Au château de Fontainebleau, l’académicien Prosper Mérimée propose à la noble assistance une dictée qui fera date dans l’histoire du français. Est-ce-vrai ? On ne le sait. Ce qu’on sait, c’est que Napoléon III et l’impératrice Eugénie aimaient les jeux et l’orthographe.

Si vous voulez faire cette dictée, cliquez sur ce lien et ne regardez pas la suite… Un lecteur vous la proposera à la manière des instituteurs du bon vieux temps.


On dit que  Sa Majesté l’empereur fit 75 fautes; Sa Majesté l’impératrice: 62; la princesse de Metternich: 42; M. Alexandre Dumas: (de l’Académie française): 24. Et le prince de Metternich (ambassadeur d’Autriche) ne fit que 3 fautes.
Alexandre Dumas, se tournant vers le prince, lui demanda : «Quand allez-vous, prince, vous présenter à l’Académie pour nous apprendre l’orthographe?»

Voici le texte de la dictée dont on entend régulièrement parler mais qu’on connait rarement.

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient et quelqu’exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d’une phtisie.
- Par saint Martin, quelle hémorragie, s’écria ce bélître ! À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière.

Je ne vous livrerai pas une correction commentée, mais étant sur un site épicurien, je relèverai simplement la différence entre « cuisseaux de veau » et « cuissots de chevreuil » : le cuisseau est la partie du veau dépecé, du dessous de la queue au rognon alors que le cuissot est réservé pour désigner la cuisse du gros gibier.

Mona pas fait de fautes à la dictée de Mérimée … puisqu’elle ne l’a pas faite… et vous ?

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Nous sommes en 1556, Charles IX se rend à Nérac pour visiter la cour de Navarre. Fêtes et jeux se succèdent.

Au cours d’un tournoi de tir à l’arc, le Duc de Guise et Henri de Navarre sont en lice. A la recherche d’une cible pour les départager, le jeune prince de Navarre, âgé de 15 ans, voit briller une rose sur le sein d’une des jeunes filles qui entourent la barrière, il s’en saisit et court la placer. Le duc tire le premier, son adresse est en défaut… Henri plante sa flèche au milieu de la fleur, dont il se saisit galamment, puis il court la rendre à la jolie villageoise, sans la détacher de la flèche qui lui sert de tige.

Un trouble naïf et touchant se peint sur les traits charmants de la jeune fille. Henri sent s’arrêter le battement de son cœur ; un doux regard s’échange rapidement entre eux. Henri apprend que la Belle est la fille du jardinier du Château.

Dès le lendemain, le jardinage est devenu sa passion. Il demande au jardinier de l’aider à planter. C’est l’occasion de voir la jeune fille lorsqu’elle vient à la rencontre de son père.

L’idylle dure un mois et ils se retrouvent chaque soir à la fontaine. Mais le précepteur du prince les ayant surpris, décida d’éloigner Henri.

Les adieux furent déchirants :

« Vous me quittez, Henri, disait la tendre enfant, étouffée par ses pleurs, vous me quittez, vous m’oublierez, et je n’aurai plus qu’à mourir ! » Henri la rassurait, et lui faisait le serment d’un amour éternel.
« Voyez-vous cette fontaine de la Garenne, » disait-elle au moment où la cloche du château rappelait le prince pour le signal du départ;  « absent, présent, vous me trouverez là !… toujours là ! »…
Le temps passe… quinze mois. Henri qu’on appellera le Vert-Galant, revient au Château avec de belles filles. Il se promène dans le parc à leur bras.
Son amour le voit et, au hasard d’une promenade, ils se croisent. Henri est sous le charme et demande à la Belle de le rejoindre à la fontaine le soir.
« J’y serai à huit heures », lui promet-elle.

Huit heures sonnent. Le Béarnais s’esquive du château, il traverse le taillis du parc, et arrive à la fontaine. Personne…  Mais à l’endroit même où tant de fois il s’est assis près de son amour est fichée une flèche : il la reconnaît.  La rose fanée y tient encore. Un papier est attaché à la pointe; il le prend, essaie de le lire; mais le jour s’est éteint. Palpitant, troublé, il vole au château, ouvre le fatal billet. …le voici : « Je vous ai dit que vous me trouveriez à la fontaine : j’y suis. Peut-être êtes-vous passé bien près de moi. Retournez-y, cherchez mieux… Vous ne m’aimiez plus…. Il le fallait bien… Mon Dieu ! Pardonnez-moi ! … »

Le corps la jeune fille fut retiré du fond du bassin où s’épanchent les eaux de la fontaine.


