Mlle Bertin, modiste 1747-1813

Marie-Jeanne Bertin est née en Picardie en 1747. En 1763, elle est engagée comme modiste[1] dans un atelier parisien. Sept ans plus tard, elle ouvre magasin rue du Faubourg Saint Honoré.

Devenue la protégée de la Duchesse de Chartres, elle devient vite la coqueluche de Paris avant d’être présentée à la Dauphine Marie-Antoinette qui lui demande de confectionner sa garde-robes. Or si Le budget du département de la toilette de la Dauphine s’élevait en 1773 à un total de 120.000 livres, il passe dès 1774 à 200.000 livres alors qu’elle devient Reine.

Les deux femmes passent tant de temps ensemble que le surnom de « ministre des modes » est attribuée à celle qui se fait maintenant appelée Rose Bertin. Mlle Bertin, ministre de la mode, coûtait d’ailleurs plus cher qu’un secrétaire d’État. Et les modes allaient se succéder à un rythme effréné. Elle se plaisait à dire qu’en matière de mode : « Il y a de nouveau que ce qui est oublié« . De leur rencontre, la mode des coiffures les plus exubérantes, des chapeaux les plus fous, des robes les plus luxueuses, puis des robes de campagne, s’établit.
La Cour se met au diapason et les commandes affluent. Mais nombre de nobles sont au bord de la ruine…. et ce flot de dépenses vaut à la Reine sarcasmes et pamphlets.


Elle habille également la Du Barry, Madame de Polignac, la Princesse de Lamballe et rapidement toute la Cour qui se doit de suivre la mode lancée par la Reine. Nombre de nobles, entrainées dans ce tourbillon, sont au bord de la ruine….

Avec la Révolution, les affaires ralentissent. Heureusement, la clientèle étrangère permet à Mlle Bertin de voyager en Allemagne, en Angleterre et d’échapper à la Terreur.

Craignant pour sa vie et voulant se rapprocher de ses clientes, elle se réfugie en Angleterre. En 1795, elle se rend en Russie. A son retour à Paris, elle habille Joséphine de Beauharnais et la Reine d’Espagne. Mais elle n’est plus en à la mode et se retire dans sa maison d’Epinay où elle vivra jusqu’au 22 septembre 1813.

Mona tours, c’est vous ?


[1] On se tromperait si l’on se figurait qu’une marchande de modes, au dix-huitième siècle, se contentait de fabriquer des chapeaux. Elle avait le monopole de l’ornementation des costumes. La couturière taillait, cousait, la modiste parait.

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C’était, il y a une semaine… défilé, feux d’artifices, bals populaires. Les Français ont fêté leur Fête Nationale.

Dans nos manuels d’histoire, on nous a toujours appris que la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, était due à un mouvement lié au manque de pain. La Reine Marie-Antoinette aurait lâché sa fameuse boutade : « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche… ». Et si en fait la Révolution avait trouvé son origine dans le prix du vin.

L’octroi était une contribution prélevée dans des pavillons dédiés à cette taxe placés à l’entrée des villes. L’impôt portait sur nombre de produits de base tel que l’huile, le sucre, le vin.

En 1784, pour financer les hôpitaux et le déficit du royaume (déjà !), la monarchie fait construire une vaste enceinte d’octroi autour de Paris. Nombre de mastroquets, de guinguettes sont pris dans la nasse…Ils doivent disparaître ou déménager plus loin ; pour s’arsouiller à peu de frais, le parisien devra faire un très long chemin. Le mécontentement s’installe : «le mur murant Paris rend Paris murmurant » selon le dicton prêté à Beaumarchais.

En 1788, on suspend temporairement les travaux. Las ! Vignerons de banlieue, débitants, tenanciers et consommateurs se liguent contre les barrières honnies… On s’organise. Depuis la zone franche, le vin est transvasé dans des outres puis, du haut d’échafaudages, expédié par dessus le mur. Le procédé, fort peu discret, est à haut risque. De plus industrieux percent des trous dans la paroi, installent de véritables « vinoducs » (plus de 70) et font fortune.

Juillet 89, taverniers et tenanciers conduisent l’insurrection de la populace ; le 11 quelques barrières sont incendiées; le 12 et le13 c’est l’attaque : des charrois de futailles pleines entrent dans Paris !

Une fois la Bastille prise, les insurgés proclament « enfin, nous allons boire le vin à trois sous, il y a trop longtemps que nous le payons douze sous ».

