convivialLa sympathique coutume d’entrechoquer les verres perdure surtout lors des fêtes familiales, noces, banquets et autres réunions de comices agricoles. La fragilité de nos verres de table nous incite à les lever en signe d’honneur plus qu’à trinquer. Au Moyen-âge ce n’était pas de discrets tintements, de cristallins tintinabulements : les lourds gobelets de métal se percutaient violemment avec projection d’une grande quantité de liquide. Les contenus des contenants s’entremêlaient, preuves qu’elles ne contenaient pas de poisons et que l’on était en confiance…
Valait-il mieux trinquer chez les Borgia que souper à la maison ?…  Pas sûr, l’empoisonnement se pratiquait surtout en famille ! !

Mona trinqué à votre santé. Tchin, tchin [1]


[1] Depuis 1935, formulation utilisée pour trinquer. Semble venir d’une salutation empruntée au pidgin de Canton : tsing, tsing.

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La seule véritable carte d’identité d’une bouteille, c’est … son bouchon : un viticulteur digne de ce nom y indique l’A.O.C., le nom du cru et le millésime.

Le Marquis d’Havrincourt, dans le Pas de Calais, disposait d’une cave merveilleuse. Lors de la première guerre mondiale, l’état major ennemi vint s’installer chez lui. Le maître des lieux, pris de court, afin de préserver ses bouteilles, les fit toutes immerger dans l’étang.

Imaginez la surprise du général allemand qui, au petit matin, découvrit le magnifique plan d’eau tout blanc, alors qu’il était encore bleu-vert la veille au soir ! Des milliers d’étiquettes flottaient à sa surface…

Le Marquis perdit sa cave, et l’occupant sacrifia les flacons au petit bonheur, la chance car peu de bouteilles avaient des mentions sur leur bouchon.

Quand on songe aux difficultés que l’on a parfois pour décoller les étiquettes modernes, je me dis que tout çà, c’est pas juste.

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488700426_ca2d2be2d_bLorsque l’on parle d’un vin, il est difficile de naviguer entre la description trop sommaire et le lyrisme de pacotille flirtant avec la cuistrerie. D’un autre côté, plus on dit n’importe quoi, moins on encourt le risque d’être contredit. Une génération d’étudiants de l’Institut d’œnologie de Bordeaux a subi « la racine d’iris blanc cueillie le matin avant la rosée » (référence d’odeur qui fait évidemment partie du quotidien de tout un chacun, vous en conviendrez).

Florilège de descriptifs  :

« Odeur de foutre de lièvre  » (bien connu des critiques zoophiles et champions du 100m).

« Nez curieux d’aromates, de thé noir fumé et de poudre fraîche de cinq épices  » (idéal pour accompagner la cuisine chinoise).

« Nez d’asperge chaude, de cardon et d’abricot » (idéal pour servir avec un repas végétarien).

« Ce vin musclé explose en bouche avec un torrent de cailloux et de mica » (forcément le vin idéal pour un congrès de géologues).

« Nez de mèche, de poudre et de pétrole » (pour vos copains soixante-huitards nostalgiques du cocktail Molotov …).

 » Odeur de truffe humide d’épagneul » (breton ? surement pour du vin ; mais de toute façon, très utile pour le casse-croûte du chasseur).

2243942180_d321835e35_o« Une acidité acérée comme une épée. Cette forme insistante annonce la finale minérale » (pour une partie fine sado-maso !).

 » Arômes intenses de végétal, de tomate, de tiramisu » (sublime avec la pizza à peine décongelée).

 » Il est bon; nez fun mais propre. Bouteille au style très funky » (à déguster entre deux… joints ? Hey, the fun shines…).

Bientôt, ce sera la grand-messe des primeurs : de quoi étoffer cet article ?

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