Parmi toutes les femmes qui traversèrent la vie d’Henri IV, cette idylle de jeunesse ne laissa ni trace, ni marmot mais on fait mémoire de Fleurette puisque tel est son prénom dès que l’on tente de conter  fleurette.

C’est beau…

Mona pleuré en relisant cette histoire. Pas vous ?

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Puce_programméeCe matin, dans ma salle de lecture favorite, je suis tombée dans mon Dictionnaire Historique de la Langue Française sur « puce« . Pour nombre d’entre nous, ce n’est plus qu’un composant informatique. Mais c’est avant tout, le nom d’un petit insecte sauteur, parasite des hommes et des animaux. La puce entre dans quelques locutions figurées :

Avoir, mettre la puce à l’oreille qui a d’abord signifié « provoquer ou avoir un désir amoureux » et ceci jusqu’au XVI° siècle, y compris chez La Fontaine avant de prendre son sens moderne (XVII°) de « être intrigué, mis en éveil »

Secouer les puces à quelqu’un est la variante de remuer les puces à quelqu’un.

Mais revenons à notre sympathique insecte. Il aime la chaleur et cherche donc notre compagnie. Colette Renard nous livre une histoire pas piquée des vers (et pourquoi pas des puces ?)

La puce

Au dortoir,
Sur le soir,
La sœur Luce,
En chemise
Et sans mouchoir,
Cherchant du blanc au noir
À surprendre une puce.
À tâtons,
Du téton,
À la cuisse
L’animal ne fait qu’un saut
Ensuite un peu plus haut
Se glisse.
Dans la petite ouverture,
Croyant sa retraite sûre,
De pincer,
Sans danger,
Il se flatte.
Luce pour se soulager
Y porte un doigt léger
Et gratte.
En ce lieu,
Par ce jeu,
Tout s’humecte
À force de chatouiller
Venant à se mouiller
Elle noya l’insecte.
Mais enfin,
Ce lutin,
Qui rend l’âme,
Veut faire un dernier effort.
Luce grattant plus fort
Se pâme.

Mona pas piquée des hannetons, et vous ?

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Quel lien entre « avoir un Jules » et Marie-Antoinette ?

C’est connu, la jeune Reine a beaucoup de mal avec l’étiquette versaillaise. Madame de Polignac lui est présentée en 1775. Jeune, élégante et gaie, Yolande plaît immédiatement à Marie-Antoinette. Elle apprécie sa légèreté et son insouciance.

polignacyolandePar une belle journée du printemps 1775, dans les jardins de Versailles, Yolande rieuse et charmante au milieu d’un groupe de jeunes gens s’adonne au jeu de barre, quand le destin mène la Reine en ces lieux. S’il faut en croire la comtesse de La Tour-Landorthe, Marie-Antoinette, après avoir d’abord observé le groupe à l’écart, s’approche de Yolande. « Frappée par cette figure angélique, par sa grâce et son air de simplicité, la Reine s’informe de son nom. Alors elle lui parle pour lui reprocher de se montrer rarement à Versailles, en l’engageant à y venir plus souvent, qu’elle la verrait avec plaisir. » Yolande répond sans ambages que son bonheur serait de voir chaque jour sa souveraine, mais la fortune de sa famille ne le lui permet pas. La simplicité de la comtesse séduit la Reine et lui paraît une franchise piquante. Plusieurs fois déjà, Marie-Antoinette a cru trouver l’amitié à laquelle elle aspire tellement. La princesse de Lamballe surtout, dont toute la Cour connaît les malheurs, avait su toucher son cœur compatissant. Mais le lien se distend déjà, sans incident ni rupture, et l’amitié de la Reine pour Mme de Lamballe tiédit un peu plus chaque jour.