L’octroi sera rétabli en 1798 et ne disparaitra complètement qu’un 1943. De nos jours, c’est la TVA qui est appliquée sur tous les produits, mais, le percepteur est le marchand. Plus discret et moins de risque de voir le peuple se lever contre cet impôt…!

Mona, pas besoin de vinoducs. Si vous voulez bien amener deux verres, je vous propose un vin de Cour-Cheverny. Cette minuscule appellation produit des vins à base du cépage Romorantin. Ce vin blanc du Domaine des Huards 2004 est frais, miellé et plein de fruits blancs. Un délice.

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Tous les épicuriens se joindront à moi pour saluer la mémoire du Caravage. Aucun ne peut oublier ses portraits de Bacchus. On célèbre cette année, le 400ème anniversaire de sa mort qui, jusqu’à ces derniers jours, restait mystérieuse…

Des chercheurs viennent de trouver avec quasi-certitude les circonstances de sa mort. Ils avaient en leur possession un document qui suggérait que le peintre était enterré à Porto Ercole (Toscane). Après avoir examiné les restes d’environ 200 personnes de l’ossuaire, ils ont  trouvé les restes d’un homme de 38 à 40 ans qui pourraient appartenir au Caravage mort à l’âge de 39 ans. Les scientifiques estiment la probabilité que ce soit bien lui à 85%. Une datation au carbone 14 et des analyses ADN ont permis de découvrir les raisons de son décès. Tout d’abord, les os contiennent une teneur très élevée en plomb. Or à l’époque, le plomb était très utilisé dans les peintures.
Le saturnisme pouvait conduire à des troubles graves du comportement, sources de violence et favorisant des comportements criminels. Or sa vie fut pour le moins, tumultueuse.

De plus, le mort retenu était atteint par la syphilis. Or, on sait que le peintre avait une sexualité débridée. Enfin, les analyses montrent que Michelangelo très affaibli  est surement mort d’un « coup de chaleur ».

Né à Caravaggio (Piémont), en 1571, d’un père maçon, il apprend ce métier à Milan avant de partir pour Venise puis Rome pour exercer son art de peintre. Comme souvent, c’est un maître, Giuseppe Cesari, qui le fait peindre dans ses tableaux. Puis Caravage commence à travailler pour lui et se fait remarquer par le cardinal del Monte qui devint son protecteur.
L’artiste travailla pour les Eglises de Rome même si un saint Mathieu, qu’il avait peint pour Saint-Louis-des-Français, parut tellement trivial qu’il dut le refaire. Si sa peinture est reconnue, l’homme a une vie dévergondée : il était violent et querelleur, et plus d’une fois il eut à faire à la police pontificale. En 1606, à la suite d’une partie de jeu, il se prend de querelle avec un joueur et le tue…Il doit fuir pour Malte. Mais, une querelle l’oblige à partir pour la Sicile. Fatigué de cette vie errante, il décida de rentrer à Rome. Son voyage s’arrête à Porto-Ercole.

Ma Chère Mona, je vous invite à lever votre verre à la mémoire de Michelangelo. Goûtez ce Vino Santo 2000 de Felsina : un grand liquoreux toscan aux arômes de raisins secs, pêche, agrumes.


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Vous avez déjà eu l’occasion de faire connaissance de Nicolas Venette, médecin du XVIII° siècle qui a écrit tellement de choses sur l’Amour Conjugal. Aujourd’hui, je vais vous livrer un portrait de l’homme « bon pour la chose » (si vous voyez ce que je veux dire).

Si on le touche, on s’imagine mettre la main sur du feu. Sa peau est si rude et si sèche, que le poil qui la couvre presque partout, ne fait que l’adoucir un peu. Ses cheveux sont durs, noirs et frisés. Il n’a garde de les faire couper, sur ce qu’il a oui dire des Auvergnats, que pour avoir plus de bétail, ils ne coupaient jamais la laine de leur brebis, ni les crins de leurs chevaux, parce qu’ils ont remarqué par expérience, qu’il se fait par-là une dissipation d’esprits qui s’oppose à la lasciveté et à la génération. Sa barbe, qui est un figne de l’admirable puissance de faire des enfants, marque la force et la vigueur de sa complexion ; elle est épaisse, noire et dure. Ses parties naturelles sont comme ensevelies dans le poil.
Il est certain, selon que les naturalistes le remarquent, que les oiseaux qui ont le plus de plumes aiment le plus éperdument leurs femelles. Aussi les hommes qui ont le plus de poil sont les plus amoureux, leur humidité étant vaincue par l’excès d’une chaleur qui n’est pourtant pas capable de les rendre malades.
C’est cette même chaleur qui dessèche le cerveau et le crâne des hommes lascifs, et qui les fait promptement devenir chauves ; car comme ils manquent à la tête de vapeurs terrestres dont les cheveux sont produits, et que d’ailleurs les cheveux ne peuvent percer une peau dure et sèche, comme l’ont ceux qui sont d’un tempérament chaud et sec, on ne doit pas s’étonner s’ils deviennent chauves, et si cette chauveté s’augmente tous les jours par l’usage des femmes. C’est ce qui attira sur Jules César cette raillerie piquante que l’on publia à Rome, lorsqu’on l’y menait en triomphe : Romani, fervate uxores, machuum, calvum adducemus[1]. Ajoutez à cela que cet Empereur fut si amoureux et si lascif, qu’il changea quatre fois de femmes légitimes et qu’il dépucela Cléopâtre dont il eut Céfanon.

