M'enfin, Mona, uniquement des verres à pied pour Messire le Vin !

Henri IV approche des 50 ans et il n’a toujours pas d’héritier. Marié à Marguerite de Valois, mais vivant avec Gabrielle d’Estrées, il n’a pas d’enfants légitimes. En 1599, sa célèbre maitresse meurt et il obtient l’annulation de son mariage. La place est libre pour Marie de Médicis qu’il épouse en 1600. De cette union, naît un an plus tard un Dauphin, le futur Louis XIII. Comme c’est de tradition à la Cour de France, la Reine devait accoucher devant les Princes. Et pourtant, ce 27 septembre 1601, à Fontainebleau, le spectacle ne fut pas joli, joli. Les douleurs durèrent plus de 22 heures, accompagnées de coliques à répétition.

La sage femme Louise Bourgeois qui officia raconte par le menu cette naissance. Elle relate notamment une anecdote croustillante. Trouvant le bébé un peu chétif et peu vigoureux, elle s’adresse au Roi pour lui conseiller un remède. Mais laissons place à Louise :

«J’enveloppai bien l’enfant, ainsi que j’entendais ce que j’avais à faire. Le roi vient auprès de moi ; je regarde l’enfant au visage. Je le vis en grande faiblesse de la peine qu’il avait enduré. Je demande du vin à l’un des premiers valets de chambre du roi. Il apporta une bouteille, je lui demande une cuiller. Le roi prit la bouteille et je lui dis :
«Sire, si c’était un autre enfant, je mettrais du vin dans ma bouche et lui en donnerais, de peur que la faiblesse ne dure trop».
Le roi me mit la bouteille contre la bouche et me dit :
«Faites comme à un autre».
J’emplis ma bouche de vin et lui en soufflai ; à l’heure même, il revint et savoura le vin que je lui avais donné.

Héroüard, médecin du roi constata que le nouveau-né était « un enfant grand de corps, gros d’ossements, fort musculeux…les parties génitales à l’avenant du corps et le croupion tout velu« . 

Quand je pense que nos gouvernants actuels ne considèrent le vin que comme une drogue, çà me fend le cœur. Et vous, çà ne vous fend pas le cœur ?

Bon en attendant, ma Chère Mona, si vous voulez bien sortir deux verres, je vous invite à déguster le Château Pipeau 2007. Ce Saint-Emilion est une valeur sure de l’appellation. Et vous qui me semblez bien pâlotte, il vous donnera un bon coup de fouet…

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L’année 1793, fut une des plus folles que connut la France. Les exécutions se suivirent à la chaîne. Après Louis XVI en janvier, ce fut le tour de Marie-Antoinette et des Girondins en octobre, d’Olympe de Gouges en novembre et de Madame du Barry en décembre. Cette même année, les restes des rois furent exhumés, pillés ou détruits. Les restes furent jetés dans une fosse commune.
Un texte de l’époque relate ce déchainement. C’est le « Journal historique de l’extraction des cercueils royaux, dans l’Église de Saint-Denis, fait par le citoyen Druon, ci-devant bénédictin« .

Le premier jour, le samedi 12 octobre dans l’après-midi, les ouvriers chargés des exhumations descendirent à la lueur de torches et de lanternes vers le caveau des Bourbon situé dans la galerie souterraine.
Le premier roi à être sorti de son repos est Henri IV qui apparut, momifié, incroyablement bien conservé, avec sa barbe blanche intacte et « les traits du visage parfaitement reconnaissables » selon plusieurs témoins. Le cercueil ouvert fut ensuite exposé durant plusieurs heures, dressé contre l’un des piliers du passage des chapelles basses. De nombreuses anecdotes ont circulé sur l’attitude adoptée par le public à ce moment-là, dont l’épisode légendaire d’un soldat qui va trancher la barbe d’Henri IV, le roi guerrier et conquérant, pour en faire une moustache postiche avant de s’écrier : « et moi aussi je suis soldat français et désormais, je n’aurais plus d’autres moustaches. Maintenant, je suis sûr de vaincre les ennemis de la France et je marche à la victoire ».
Le soir venu, les ouvriers partent et laissent le roi dressé seul, sur son pilier.

Deux jours plus tard, le lundi 14 octobre, le travail reprend vers 3 heures de l’après-midi. Ils prennent le corps d’Henri IV et le jettent le premier dans la fosse commune creusée spécialement pour les Bourbon.