Extrait de : Madame de Polignac et Marie-Antoinette par Nathalie Colas des Francs

Elles sont vite inséparables et Yolande devient duchesse et obtient la charge très enviée de Gouvernante des Enfants de France.

C’en est trop. Critiques, ragots pleuvent sur les deux femmes. On leur prêta des relations qui dépassent largement le cadre de la simple amitié. On qualifie Madame de Polignac de « Jules de la Reine ». En effet, elle était la femme du Comte « Jules » de Polignac.

Dès les premiers jours de la Révolution de 1789, la tête de la duchesse est mise à prix. Et pourtant, elle mourra, dans son lit, âgée de 44 ans, à Vienne le 9 décembre 1793 (Marie-Antoinette avait été guillotinée le 16 octobre de la même année). Sur sa tombe, on grava cette épitaphe : « Morte de douleur ». Quant à la Princesse de Lamballe, elle sera massacrée en septembre 1792. « Un sabre s’abat sur son cou. Elle est percée de plusieurs coups de piques. On la dévêt entièrement. Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d’une borne, à la risée lubrique de la foule. Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur. »

De tout cela, il reste cette expression « avoir un jules », c’est à dire avoir un amoureux…

Mona pas de jules, et vous ?

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Comme 90% des français, je lis dans le petit coin qui est l’endroit le plus tranquille de la maison : là loin des cris d’enfants, des remarques incessantes de la belle-mère, de la suractivité du matin, chacun peut s’adonner à la lecture.
Chacun a ses petites habitudes : l’un y amène son journal, un autre une BD, un autre un roman. Moi, je lis chaque matin le Dictionnaire Historique de la Langue Française. C’est un joli pavé en trois tomes dirigé par Alain Rey. Je trouve l’ouvrage parfaitement adapté au lieu. Les articles sont généralement courts, on n’est pas tenu de lire en suivant ; et chaque tome est suffisamment petit par la taille, peu lourd et se manie avec aisance (si j’ose dire).

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Et c’est fou ce que l’on apprend comme chose dans ces livres. Pendant que j’allège mes entrailles, je remplis ma cervelle. Rien ne se perd…

Ainsi ce matin, j’ai pu étudier la « pipe »…
Nom féminin issu du verbe piper (pipare : piauler, glousser) qui signifiait, vers 1180, pousser un petit cri pour un oiseau, ce sens reste dans certains termes de chasse pour imiter un cri d’oiseau que l’on veut attirer.
Un glissement s’opère au XVII° siècle : parler en phrases négatives; il nous reste « ne pas piper mot. »
Du langage des chasseurs, le mot a été repris par les joueurs : « les dés étaient pipés. »
Au XII° siècle, la pipe est un « tuyau, un goulot puis une futaille ou un contenant de liquide ». Au XVII° siècle, la pipe trouve enfin le fumeur… (puis la fumeuse ?)

Lépicurien en relisant cet article m’a suggéré de rajouter cette devinette qui l’a beaucoup fait rire :
Comment faire rire ses copains à la descente d’un avion ?
Montez à bord avec une pipe. Cet objet est encore autorisé. Lorsque l’avion est en vol, placez votre pipe sous votre siège et appelez l’hôtesse. Informez la que vous avez perdu quelque chose. Elle  vous aidera et trouvera sans mal ce que vous aviez posé.
Au moment de sortir de l’avion, lorsque le personnel vous salue, tournez vous vers votre hôtesse et dites suffisamment fort :
- Merci pour la pipe…

Mona fligée par l’humour de son chef… dur, dur

Mais elle sait répondre avec Jean Dujardin :

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Pléonasme : Terme ou expression qui ne fait qu’ajouter une répétition à ce qui vient d’être énoncé. (Petit Robert)
Nous employons couramment nombre de pléonasmes : « Je l’ai vu de mes yeux, entendu de mes oreilles ; descendre en bas… »


aujourdhui

Mais le pompon des pléonasmes, c’est « au jour d’aujourd’hui ».
En effet le mot aujourd’hui (adverbe ou nom) est composé de « au jour » et « hui ». Or, ce vieux mot vient du latin hodie, ce qui signifie « le jour où l’on est ».
Donc en disant aujourd’hui, on emploie déjà un pléonasme. Alors inutile de rajouter au jour devant, çà fait beaucoup… çà revient à dire : au jour du jour de ce jour. Le temps de le dire et c’est déjà du passé…

Bon Mona, tout çà m’a donné mal à la tête et séché la menteuse. Maintenant qu’il est aujourd’hui, c’est surement actuellement le moment présent de boire un coup : le Bourgogne de J.C Regnaudot 2007 fera notre bonheur… du fruit, du fruit.

