Dis donc, Loulou, tu pourrais t'intéresser à moi, hein ?

Marie-Antoinette n’a pas été épargnée par ses contemporains. Dès son mariage, des incidents et accidents furent interprétés comme des signes de mauvais augure. Puis pendant des années, son royal époux ne fréquentait pas son lit et la Cour s’impatientait. Cette Autrichienne serait-elle capable de donner un héritier à la couronne ? Alors que Louis XVI souffrait d’un phimosis, il refusait l’opération par peur et espérait une issue naturelle à ce mal (si j’ose dire). Mais ses tentatives se soldaient par des échecs répétés et le mariage n’était toujours pas consommé. C’est au bout de sept ans, pressé par le frère de sa femme venu spécialement à Versailles, qu’il se fit opérer et rapidement un bébé arriva. Manque de pot, c’était une fille… De plus, des « gens bien informés » laissaient entendre que cette grossesse n’était pas due au roi mais à tel ou tel amant supposé…

Voici une lettre (un extrait) que Marie-Antoinette adressa à sa mère Marie-Thérèse, en 1775 :

« Nous sommes dans une épidémie de chansons satiriques. On en a fait sur toutes les personnes de la Cour, hommes et femmes, et la légèreté française s’est même étendue sur le roi. La nécessité de l’opération a été le mot principal contre le roi. Pour moi, je n’ai pas été épargnée. On m’a très libéralement supposé les deux goûts, celui des femmes et des amants. Quoique les méchancetés plaisent assez dans ce pays-ci, celles-ci sont plates et de si mauvais ton qu’elles n’ont aucun succès, ni dans le public, ni dans la bonne compagnie. »

Des chansons satiriques, en effet, se moquaient ouvertement du couple royal. Un extrait d’une chanson de 1775, qui, dit-on, tomba dans les mains de celle qui était devenue Reine.

Chacun se demande tout bas
Un roi peut-il, ne peut-il pas?
La triste reine en désespère.
L’un dit qu’il ne peut ériger.
L’autre qu’il ne peut s’y nicher
Qu’il est flûte traversière.

 Ma fille ayez un successeur,
Peu importe que le faiseur
Soit devant le trône ou derrière.
Mais avant de faire un cocu,
Tâchez de l’avoir convaincu
Qu’il a le pouvoir d’être père.

 Petite reine de vingt ans
Qui traitez mal les gens.
Vous repasserez en Bavière.
En attendant ces doux instants,
Le doux fruit de vos passe-temps,
Vous aurez ma chanson, j’espère.

Mona chanté rien que pour vous !

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Mona coupe un maximum de mèches pour ses nombreux admirateurs

Le British Museum contient nombre de trésors. Aujourd’hui, je vous laisse découvrir ce joli médaillon en forme de cœur. Ce sous-verre, peut-être en cristal de roche et  monté dans un châssis d’or, contient une mèche blonde de cheveux de Marie-Antoinette. Sur le verre une mention rapporte que ce cadeau a été fait à Lady Abercorn.

Quand, à quelle occasion ? Je n’ai pas trouvé…. Une chose est sûre, ce présent a été fait avant la fuite de Varennes. En effet, on sait qu’au retour de cette folle escapade, la chevelure de la Reine était subitement devenue blanche en une nuit.

Ma chère Mona, l’émotion m’étreint (comme dirait le PDG de la SNCF). Aussi, je vais boire un coup. Vous m’accompagnez ? Direction l’Alsace avec ce magnifique Pinot Gris Grand Cru Hengst 2007 du domaine Josmeyer.

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L’année 1793, fut une des plus folles que connut la France. Les exécutions se suivirent à la chaîne. Après Louis XVI en janvier, ce fut le tour de Marie-Antoinette et des Girondins en octobre, d’Olympe de Gouges en novembre et de Madame du Barry en décembre. Cette même année, les restes des rois furent exhumés, pillés ou détruits. Les restes furent jetés dans une fosse commune.
Un texte de l’époque relate ce déchainement. C’est le « Journal historique de l’extraction des cercueils royaux, dans l’Église de Saint-Denis, fait par le citoyen Druon, ci-devant bénédictin« .

