gourmandise. Allez Mona, sortez les verres, je m’impatiente.

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Un court roman policier de Didier Decoin (185 pages en livre de poche) qui se lit vite mais qui interpelle. Le récit est tiré d’une histoire vraie : l’assassinat, à New York en 1964, de Catherine Kitty Genovese.

Ce meurtre qui fut particulièrement atroce eut sur la société américaine l’effet d’un électrochoc. En effet, la passivité des témoins permit à l’assassin de la tuer à petit feu durant plus de 35 mn. Ce comportement devint rapidement un cas d’école qui fut étudié sur les bancs des facs de psychologie sous le nom de syndrome « Kitty Genovese ».

Des psychologues célèbres conduisirent des expériences sur ce syndrome également dénommé « bystander[1] effect ».

Ils en conclurent que lorsqu’un seul témoin est présent dans une situation d’urgence, il porte assume plus facilement ses responsabilités et intervient ; mais si d’autres sont présents, la charge de la responsabilité se diffuse…  Ainsi, plus un témoin croit qu’il y a d’autres personnes qui entendent l’appel au secours, moins il agira. Par exemple, lorsqu’il y a 2 témoins, ils interviennent dans 85% des cas ; pour 3 témoins, on descend à 62% ; pour 6, on tombe à 31%…

Mona pellera peut-être au secours un jour… J’espère que vous serez seul ce jour là. Je me jetterai dans vos bras.


[1] Personne qui assiste à un événement sans s’y impliquer

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Le 16 mai 1770, Louis Auguste, Dauphin de France et futur Louis XVI, épouse Marie-Antoinette Josèphe, Jeanne, Archiduchesse d’Autriche. A la suite de la cérémonie religieuse, les jeunes époux signent deux copies de l’acte sur les registres paroissiaux. Ces deux volumes sont conservés : l’un aux archives départementales des Yvelines, l’autre aux archives municipales de Versailles.

Sur la toile, on peut visionner la copie des archives départementales. C’est bien, mais il eut été plus intéressant d’y voir celui des archives municipales.

En effet, sur la signature de la Princesse se trouve une tâche d’encre. La plume a cassé au moment au moment où elle signait. Mauvais présage

Le 31 mai, les jeunes tourtereaux se rendent à Paris pour y être applaudis par le peuple. Un feu d’artifice, confié au grand Ruggieri, doit être tiré de la place Louis XV[1]. Une foule immense est réunie. Ce jeune Dauphin représente un espoir pour des Parisiens qui n’ont plus d’estime pour Louis XV.

La foule grossit, grossit… La nuit tombe et de nombreux spectateurs tentent de rallier la place. D’autres repartent vers l’église de la Madeleine… Bousculade, chute, incendie,… morts, blessés… Mauvais présage

Armand d’Allonville se souvient dans ses mémoires :

Je ne puis clore cet article de mes mémoires sans parler de l’effroyable catastrophe dont les fêtes célébrées à l’occasion du mariage de Louis XVI devinrent la cause. J’étais bien enfant, mais il est des événements trop frappants pour qu’on les oublie, sur lesquels on revient dans un âge plus avancé, et dont on cherche alors à connaître tous les détails. Aussi ai-je eu la certitude que cinquante-trois personnes avaient péri sur la place, que, des trois cents blessés, l’on n’en put sauver qu’environ la moitié, en dépit de tous les soins qui leur furent prodigués ; que le mal était provenu de quatre causes : l’entêtement que le corps de ville, et surtout le prévôt des marchands, mirent à s’emparer de la police de la fête : l’incendie spontané de l’échafaudage construit pour le feu d’artifice ; des cordes tendues par des filous, et le passage des pompes par la rue Royale , non encore pavée, à travers laquelle une foule effrayée se précipitait.

Ce qui fixait dans ma mémoire un aussi triste souvenir, c’est la profonde douleur dont la ville et la cour furent alors frappées ; c’est, et cela était plus près de moi, la tristesse et les pleurs des deux jeunes princesses[2], à qui l’on ne put parvenir à cacher le funeste événement qui venait d’avoir lieu. Elles versaient des larmes sur le sort de l’humanité souffrante, sans prévoir, hélas! qu’elles auraient un jour à en répandre de plus amères sur le leur, et celui surtout de ce qu’elles avaient de plus cher au monde !