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arobase_body2Si vous lisez ce texte, c’est surement que vous possédez une adresse électronique (adresse mail). Or à l’intérieur de ladite adresse, se trouve un sigle que l’on nomme « arobase » ou « at » à la mode anglaise.
Et pourquoi ce sigle s’est-il introduit dans nos vies ? Ray Tomlinson, qui fut un des pionniers américains du réseau Internet, choisit ce symbole @ qui était présent sur les claviers de machine à écrire sans être beaucoup utilisé. Il était apparu à la demande des marchands hispanophones qui s’en servaient depuis le XVI° siècle. Il symbolisait une unité de mesure « l’arobe » qui pouvait différer d’une ville à l’autre.
Dans le Robert, il est précisé que l’arobe  (ou arrobe) est une mesure espagnole de poids (12 à 15 kg) et de capacité (10 à 16 litres). Le mot trouve son origine en arabe : ar-roub signifie « le quart ».

A propos de quart, je boirais bien un coup. Pas vous, Mona ? A la bonne heure. Un vin espagnol vous ferait plaisir ? Va pour un vin du domaine Pazo de Señorans (D.O Rias Baixas). Le cépage Albariño y donne un vin remarquable.

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La tirade du nez de Cyrano sent bon la France. Cette pièce d’Edmond Rostand est un hymne à ce pays qui est le mien. Quand un parolier s’empare de ces vers, il les tire du nez, pour les faire descendre plus bas. Et çà explose comme un feu d’artifesses.
Un grand merci à Christian Kaluc, l’auteur, qui m’a autorisé, avec ces quelques mots, à reproduire le texte que vous allez découvrir :
« Vous pouvez bien évidemment utiliser (comme vous le sentez) cette Tirade des Pets, qui n’a d’autres prétentions que de faire sourire, et de se venger personnellement contre les récitations à apprendre par coeur. Quoique cela permet de découvrir jeune des beaux textes que l’on apprécie plus tard, quand l’école de la vie vous a instruit davantage. »

LA TIRADE DES PETS

Un pet ! C’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire oh! Dieu! Bien des choses en somme.
En variant le ton, par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, Monsieur, si je vous pète au nez
Il faudrait sur le champ que vous imploriez grâce. »
Amical : « Attention, que tu ne t’asphyxiasses,
J’ai abusé des racines jalap. »
Descriptif : « Pas en toc. Plus qu’un tic. Un handicap.
Que dis-je un handicap! C’est le fracas d’Hercule. »
Curieux : « Feriez vous exploser la capsule
D’un seul coup, Monsieur, vous dirais-je in petto. »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les fayots
Que paternellement, vous vous préoccupâtes
D’en remplir vos boyaux jusqu’à ce qu’ils éclatent ? »
Truculent : » Cà, Monsieur, lorsque vous dégazez
Les vapeurs de l’anus vous montent-elles au nez
Sans qu’un voisin n’appelle : SOS Asphyxié ? »
Prévenant : « Pétez donc, tout ce gaz renfermé
Car sans quoi vous allez décoller du sol ! »
Tendre : « Vous pourriez péter sous un parasol
Afin de soulager vos fesses
En procession à la grand messe,
Tel le curé, sous sa soutane. »
Pédant : « L’animal seul, Monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampemephantocamelos
Par un seul de ses pets, fait vibrer le cosmos. »
Cavalier : « Quoi, l’ami, le prout est à la mode ?
Gavez-vous de Soissons, c’est vraiment très commode. »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, pet magistral
Te contrer tout entier, excepté le Mistra l! »
Dramatique : « Ah ! Que la campagne fut rude
Les éléphants avaient mauvaise haleine
On entendit l’infortunée Ségolène
Déclarer que la puante pétitude
L’agressait comme la teigne. »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quel beigne ! »
Lyrique : « Votre anus ? Une conque, jouant sur tous les tons. »
Naïf : « J’en entends plusieurs, serait-ce un feuilleton ? »
Respectueux : « Souffrez, Monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle chanter du trou du cul ! »
Campagnard : « He arde ! C’est-y-un pet ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant, pas un haricot nain ! »
Militaire : « Pointez contre l’ennemi. »
Prophétique : « Je vous le dis en vérité,
Mes chères sœurs et mes chers frères,
Que celui qui n’a jamais pété
Vous jette la première pierre. »
Pratique : « C’est du gaz entièrement gratuit.
Récupéré, il peut servir de chauffage
D’appoint pour un petit ménage
Assurément, Monsieur, et c’est du plus écolo. »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce pet qui du nez de son maître
A détruit l’odorat! Il en rougit le traître !