Un des profanateurs et voleur de restes humains est Alexandre Lenoir, directeur du Musée des Monuments Français. On sait qu’il vola notamment quelques poils de la moustache d’Henri IV pour en donner ensuite une partie à son ami Vivant Denon qui dirigeait le Louvre.

Les poils de moustache d’Henri IV sont conservés dans un reliquaire au musée Bertrand de Châteauroux et offrent, là encore, une excellente traçabilité.

Mona pas de sympathie révolutionnaire.

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Jusqu’au XVIII° siècle, le vignoble francilien était le plus important de France avec ses 42 000 ha plantés. Le phylloxéra, l’urbanisation et la facilité d’accès aux vignobles de « meilleure qualité » (Loire, Bourgogne, Bordeaux…) eurent raison de la vigne. Après avoir fourni la cour royale, les derniers pieds furent arrachés au milieu du XX° siècle.

Depuis quelques années, on replante en Ile de France. Ce sont les vignes de Montmartre qui restent les plus connues. Mais c’est à Argenteuil, Suresnes que l’on plante.

Le vin de Suresnes eut pendant longtemps une réputation extraordinaire. Cette célébrité remonte au XVII° siècle.

Alexandre Dumas estime que cette renommée est due à une confusion : Henri IV appréciait particulièrement un vin du Vendômois issu d’un cépage du nom de Suren. Le Roi aimant, toute la Cour en but et la renommée du Suren était établie. Par contre, Louis XIII, fils d’Henri, n’eut pas le même penchant pour ce vin. Le Suren tomba dans l’oubli.

Quelques décennies plus tard, on prêta à Suresnes ce qui appartenait à Suren…

Savez vous, ma chère Mona, que le vin de Suresnes est à ce jour le seul « parisien » à être commercialisé. Dommage, je n’en ai pas sous la main. Mais je vous invite à tester un vin de Chateaumeillant. Cette petite appellation au sud de Bourges produit des vins plutôt légers mais fruités à souhait. Le Domaine du Chaillot 2008 est une invitation au printemps.

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Mona allaitera ses enfants le plus longtemps possible

Les nourrices étaient, notamment jusqu’au XVIIIème siècle, les serviteurs recevant les plus gros gages. En effet, de leur lait dépendait grandement la vie des enfants nobles et même princiers. C’est durant le septième mois de grossesse de la Reine que la nourrice était choisie après un examen minutieux et une enquête sur son entourage et même ses ancêtres.

Retenue, elle s’assurait une place à la cour dans un premier temps pour allaiter le jeune prince puis une place de femme de chambre de la Reine.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de nourrices dans ces colonnes. Ce jour, je vais vous rapporter l’histoire des enfants de Jeanne d’Albret.

Le Duc de Vendôme, Antoine de Bourbon épousa Jeanne d’Albret de Navarre. De cette union, naquit Henri, Duc de Beaumont en 1551. Il fut confié à une nourrice frileuse. Or, vous savez sans doute que les enfants étaient fortement emmaillotés. Suant sous ses épaisseurs de tissus et de laine, le petit y laissa la vie…

En 1553, ce fut un autre fils, Henri, le futur Roi de France et de Navarre. Michelet, dans son histoire de France, écrit :

On dit qu’enfant il avait eu huit nourrices et bu huit laits différents. Ce fut l’image de sa vie, mêlée de tant d’influences. Coligny et Catherine de Médicis furent deux de ses nourrices. Malheureusement il profita bien peu du premier, infiniment de la seconde. Il n’en prit pas la froide cruauté, mais l’indifférence à tout.

En 1556, Louis, Comte de Merle est né et confié à une nourrice. Malheureusement, il est aux bons soins d’une nourrice joueuse. Un jour, pendant que la cour de Navarre était la chasse, la nourrice s’amusait avec le gouverneur des enfants à se passer de main en main le bébé. Les gestes devinrent de plus en plus amples… si bien que le petit finit par passer par la fenêtre et s’écrasa sur le perron.

Comme quoi, la lignée des Bourbons aurait très bien pu ne jamais régner si Henri IV n’eut, lui, de bonnes nourrices… car si Jeanne d’Albret accoucha encore deux fois, elle eut deux filles…

Mona-laitement, c’est pour vous ?

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Mona vous a aidé à choisir le bon melon. Elle me dit que vous fûtes nombreux à l’avoir remerciée : les trucs qu’elle vous a donnés vous ont permis de manger de bonnes cucurbitacées sucrées (oui, c’est du genre féminin)… Et, c’est tant mieux. Merci Mona. Vous êtes parfaite comme d’habitude…

Mais je ne peux oublier que ce fruit nous est arrivé d’Italie au XVI° siècle et qu’il eut un gros succès auprès des nobles et grands bourgeois. Il est déjà connu sous le nom de Cantaloup. Ce nom fait référence à résidence d’été des papes à Cantalupo où il était abondamment cultivé.