Un coup à perdre la tête !

Bon Mona, il est temps de boire un coup. Allez, hop, deux verres, je vous prie. Le Domaine des Lys Sacrés 2009 est royal. Ce Côte de Brouilly va vous refaire boire du Beaujolais…


[1] Actuelle Place de la Concorde. C’est sur cette même place, renommée Place de la Révolution, que Louis XVI et Marie-Antoinette furent guillotinés en 1793.
[2] Marie-Antoinette et Elisabeth, sa belle soeur

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De nos jours, on dit trop souvent les choses de manière crue. Toute poésie est réduite à zéro. C’est souvent bien triste. En 1933, Lyjo auteur de livrets de comédies musicales et de chansons légères et paillardes, avait écrit ce texte :

V’nant de louer une garçonnière
En cachette de mes parents
J’ai amené la nuit dernière
Une belle et lui dis galamment
 » – On va d’abord dîner ma chère
Après j’planterai ma crémaillère »
Que j’ajoute d’un p’tit air cochon…

Vous comprenez l’allusion ?

D’abord pour commencer la fête
Y’avait des radis, des anchois,
Du thon, du caviar, des crevettes
Elle en a r’pris cinq ou six fois
 » – Vous voyez lui dis-je, ma jolie
J’vous ai fait des petites fantaisies
- J’t'en f’rais aussi, qu’elle me répond… »

Vous comprenez l’allusion ?

Après on apporte sur la table
Un superbe poulet rôti
Ma conquête me dit très aimable
 » – Quel morceau préférez vous y ?  »
Alors en zieutant la volaille
J’lui dit d’un petit air canaille
 » – Moi, j’ai envie d’bouffer l’croupion… »

Vous comprenez l’allusion ?

Après on sert des frites pour elle
Et pour moi des nouilles au gratin
Des nouilles comme y’en a pas d’plus belles
La maison Rivoire et Taupin
Alors je vois son œil qui s’mouille
Elle dit en reluquant mes nouilles
 » – Oh! c’que t’en as une belle portion ! « 

Vous comprenez l’allusion ?

Après on nous sert les asperges
Je prends les deux plus grosses, ma foi
J’lui en donne une grosse comme un cierge
Et je garde l’autre pour moi
Mais quand elle eut fini la sienne
La voilà qui saute sur la mienne
En m’disant  » – Donne la moi, Léon ! « 

Vous comprenez l’allusion ?

Enfin après toutes ces merveilles
Comme dessert il y avait des noix
Et pour l’épater moi j’essaye
De les casser entre mes doigts
Elle m’dit  » – Tu vas t’faire mal grosse bête
J’vais t’prêter mon casse-noisettes
Mais sers t’en avec précaution… « 

Vous comprenez l’allusion ?

Pour finir j’dis à ma compagne
 » – En fait d’liqueur que prenez vous ?
Voulez vous d’la fine champagne ?
Voulez vous quelque chose de plus doux ? »
Je lui fis vois tout c’que j’possède
Elle a pris c’que j’avais d’plus raide !
Elle a même vidé tout l’flacon !

Vous avez compris, tas d’cochons ?

Avouez que c’est bien enveloppé, que çà ouvre l’appétit … Tiens, je vais inviter Lépicurien au restaurant.

En attendant, je vous invite à écouter cette chanson.

Mona lusion, c’est Lépicurien….

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Après la Révolution de 1830, Charles X qui, comme Louis XVIII était le frère de Louis XVI dut repartir en exil. C’est son cousin, Louis-Philippe d’Orléans qui fut proclamé roi des Français. En1833, il décida de transformer le Château de Versailles qui menaçait de s’effondrer, en musée.
Ces galeries furent inaugurées en 1837 et dédiées «à toutes les gloires de la France». Le souhait du souverain était de réconcilier tous Français qu’ils furent partisans de tel ou tel des régimes qui s’étaient succédés depuis 1789…
Pour ce faire, il puisa dans les collections royales. Agrandi au cours des siècles, c’est le plus grand fond iconographique de l’histoire de France. Si aujourd’hui, ce musée est malheureusement fermé, sa réouverture est prévue…
Un proche de Louis-Philippe, une fois les travaux terminés, proposa à une vieille courtisane qui avait connu le château au temps de Louis XVI, une visite en avant première.
La noble Dame rentra toute émue dans le château. Mais elle était presque aveugle.
Interrogé par son hôte, elle dit qu’elle ne reconnaissait pas les lieux où elle avait vécu.
- C’est normal, vous ne voyez plus bien.
- Mais, non, c’est qu’il manque l’odeur…