Mona remarqué que Lépicurien est barbu et chauve… alors gare !


[1] Ce qu’on traduire par : « Citoyens Romains, surveillez vos femmes, car nous ramenons le baiseur chauve »

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patiente chez son obstétricien

Pendant de nombreux siècles, les sages-femmes étaient les seules à intervenir lors des accouchements. Pour des raisons morales, l’intervention d’un homme même chirurgien-barbier n’était pas souhaitable. Il faut attendre 1573 pour qu’Ambroise Paré écrive un ouvrage sur les accouchements. En 1650, deux accoucheurs avaient la côte auprès de la Cour; ils avaient  pour nom « de la Cuisse » et « Bouchet » (çà ne s’invente pas).

En 1696, un allemand vante la qualité des chirurgiens français en matière d’obstétrique. Il constate qu’ils ont plus souvent l’occasion que leurs collègues européens de pratiquer car « même les jeunes mariées, mettant de coté, toute honte, se laissent voir et manipuler par les chirurgiens, et que les femmes appartenant à toutes les classes souhaitent leur assistance lorsqu’elles sont prêtes d’accoucher. Il en est tout autrement chez les autres nations« .

Si le choix des chirurgiens s’est imposé en France, des questions continuent à agiter les « précieuses ridicules ». Ainsi le chirurgien doit-il être mal propre ou pour le moins fort négligé, porter une longue barbe sale afin de ne pas donner aucune jalousie aux maris qui l’envoient quérir pour secourir leurs épouses ?

Pierre Donis, célèbre accoucheur du temps de Louis XIV est formel :

« Celui qui embrasse les accouchements doit être bien fait de sa personne, n’ayant aucun défaut corporel ni rien de choquant dans son visage. Il faut qu’il soit fait de manière qu’une femme puisse se mettre entre ses mains sans aucune répugnance. Il ne doit être ni trop jeune, ni trop vieux ; il faut qu’il soit dans la vigueur de son âge et qu’il ait de la force pour pouvoir faire un accouchement laborieux, qui le met quelquefois tout en sueur. »

Mona choisi : elle préfère le plus beau. Et vous ?

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Ma Chère Mona, vous allez penser que je me suis pris de passion pour le règne animal. Je dois dire que votre article sur l’histoire de Zarafa m’a inspiré. Et après la girafe, l’orang-outan, place au rhino.

En mars 1749, sous le règne de Louis XV, un capitaine hollandais débarqua à Paris avec un énorme rhinocéros qui déplaça les foules. Le pachyderme qu’on n’avait encore jamais vu en France, fut conduit deux fois à Versailles. Le Roi voulut même acheter l’animal, mais il recula devant les 100.000 écus qu’en demanda son propriétaire. Néanmoins, une mode fut lancée, des « coiffures à la rhinocéros » apparurent, nombre d’écrits furent publiés. Ainsi dans un courrier adressé à Diderot, Frédéric-Melchior Grimm écrit :

On prétend qu’il pèse cinq mille livres. Pour le transporter par terre, on utilise une voiture ouverte trainée par vingt chevaux (la fameuse auto-rhino – ndlr qu’a peur de rien). Il mange par jour jusqu’à  soixante livres de pain et il boit quatorze seaux d’eau. Il aime tout, excepté la viande et le poisson.

Les femmes raffolaient de cet animal qui unissait, disait-on, à sa force prodigieuse une extrême douceur de caractère et qui léchait avec une langue douce comme du velours. Mona, ne voyez pas de moquerie de ma part à l’encontre de la gente féminine, mais, vos collègues du XVIIIème siècle n’étaient pas nettes et légèrement obsédées. Qu’en pensez vous ?

