Au trou, Mona. Vous avez bu du vin.

  Dans le Telegraph, nos amis Anglais se penchent encore sur notre douce France et publient les résultats de diverses études qui confirment la baisse progressive de consommation de vin et le fossé qui se creuse entre les diverses générations.

Selon cet article, les chercheurs craignent que la culture du vin disparaisse avec les nouvelles générations. Selon eux, ce phénomène s’est produit au cours des deux dernières générations. Et si les 65 ans et plus continuent à boire du vin en mangeant selon la tradition et l’héritage de la manière de vivre à la française, la consommation est plus occasionnelle chez les 40-65 ans et est exceptionnelle chez les moins de 30 ans.

Et c’est sans doute, l’absence de transmission de la culture du vin par la famille qui explique cette absence de vin chez les nouvelles générations.

Sevrés de séries américaines, ils préfèrent les alcools, les sodas… Et s’ils ne rejettent pas le vin (ils sont même plutôt fiers des vins français), ils ne les connaissent pas et en boivent juste lors de quelques fêtes de famille. Mais ils ignorent tout de la richesse du patrimoine historique et épicurien du vin.

Pauvre France, ton patrimoine fout le camp sans que personne n’en ait conscience et ne s’en alarme.

Mona, ma petite, vous avez plus de 30 ans. Aussi, je suis certain que vous apprécierez ce Brouilly 2009 du Château du Prieuré : du fruit, du fruit… et un très grand potentiel de garde.

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Confesseur de Louis XIV

Une lectrice m’a chaudement félicité pour les articles sur le cimetière du Père Lachaise. Merci, çà fait chaud au cœur. Mais la dame me demande en même temps d’expliquer pourquoi ce nom de Père Lachaise. Holà, ma belle. Vous avez trop lu Spirou, vous me prenez pour l’oncle Paul ?

Mais, vous me connaissez : il m’est impossible de refuser quelque chose à une dame. Donc voici la belle histoire du Père François.

En effet, le nom administratif de la nécropole est « cimetière de l’Est ». Mais c’est connu, le Français est poète et rebelle.

Tout commence en 1626, les Jésuites de la rue Saint-Antoine à Paris rachètent une propriété du nom de « Folie-Régnault »[1]. Rebaptisée, Mont-Louis, elle est un lieu de repos ( éternel ?) pour les membres de la Compagnie de Jésus. Ainsi, le confesseur de Louis XIV[2], personnage fort influent, venait régulièrement s’y reposer. François d’Aix de la Chaise (ou Chaize) resta gravé dans la mémoire des Parisiens car il était le seul à voir le Roi à genoux devant lui… Et çà, çà plaisait au peuple.

Aussi, avec le temps, l’histoire déforme. On ne prête qu’aux riches : de simple occupant, il fut considéré comme propriétaire et son nom resta attaché au lieu. Et pourtant, la propriété fut vendue en 1763 au moment où l’ordre des Jésuites furent expulsés du royaume. Divers propriétaires se succédèrent avant qu’en 1804, la ville de Paris n’achète le domaine pour en faire un cimetière. Le cimetière de l’Est fut vite rebaptisé par les Parisiens du nom du confesseur royal.

Et voilà, mes chéries, la boucle est bouclée. Bon Mona, c’est pas tout çà. A force de parler, j’ai la glotte qui sèche. Buvons un coup de Brouilly. J’aime les Beaujolais du millésime 2009 : Les Tours de Pierreux est vinifié par Lydie Nesme. Une patte féminine pour un bouquet de fruits. Mona, prenez une chaize et buvons.


[1] Nom du commerçant propriétaire de l’époque.
[2]
De 1675 à 1709. C’est peut-être lui qui maria Louis XIV à Madame de Maintenon.

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Il y a quelques jours Mona a publié sur ce blog un article fort in-théressant sur le thé. On y voit bien que si la légende a é-thé inve-thée, c’est pour sublimer la réali-thé.

acorde-penduMais en fouillant sur la toile, on trouve des trésors qui dépassent la fiction. Ainsi dans le Dictionnaire des Merveilles et Curiosités de la Nature et de l’Art (1853), Adolphe de Chesnel nous relate une expérience de sous-alimen-thés :

Parmi les expériences qui ont été faites pour apprécier les qualités nutritives de certaines substances, on cite la suivante : trois Anglais condamnés à être pendus obtinrent une sorte de grâce à la condition que l’un ne vivrait que de thé, l’autre que de café et le troisième que de chocolat. Celui qui ne vécut que de chocolat mourut au bout de huit mois; le condamné au café ne dépassa point deux ans et celui qui ne se nourrissait que de thé put aller jusqu’à la troisième année. L’homme qui ne se nourrissait que de chocolat était dans un état complet de décomposition; il était mangé par les vers et ses membres tombaient les uns après les autres. Le buveur de café était défiguré comme si le feu avait calciné tout son intérieur. Enfin, celui qui ne vécut que de thé était si maigre et avait le corps si diaphane, qu’en plaçant une chandelle derrière lui, on pouvait voir tout l’intérieur.

Mona, si un jour je suis condamné à ce genre de peine, je demanderai à être nourri uniquement de vin. Notez le bien. Tiens d’ailleurs, je vous propose un coup d’essai. On va dépuceler de ce pas une boutanche de Beaujolais, mais du vrai, du nourrissant : un Brouilly 2007 du Domaine Laurent Martray.

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