Quand vous visitez Versailles, n’oubliez pas que seul Louis XVI avait fait installé un seul lieu d’aisance pour son usage personnel. Quant aux autres habitants et visiteurs, bien que de nombreux porte-seaux circulaient dans les galeries, ils n’hésitaient pas à sa soulager entre deux portes ou dans l’embrasure d’une fenêtre.

Allez Mona, nous allons boire un vin riche en arômes : Muscat Sec Libertine 2008 de Grès Saint Paul. Une impression de croquer des raisins à pleine dent….

Pour vous rafraichir, je vous propose une causerie fort intéressante de Jacques Attali sur l’avenir du parfum (durée 14 mn). Clair, limpide… Grandiose !

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La Fée Verte est de retour

Dans les pages saumon du Figaro du 14 août, fut édité un court article annonçant qu’à dater de 2011, la production d’absinthe « à l’ancienne » sera autorisée en France. Bien entendu, ce n’est plus stratégique pour le groupe Pernod-Ricard. La consommation mondiale n’est que de 2,7 millions par an… alors qu’en 1900, en France uniquement, on en buvait 36 millions de litres.

Mais, symboliquement, c’est important. En effet, accusée de tous les maux, la Fée Verte a été interdite en 1915.

Baudelaire, Verlaine, Modigliani, Toulouse-Lautrec, Van Gogh … en avaient fait leur muse. Et Dieu sait qu’ils en avaient de l’inspiration, les bougres.

Mais, dès le début du 20e siècle, l’absinthe devint le symbole de l’alcoolisme. Une campagne, relayée par les producteurs de vins qui voyaient là l’occasion d’éliminer un gros concurrent, est lancée. Les  ligues antialcooliques présentent l’absinthe comme l’origine de tous les problèmes : hausse de la criminalité, de la tuberculose, de la violence conjugale, de l’aliénation et baisse de la natalité…

Pour arriver à leur fin, les autorités emploient un argument massue : l’absinthe contient à haute dose une molécule[1] qui peut rendre aveugle ou fou et qui augmente le risque de tuberculose. Et puis, on inocula de fortes potions à base d’absinthe à de pauvres bêtes qui tombèrent foudroyées[2]. N’en jetez plus.

Ainsi, les soldats de la Grande Guerre ne boiront plus de verte, ils boiront du rouge… La France est sauvée.

Mais saviez-vous que depuis 1988, la production et la vente est autorisée sous le nom de spiritueux aux plantes d’absinthes. Simplement, la fenchone[3] et la pino-camphone[4] seront autorisées en France dès l’année prochaine.

Ceci va permettre à nos producteurs d’être à égalité avec les distillateurs étrangers.

Mais le plus sympa, c’est qu’un nombre d’objets plus présents dans les musées que dans les bars pourraient revivre : verres, carafes, cuillers et brouille-absinthe.

Et comme toujours, bue avec modération, la Fée Verte est un élément de notre patrimoine qui doit retrouver une place qu’elle n’aurait jamais due perdre.

N’ayant pas d’absinthe sous la main, exceptionnellement, ma Chère Mona, nous ne boirons pas. Ce n’est que partie remise. Allez donc laver les verres. En attendant, regardez donc la cérémonie de l’absinthe :



[1] La thuyone : les scientifiques du XIXe siècle en avaient trouvé 260 mg/l. Récemment, des analyses ont démontré qu’il n’y en avait que 20 mg… Tout le monde peut se tromper.

[2] Un député qui était contre le texte dit à la tribune de l’assemblée : « que des chiens meurent après avoir absorbé de l’absinthe ne démontre qu’une chose : l’absinthe, c’est pas fait pour les chiens ».