En novembre, le vaisseau qui transportait la bête de Rome à Naples fit naufrage et la mer engloutit l’animal avec tout l’argent qu’il avait fait gagner à son maître…

Ma chère Mona, vous allez voir l’à propos. Figurez vous que le Domaine de la Spinetta[1] propose un magnifique Barbaresco dont l’étiquette est ornée d’un magnifique rhinocéros. Ce magnifique vin issu du cépage Nebbiolo est un très grand vin. Ce sera pour nous l’occasion de rendre hommage à tous ces hommes qui les premiers ramenèrent pour la première fois ces animaux qui sont pourtant beaucoup plus beaux dans leur élément. Santé, Mona…


[1] Domaine viticole du Piémont (Italie)

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Napoléon dans les Pyrénées ramenant un orang-outan

Ma Chère Mona, votre article sur Zafara est passionnant. Permettez-moi d’apporter quelques informations complémentaires à votre brillant exposé.

Zarafa à La Rochelle

On ne possédait de cette « géante de la savane » que quelques gravures approximatives et une description que Buffon avait rédigée à partir de compte-rendu d’explorateurs assez fantaisistes. Ce ruminant, qui peut atteindre 5 mètres de haut et peser 1000 kg a été baptisé Caméléopardis parce qu’on le croyait issu des amours d’un léopard et d’une chamelle. Ben voyons !

Aussi l’arrivée de cette girafe fut un évènement exceptionnel.

Parmi les consignes données durant son périple, il est bon de noter que l’animal devait boire 25 litres de lait par jour, ce qui explique la présence de vaches laitières à ses cotés. De même, pour lutter contre l’effet brutal de dépaysement, elle devait être accompagnée de deux jeunes soudanais, Atir et Youssef. Atir restera plus de douze ans, attaché à son service. Chaque jour, il était chargé de son entretien, ce qui laissa l’expression : « peigner la girafe ».

Le Muséum de Paris, manquant de place, expédie des animaux naturalisés vers des musées de province. La girafe du roi, Zarafa, arrive ainsi au muséum d’histoire naturelle de La Rochelle en août 1931.

De nos jours, on peut encore l’admirer en compagnie de l’orang-outan de l’impératrice Joséphine. Il avait vécu, en 1808, à la Malmaison, et comme c’était une jeune femelle, Bonaparte l’avait nommée « Mademoiselle des Bois ». Mais le singe avait eu les mains et les pieds gelés durant la traversée des Pyrénées. Ce fut fatal et il mourut alors qu’il n’avait que dix-huit mois. Cette courte existence fut suffisante au professeur Fr. Cuvier pour noter nombre d’observations sur cette guenon :

La musique ne produisait chez lui aucune autre sensation que celle du bruit ; pour sa défense il mordait et frappait de la main, mais ce n’était qu’envers les enfants qui l’impatientaient qu’il montrait quelque méchanceté. En général, il était doux, affectueux, et répondait au besoin naturel de vivre en société. Il aimait à être caressé, donnait de véritables baisers. Son cri était guttural et aigre ; il ne le faisait entendre que lorsqu’il désirait vivement quelque chose; alors tous ses signes étaient très expressifs. Secouant sa tête pour montrer sa désapprobation, il boudait quand on ne lui obéissait pas, et, quand il était fâché tout de bon, il criait très fort en se roulant par terre; son cou s’enflait alors beaucoup.

Vous Mona, quand vous secouez la tête, c’est plutôt pour goûter un vin… je vous ai comprise. Allez, j’ai ouvert un flacon de Savagnin de JP Salvadori. Ce Côtes du Jura 2005, cuvée des marnes bleues, est racé : finesse, équilibre, longueur…

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Les animaux ont toujours fasciné les hommes. En 1486, un sultan mamelouk d’Egypte avait offert à Laurent de Médicis une girafe qui fut ramenée à Florence. Louis XIV avait construit une Ménagerie[1] au Château de Versailles. On pouvait y voir notamment éléphant, rhinocéros et tigre. On raconte que sous Louis XV, un des soigneurs de la Ménagerie nourrissait un dromadaire avec 6 litres de Bourgogne par jour. On s’étonna que la pauvre bête meure trop vite…

Avec le Révolution de 1789, les animaux furent transférés au Jardin des Plantes. En 1826, le Pacha d’Egypte, souhaitant améliorer ses relations avec l’Angleterre et La France, offre deux girafons l’un à George IV et l’autre à Charles X.