Mona, je cherche un vin aromatique, bien entendu ; de la région de Bergerac, cela va sans dire. Nous allons nous régaler avec un vin rare : Château du Rooy 2008. La confidentielle appellation « Rosette » nous offre de bien agréables moelleux sur à peine plus de 10ha…

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Au XIX° siècle, la patache était la diligence du pauvre. Mal bâchée, sans suspension, elle bringuebalait dans les chemins creux par tous les temps. Elle desservait les zones les plus reculées, les plus défavorisées du département. Le conducteur buvait fort et sec à chaque arrêt. Et Dieu sait qu’il y en avait des arrêts !
En fin de parcours, il laissait faire les chevaux qui connaissaient l’itinéraire et les étapes aussi bien que lui. Bien calé sur son siège, il restait à somnoler et à cuver jusqu’à ce que l’attelage le ramène à l’écurie… C’était « mener une vie de patachon ».

porteurs73La chaise à porteurs fut, à l’origine, d’usage privé, puis rapidement, en ville, s’instaura un système de service, ancêtre de nos taxis. Les bâtons étaient amovibles et servaient aux porteurs à se frayer un chemin à travers la cohue, à garantir la sécurité du passager et même, parfois, à le forcer à payer la course. A la sortie des tavernes, les litiges entre concurrents se réglaient à coups de bâtons. Cela n’était pas de tout repos : une « vie de bâtons de chaise ».

Ma chère Mona, je vous propose évidemment de déguster un Patache d’Aux. Je l’ai carafé, il y a une heure. Envoyez les verres.

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femme-buvantAutrefois, la dalle était le bassin en pierre de réception des eaux, notre moderne évier… Légèrement en pente afin de faciliter l’écoulement, la dalle fut rapidement assimilée au gosier et à la charmante manière de l’humecter. En sortent quelques expressions imagées réservées au grands buveurs, du style : avoir la dalle en pente, se rincer la dalle ou se mouiller la dalle…

De même dans le Nord, « Avoir la dalle penchée », indique une forte propension à abuser de la boisson. A ma connaissance, nos amis bretons, pourtant grands buveurs, n’ont pas de locutions avec le mot dalle, curieux , non ?

Je cours de ce pas ajouter un additif à ma « convention obsèques ». J’hésite entre être incinérée pour m’offrir « une dernière cuite » et être enterrée pour profiter des derniers petits « vers ». Une chose est sure, en terre ou en urne, je demande à avoir la dalle en pente.

Mona vidé son verre comme les autres

convivialLa sympathique coutume d’entrechoquer les verres perdure surtout lors des fêtes familiales, noces, banquets et autres réunions de comices agricoles. La fragilité de nos verres de table nous incite à les lever en signe d’honneur plus qu’à trinquer. Au Moyen-âge ce n’était pas de discrets tintements, de cristallins tintinabulements : les lourds gobelets de métal se percutaient violemment avec projection d’une grande quantité de liquide. Les contenus des contenants s’entremêlaient, preuves qu’elles ne contenaient pas de poisons et que l’on était en confiance…
Valait-il mieux trinquer chez les Borgia que souper à la maison ?…  Pas sûr, l’empoisonnement se pratiquait surtout en famille ! !

Mona trinqué à votre santé. Tchin, tchin [1]


[1] Depuis 1935, formulation utilisée pour trinquer. Semble venir d’une salutation empruntée au pidgin de Canton : tsing, tsing.

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