Le premier jour, le samedi 12 octobre dans l’après-midi, les ouvriers chargés des exhumations descendirent à la lueur de torches et de lanternes vers le caveau des Bourbon situé dans la galerie souterraine.
Le premier roi à être sorti de son repos est Henri IV qui apparut, momifié, incroyablement bien conservé, avec sa barbe blanche intacte et « les traits du visage parfaitement reconnaissables » selon plusieurs témoins. Le cercueil ouvert fut ensuite exposé durant plusieurs heures, dressé contre l’un des piliers du passage des chapelles basses. De nombreuses anecdotes ont circulé sur l’attitude adoptée par le public à ce moment-là, dont l’épisode légendaire d’un soldat qui va trancher la barbe d’Henri IV, le roi guerrier et conquérant, pour en faire une moustache postiche avant de s’écrier : « et moi aussi je suis soldat français et désormais, je n’aurais plus d’autres moustaches. Maintenant, je suis sûr de vaincre les ennemis de la France et je marche à la victoire ».
Le soir venu, les ouvriers partent et laissent le roi dressé seul, sur son pilier.

Deux jours plus tard, le lundi 14 octobre, le travail reprend vers 3 heures de l’après-midi. Ils prennent le corps d’Henri IV et le jettent le premier dans la fosse commune creusée spécialement pour les Bourbon.

Un des profanateurs et voleur de restes humains est Alexandre Lenoir, directeur du Musée des Monuments Français. On sait qu’il vola notamment quelques poils de la moustache d’Henri IV pour en donner ensuite une partie à son ami Vivant Denon qui dirigeait le Louvre.

Les poils de moustache d’Henri IV sont conservés dans un reliquaire au musée Bertrand de Châteauroux et offrent, là encore, une excellente traçabilité.

Mona pas de sympathie révolutionnaire.

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Le 16 mai 1770, Louis Auguste, Dauphin de France et futur Louis XVI, épouse Marie-Antoinette Josèphe, Jeanne, Archiduchesse d’Autriche. A la suite de la cérémonie religieuse, les jeunes époux signent deux copies de l’acte sur les registres paroissiaux. Ces deux volumes sont conservés : l’un aux archives départementales des Yvelines, l’autre aux archives municipales de Versailles.

Sur la toile, on peut visionner la copie des archives départementales. C’est bien, mais il eut été plus intéressant d’y voir celui des archives municipales.

En effet, sur la signature de la Princesse se trouve une tâche d’encre. La plume a cassé au moment au moment où elle signait. Mauvais présage

Le 31 mai, les jeunes tourtereaux se rendent à Paris pour y être applaudis par le peuple. Un feu d’artifice, confié au grand Ruggieri, doit être tiré de la place Louis XV[1]. Une foule immense est réunie. Ce jeune Dauphin représente un espoir pour des Parisiens qui n’ont plus d’estime pour Louis XV.

La foule grossit, grossit… La nuit tombe et de nombreux spectateurs tentent de rallier la place. D’autres repartent vers l’église de la Madeleine… Bousculade, chute, incendie,… morts, blessés… Mauvais présage

Armand d’Allonville se souvient dans ses mémoires :

Je ne puis clore cet article de mes mémoires sans parler de l’effroyable catastrophe dont les fêtes célébrées à l’occasion du mariage de Louis XVI devinrent la cause. J’étais bien enfant, mais il est des événements trop frappants pour qu’on les oublie, sur lesquels on revient dans un âge plus avancé, et dont on cherche alors à connaître tous les détails. Aussi ai-je eu la certitude que cinquante-trois personnes avaient péri sur la place, que, des trois cents blessés, l’on n’en put sauver qu’environ la moitié, en dépit de tous les soins qui leur furent prodigués ; que le mal était provenu de quatre causes : l’entêtement que le corps de ville, et surtout le prévôt des marchands, mirent à s’emparer de la police de la fête : l’incendie spontané de l’échafaudage construit pour le feu d’artifice ; des cordes tendues par des filous, et le passage des pompes par la rue Royale , non encore pavée, à travers laquelle une foule effrayée se précipitait.

Ce qui fixait dans ma mémoire un aussi triste souvenir, c’est la profonde douleur dont la ville et la cour furent alors frappées ; c’est, et cela était plus près de moi, la tristesse et les pleurs des deux jeunes princesses[2], à qui l’on ne put parvenir à cacher le funeste événement qui venait d’avoir lieu. Elles versaient des larmes sur le sort de l’humanité souffrante, sans prévoir, hélas! qu’elles auraient un jour à en répandre de plus amères sur le leur, et celui surtout de ce qu’elles avaient de plus cher au monde !