La girafe anglaise passa l’hiver à Malte avant d’être embarqué par bateau pour Londres. Elle supporta mal le long voyage et mourut peu après son arrivée dans les bras du roi George.

Quant au girafon « français, il est embarqué en octobre 1826 avec ses deux palefreniers Atir et Hassan et arrive à Marseille où il passe l’hiver. Le préfet des Bouches-du-Rhône accueille «la belle enfant des tropiques» dans les jardins de son hôtel particulier. Il y a fait aménager pour elle des «appartements». Chaque jour, elle se promène en ville pour le plus grand plaisir des Marseillais.

C’est Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, professeur au Museum d’histoire naturelle et membre de l’Académie des Sciences qui est chargé d’organiser le voyage à pied de la girafe vers Paris. Il lui fait confectionner un costume imperméable en toile gommée, boutonné par-devant, et un bonnet qui tombe et recouvre le cou. Il fait dessiner d’un côté les armes du Pacha, de l’autre celles de Charles X.

Au matin du 20 mai 1827, sous une pluie battante, la girafe en imperméable quitte Marseille. Le convoi se compose ainsi : deux gendarmes 500 mètres à l’avant, font ranger sur le bord de la route tous les véhicules. Viennent ensuite le commandant de gendarmerie et trois de ses hommes, puis Geoffroy Saint-Hilaire suivi de deux vaches du Soudan. Suit Hassan qui tient la corde de tête avec, derrière lui, la girafe, avec Atir à la corde de droite et Barthélemy à celle de gauche. Suit une voiture sur laquelle on a chargé les bagages et une cage contenant deux antilopes et un mouflon. La progression est de 20 à 25 km par jour.

Tout au long du parcours, les badauds se pressaient pour voir l’étrange animal. Sur les routes, on casse des ponts pour laisser passer l’animal, on rebaptise nombre d’auberges « Auberge de la Girafe »

Le 30 juin 1827, la Girafe du Roi rallia enfin le Jardin des Plantes.

Une véritable « girafomania » s’empare de la France. La folie Zarafa (nom donné à la girafe) dure 3 ans et de nombreux produits « dérivés » apparaissent alors : assiettes décorées, vases, lithographies etc.

Puis, on l’oublie, ce qui fera écrire à Balzac :

« Elle n’est plus visitée que par le provincial arriéré, la bonne d’enfant désœuvrée. À cette leçon frappante, bien des hommes devraient s’instruire et prévoir le sort qui les attend”.

Elle meurt en 1845 dans l’indifférence générale. Elle est empaillée et rejoint les réserves du Jardin des Plantes.

Mona ni mal… pour vous


[1] Le pavillon de la Lanterne, édifié en 1787, (demeure fort appréciée de notre Président) tire son nom du lanternon qui couronnait le pavillon de l’ancienne Ménagerie toute proche.

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Jules Sébastien César Dumont d’Urville est né à Condé sur Noireau (Calvados) en 1790.
Il s’engage dans la Marine en 1811. Polyglotte, il est curieux de tout et étudie l’Astronomie, la Géologie, l’Entomologie et la Botanique.

En 1819, lors d’une escale dans l’île de Milos à bord de La Chevrette, c’est lui qui fit acheter et ramena la « Vénus de Milo« , désormais au musée du Louvre à Paris.

De 1822 à 1829, à bord de l’Astrolabe, il explore les côtes des îles Gilbert et Caroline, de Tahiti, des îles Malouines et d’une partie de l’Australie, des îles Fidji, des îles Loyauté, de la Nouvelle Zélande, des îles Tongas et des Moluques. Il retrouva également à Vanikoro les restes de l’expédition de La Pérouse (1828). Mais son grand dessein se concrétisa avec sa volonté de descendre toujours plus au sud. Dès 1837, il part avec l’Astrolabe et La Zélée, pour plusieurs campagnes d’explorations. Malgré les embûches de toutes sortes, scorbut, bateau prisonnier des glaces, il découvre dans l’Antarctique les terres Louis Philippe et Joinville en 1839. Le 20 janvier 1840, toujours plus au sud à la recherche d’une terre, le continent antarctique leur apparaît. Il nomme cette terre : Terre Adélie du prénom de son épouse.

Souvenir de Terre Adélie

A son retour à Toulon, d’Urville fut promu au rang de Contre-Amiral. Le gouvernement Français était si satisfait des résultats de l’expédition qu’il offrit 15 000 francs or que les 130 survivants de l’expédition se partagèrent.