Henri IV, Montaigne, notamment se « goinfraient » de melon. Un médecin du roi rappelait pourtant que, si c’est un des fruits les plus délicieux de l’été, parce qu’il est humectant, rafraîchissant, et facile à digérer quand on en mange modérément. Par contre, l’excès en est dangereux : il produit des vents et des coliques, suivies quelquefois de dysenteries difficiles à guérir. Mangé avec un peu de sel ou de sucre, il est plus sain, surtout pour les estomacs délicats.

Fin XVIII° siècle, Bernardin de Saint-Pierre écrit un long ouvrage sur les fruits. Il y écrit sur la taille des fruits et s’émerveille de ce que Dame Nature a prévu des grosseurs de fruits. Il y en a beaucoup qui sont taillés pour la bouche de l’homme, comme les cerises et les prunes; d’autres pour sa main, comme les poires et les pommes; d’autres, beaucoup plus gros, comme les melons, sont divisés par côtes, et semblent destinés à être mangés en famille : il y en a même aux Indes, comme le jacque[1], et chez nous la citrouille, qu’on pourrait partager avec ses voisins. La nature paraît avoir suivi les mêmes proportions dans les diverses grosseurs des fruits destinés à nourrir l’homme, que dans la grandeur des feuilles qui devaient lui donner de l’ombre dans les pays chauds ; car elle y en a taillé pour abriter une seule personne, une famille entière, et tous les habitants du même hameau.

Cet été, on m’a dit que Mona avait été peu raisonnable et avait avalé tout cru des fruits un peu gros…. Allons Mona, soyez plus sage à l’avenir. .. Quant à vous, chers lecteurs, les photos vous inviteront à la prudence. Evitez d’avaler un melon entier… Cà fait des dégâts.

Un melon trop vitre ingéré par Mona

depuis, Mona est souffrante

En attendant, buvons un Causse Marines Préambulles. Cet effervescent, méthode ancestrale de Gaillac, est très aromatique et très rafraîchissant. Un Mauzac de très grande classe et sans aucun ajout… Chapeau Bas, Patrice…


[1] Fruit du jacquier : peut être consommé cru ou en confiture

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Nous sommes en 1556, Charles IX se rend à Nérac pour visiter la cour de Navarre. Fêtes et jeux se succèdent.

Au cours d’un tournoi de tir à l’arc, le Duc de Guise et Henri de Navarre sont en lice. A la recherche d’une cible pour les départager, le jeune prince de Navarre, âgé de 15 ans, voit briller une rose sur le sein d’une des jeunes filles qui entourent la barrière, il s’en saisit et court la placer. Le duc tire le premier, son adresse est en défaut… Henri plante sa flèche au milieu de la fleur, dont il se saisit galamment, puis il court la rendre à la jolie villageoise, sans la détacher de la flèche qui lui sert de tige.

Un trouble naïf et touchant se peint sur les traits charmants de la jeune fille. Henri sent s’arrêter le battement de son cœur ; un doux regard s’échange rapidement entre eux. Henri apprend que la Belle est la fille du jardinier du Château.

Dès le lendemain, le jardinage est devenu sa passion. Il demande au jardinier de l’aider à planter. C’est l’occasion de voir la jeune fille lorsqu’elle vient à la rencontre de son père.

L’idylle dure un mois et ils se retrouvent chaque soir à la fontaine. Mais le précepteur du prince les ayant surpris, décida d’éloigner Henri.

Les adieux furent déchirants :

« Vous me quittez, Henri, disait la tendre enfant, étouffée par ses pleurs, vous me quittez, vous m’oublierez, et je n’aurai plus qu’à mourir ! » Henri la rassurait, et lui faisait le serment d’un amour éternel.
« Voyez-vous cette fontaine de la Garenne, » disait-elle au moment où la cloche du château rappelait le prince pour le signal du départ;  « absent, présent, vous me trouverez là !… toujours là ! »…
Le temps passe… quinze mois. Henri qu’on appellera le Vert-Galant, revient au Château avec de belles filles. Il se promène dans le parc à leur bras.
Son amour le voit et, au hasard d’une promenade, ils se croisent. Henri est sous le charme et demande à la Belle de le rejoindre à la fontaine le soir.
« J’y serai à huit heures », lui promet-elle.