[3] Molécule issue du fenouil

[4] Issue de la macération de l’hysope qui donne la fameuse couleur verte à l’élixir

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Hier, Lépicurien vous a livré un texte de haute volée qui m’a mise en appétit. Mais il n’a pas publié la réponse de la Sophie. Or, cette brave princesse parle un langage aussi châtié que Madame. Alors pour ceux  qui n’ont pas été choqués par ce verbe cru, je vous offre ce courrier :

Hanovre, 31 octobre 1694

« C’est un plaisant raisonnement de merde que celui que vous faites sur le sujet de chier, et il paraît bien que vous ne connaissez guère les plaisirs, puisque vous ignorez celui qu’il y a de chier ; c’est le plus grand de vos malheurs. Il faut n’avoir chié de sa vie, pour n’avoir senti le plaisir qu’il y a de chier ; car l’on peut dire que, de toutes les nécessités à quoi la nature nous a assujettis, celle de chier est la plus agréable.

On voit peu de personnes qui chient qui ne trouvent que leur étron sent bon ; la plupart des maladies ne nous viennent que par faute de chier, et les médecins ne nous guérissent qu’à force de nous faire chier, et qui mieux chie, plus tôt guérit. On peut dire même que qu’on ne mange que pour chier, et tout de même qu’on ne chie que pour manger, et si la viande fait la merde, il est vrai de dire que la merde fait la viande, puisque les cochons les plus délicats sont ceux qui mangent le plus de merde. Est-ce que dans les tables les plus délicates, la merde n’est pas servie en ragoût ? Ne fait-on pas de rôties de la merde des bécasses, des bécassines, d’alouettes et d’autres oiseaux, laquelle merde on sert à l’entremet pour réveiller l’appétit ? Les boudins, les andouilles et les saucisses, ne sont-ce pas des ragouts dans de sacs à merde ? La terre ne deviendrait-elle pas stérile si on ne chiait pas, ne produisant les mets les plus nécessaires et les plus délicats qu’à force d’étrons et de merde ? Etant encore vrai que quiconque peut chier sur son champ ne va pas chier sur celui d’autrui.

Les plus belles femmes sont celles qui chient le mieux ; celles qui ne chient pas deviennent sèches et maigres, et par conséquent laides. Les beaux teints ne s’entretiennent que par de fréquents lavements qui font chier ; c’est donc à la merde que nous avons l’obligation de la beauté. Les médecins ne font point de plus savantes dissertations que sur la merde des malades ; n’ont-ils pas fait venir des Indes une infinité de drogues qui ne servent qu’à faire de la merde ? Il entre de la merde dans les pommades ou les fards les plus exquis. Sans la merde des fouines, des civettes et des autres animaux, ne serions-nous pas privés des plus fortes et des meilleures odeurs ? Les enfants qui chient le plus dans leurs maillots sont les plus blancs et les plus potelés. La merde entre dans quantité de remèdes et particulièrement pour la brûlure.

Demeurez donc d’accord que chier est la plus belle, la plus utile et la plus agréable chose au monde. Quand vous ne chiez pas, vous vous sentez pesante, dégoûtée et de mauvaise humeur. Si vous chiez, vous devenez légère, gaie, et de bon appétit.

Manger et chier, chier et manger, ce sont des actions qui se suivent et se succèdent les unes aux autres, et l’on peut dire qu’on ne mange que pour chier, comme on ne chie que pour manger. Vous étiez de bien mauvaise humeur quand vous avez tant déclamé contre le chier ; je n’en saurais donner la raison, sinon qu’assurément, votre aiguillette s’étant nouée à deux nœuds, vous aviez chié dans vos chausses. Enfin, vous avez pris la liberté de chier partout quand l’envie vous en prend, vous n’avez d’égard pour personne ; le plaisir qu’on se procure en chiant vous chatouille si fort que, sans égard au lieu où vous vous trouvez, vous chiez dans les places publiques, vous chiez devant la porte d’autrui sans vous mettre en peine s’il le trouve bon ou non.

Et, marquez que ce plaisir est pour le chieur moins honteux que pour ceux qui le voient chier, c’est qu’en effet la commodité et le plaisir ne sont que pour le chieur. J’espère qu’à présent vous vous dédirez d’avoir voulu mettre le chier en si mauvaise odeur, et que vous demeurerez d’accord qu’on aimerait autant ne point vivre que ne point chier. »

Mona pas de gros besoins, et c’est tant mieux… Et vous ?

Si le sujet vous intéresse, je vous glisse une petite vidéo extraite d’une émission fort intéressante passée sur Arte

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