En 1842, il eut une fin tragique, non pas en mer, mais dans le voyage inaugural de la ligne de Chemin de Fer Paris-Saint Germain, le déraillement du train provoqua l’incendie des wagons dont les occupants périrent (Les wagons de voyageurs étaient fermés à clef par mesure de sécurité avant le départ du train).

Mona pas bu de calva à la mémoire de Jules, et vous ?

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Débarqué comme correspondant de guerre sur les plages normandes, l’écrivain américain participa à la libération de la ville de son Paris. Et surtout de ses bars.

Drapeaux, embrassades, effusions. Ce 26 août 1944, les Parisiens célèbrent leur liberté à corps et à cris. Loin de la liesse, Ernest Hemingway a, quant à lui, déjà repris ses habitudes au bar du Ritz. Arrimé au comptoir, il siphonne, en compagnie d’une palanquée d’aventuriers et de journalistes, les  crus de la cave, précieux butins sauvés des pillages allemands mais pas de la descente légendaire de l’écrivain américain. Et comme l’une des convives se lève pour aller au défilé de la victoire, papa Ernest la rembarre: «Ma fille, reste tranquille et bois ce bon cognac! Tu pourras toujours voir les défilés, mais c’est la dernière fois que tu peux célèbrer la libération de Paris au Ritz!»

Dès 1942, l’auteur du « Vieil homme et la mer» participa à l’effort de guerre à sa façon, traquant à lord de son yacht «Pilar» les sous-marins allemands au large de Cuba. A la mi-juillet, il pose ses godillots sur le sable normand, en tant que correspondant de guerre pour le magazine «Collier’s». Furax, car devancé d’une semaine par sa troisième femme, Martha, embarquée à lord d’un navire-hôpital, il suit les combats de Saint-Lô. De l’avis de beaucoup, les papiers qu’il écrits sont assez mauvais. Enfin ceux qui arrivent à temps. Car Ernest, en bon adepte du rhum-enquête, trempe plus souvent sa plume dans l’alcool que dans l’encre…

Eternel hâbleur, il se flattera longtemps d’avoir été le premier à pénétrer dans Paris. Un mensonge éhonté. «En contrebas s’étendait, belle et encore grise, la ville que j’aimais le plus au monde», s’extasie-t-il, le 25 août, place de l’Etoile. Avenue Kléber, il hèle un passant: «Place Vendôme, c’est par où ?» Car il veut être le premier à libérer le Ritz ! Il y fait irruption, mitraillette à la main, ne trouve personne mais tire une rafale sur une pile de draps avant de décréter une tournée générale de Martini dry. Paris est subitement redevenu une fête.

Quelques lieux pour retrouver Hemingway :

Le Ritz : « Lorsque je rêve de la vie après la mort, l’action se passe toujours au Ritz. »

Jardin du Luxembourg : dans les années 20, lors d’un hiver rigoureux de sa première épopée parisienne, en proie à des difficultés financières, il y installait des pièges pour chasser les pigeons qu’il cachait dans le landau de son fils.

Brasserie Lipp : passant en jeep devant la célèbre brasserie, il fait stopper le chauffeur et interpelle le patron : « ma gourde est vide ». Elle sera remplie avec une bouteille de Cognac de la réserve secrète de la maison.

On est obligé, Mona, pour rendre hommage à l’écrivain de boire un Margaux : Château Larruau 2007 est un vin exceptionnel qui me ravie : allez libérez deux verres, c’est ma tournée de plaisir.

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Edward Heath est le premier ministre qui fit entrer la Grande Bretagne dans le Marché commun le 1er janvier 1973. Il fut le leader du Parti conservateur de 1965 à 1975, année où il fut remplacé par Margaret Thatcher.

retrouver ce média sur www.ina.fr

Tout le monde ne partageait pas son enthousiasme européen. C’est à ce sujet qu’il fut violemment pris à partie par un grand journal anglais. Quelques jours plus tard, à son club, il se rendit aux toilettes pour tomber nez à nez – disons côte à côte – avec le directeur du quotidien en question.

Un peu gêné, celui-ci s’excusa:

- Je regrette de vous avoir attaqué d’une façon aussi dure et un peu injuste. Je vous prie d’accepter mes excuses.

- Je les accepte, dit Heath … Mais, la prochaine fois, permettez-moi de souhaiter que vous m’insultiez dans les lavabos et que vous vous excusiez dans votre journal !

Mona pas envie d’écrire des méchancetés, et vous ?

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