Huit heures sonnent. Le Béarnais s’esquive du château, il traverse le taillis du parc, et arrive à la fontaine. Personne…  Mais à l’endroit même où tant de fois il s’est assis près de son amour est fichée une flèche : il la reconnaît.  La rose fanée y tient encore. Un papier est attaché à la pointe; il le prend, essaie de le lire; mais le jour s’est éteint. Palpitant, troublé, il vole au château, ouvre le fatal billet. …le voici : « Je vous ai dit que vous me trouveriez à la fontaine : j’y suis. Peut-être êtes-vous passé bien près de moi. Retournez-y, cherchez mieux… Vous ne m’aimiez plus…. Il le fallait bien… Mon Dieu ! Pardonnez-moi ! … »

Le corps la jeune fille fut retiré du fond du bassin où s’épanchent les eaux de la fontaine.


Parmi toutes les femmes qui traversèrent la vie d’Henri IV, cette idylle de jeunesse ne laissa ni trace, ni marmot mais on fait mémoire de Fleurette puisque tel est son prénom dès que l’on tente de conter  fleurette.

C’est beau…

Mona pleuré en relisant cette histoire. Pas vous ?

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henri-IV-1Henri IV, né Henri de Bourbon (1553 Pau – 1610 Paris) fut roi de Navarre sous le nom d’Henri III ,  de 1572 à 1610, puis roi de France de 1589 à 1610. Il fut le premier souverain français de la branche des Bourbon.

C’est dans la pure tradition béarnaise que lors de son baptême, ses lèvres furent humectées de vin de Jurançon et frottées d’ail, ceci pour lui assurer force et vigueur. Et çà doit marcher car il fut surnommé Vert-Galant pour souligner son ardeur envers les femmes. Il eut six enfants de Marie de Médicis et dix illégitimes de six de ses maîtresses.

Le Vert Galant n’était pas gourmet, mais il mangeait beaucoup et vite, comme il l’avait toujours fait au cours de ses campagnes et  il  lui arrivait d’en être malade. C’est ainsi qu’en juillet 1606, un gentilhomme vénitien, le marquis Giustiniani, vit retarder d’un jour le dîner, donné par Marie de Médicis et le roi, auquel il avait eu l’honneur d’être invité : « Car sa Majesté avait dû prendre pilule à la suite d’un banquet trop copieux ! ».

Henri IV aimait particulièrement le gibier qu’il ramenait de la chasse. Son plat préféré était le pâté dit « de la Tour d’Argent », parfumé d’ail et d’oignon. Il aimait d’ailleurs tellement ces bulbes qu’il faisait même fourrer les omelettes de gousses d’ail et pour goûter, il garnissait d’ail des tartines beurrées. Cet abus lui donnait une haleine tellement désagréable que toute la Cour s’en trouvait indisposée et que ses favorites s’éloignaient. Tallemant des Réaux a rapporté la réflexion, insolente, mais justifiée que l’une de ces dames fit à sa Majesté :

« Ah  Sire ! Il vous prend bien d’être Roi, sans cela on ne pourrait vous souffrir car vous puez comme charogne ! »

Mona pas une mauvaise haleine et va offrir un verre de Jurançon à son auguste Lépucurien.

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Henri IV reçevant sa portion journalière d'oignons et d'ail

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Lors d’une chasse à courre, un noble de la suite d’Henry IV, coupa court à travers une parcelle emblavée pour forcer la bête. Tard dans la soirée, tous ces braves chasseurs se retrouvèrent à festoyer. Le Roi demanda au courtisan qui avait traversé la parcelle pour être le premier sur la bête, comment il avait trouvé le repas.

- Très bien, Sire, les plats étaient fort goûteux. D’ailleurs, tout aurait été parfait si nous n’avions manqué de pain.

Le Béarnais tonitrua :

- T’auras du pain à ma table le jour où tu respecteras ceux qui le font pousser !

Maranges La Fussière - Côte de Beaune

Maranges La Fussière - Côte de Beaune - Bourgogne

A la terre, les anciens avaient parfois des mots lapidaires pour porter un jugement. Pour qualifier un sagouin, un moins que rien, le verdict tombait :

- « Lui, il pisserait dans un champ de blé » ou bien, selon les régions, « lui, il pisserait sur un pied de vigne ! »

Un homme capable de souiller ce qui le nourrit, ce qui le fait vivre…. En une phrase, tout était dit.

Mona pas envie de faire pipi

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