Un coup à perdre la tête !

Bon Mona, il est temps de boire un coup. Allez, hop, deux verres, je vous prie. Le Domaine des Lys Sacrés 2009 est royal. Ce Côte de Brouilly va vous refaire boire du Beaujolais…


[1] Actuelle Place de la Concorde. C’est sur cette même place, renommée Place de la Révolution, que Louis XVI et Marie-Antoinette furent guillotinés en 1793.
[2] Marie-Antoinette et Elisabeth, sa belle soeur

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Marie-Antoinette moule un bol pour vous

Lépicurien vous a parlé de la coupe et de sa flute… avec toujours ses jeux de mots vaseux, mais je dois avouer que c’était instructif. Moi, je suis heureuse de vous présenter un objet moins usité  que la flute à Champagne mais fort recherché par les amoureux de Marie-Antoinette. Je veux parler de ses « jarres tétons »[1] ou  » jattes tétons ».

Elles auraient été moulées sur un sein de Marie-Antoinette… mais rien n’est moins  sûr. En effet nombre de textes de l’époque soulignent que la Reine était si pudique qu’elle ne prenait ses bains que vêtue d’une chemise pour se cacher de ses servantes.

chemise de Marie-Antoinette

Mais Toinette excite toujours ses admirateurs et nombre de légendes ont traversé le temps.

Revenons donc à ces bols : ils faisaient partie d’un service en porcelaine dessiné par Jean-Jacques Lagrenée et fabriqué par la manufacture de Sèvres. Il était destiné à la laiterie du Château de Rambouillet. Louis XVI avait acheté ce Domaine pour y pratiquer la chasse, sa passion. Il fit édifier pour Marie-Antoinette deux laiteries, une où l’on fabriquait du fromage et l’autre pour y déguster du lait avec les bols-seins. Une grotte artificielle permettait de conserver le lait au frais.

Le service fut dispersé durant la Révolution. Et les collectionneurs s’arrachèrent les bols. Je me demande si Lépicurien n’en a pas un…

A moins qu’il n’ait acheté une réplique réalisée par l’ancienne manufacture royale intégrée à la maison Bernardaud depuis 1986. Le fameux bol vaut un peu plus de 750€. Mais quand on aime, on ne compte pas…

Mona pas moulé de bol pour son lait ce matin, et vous ?


[1] Bol en forme de sein

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Louis XVI et Marie-Antoinette se marièrent le 16 mai 1770. Ils étaient respectivement âgés de 16 et 14 ans. Bien que le Roi soit un colosse (il mesurait 1,93 m), il dut attendre plus de sept années avant de consommer le mariage. En effet, il souffrait d’un phimosis qui l’empêchait d’accomplir son devoir conjugal au grand dam des Cours de France et d’Autriche.

Enfin, le 11 décembre 1778, la Reine sentit les premières douleurs. La famille royale, les princes du sang et les grandes charges passèrent la nuit dans les pièces proches de la chambre de la reine. Madame[1], fille du roi, vint au monde avant midi le 19 décembre. L’usage de laisser entrer indistinctement toute personne qui se présentait au moment de l’accouchement des reines fut observé avec une telle exagération, qu’à l’instant où l’accoucheur Vermond dit à haute voix : « La Reine va accoucher« , les flots de curieux qui se précipitèrent dans la chambre furent si nombreux que la reine fut incommodée. Le roi avait eu, dans la nuit, la précaution de faire attacher avec des cordes les immenses paravents de tapisserie qui environnaient le lit de sa majesté : sans cette précaution ils auraient à coup sûr été renversés sur elle. Il ne fut plus possible de remuer dans la chambre : elle se trouva remplie d’une foule si mélangée, qu’on pouvait se croire dans une place publique. Deux savoyards montèrent sur des meubles pour voir plus à leur aise la reine placée en face de la cheminée, sur un lit dressé pour le moment de ses couches.

Le bruit, la déception d’avoir une fille[2] ou une faute de l’accoucheur eurent de graves conséquences sur la jeune mère. Elle se pâma ; l’accoucheur cria : « De l’air, de l’eau chaude!  Il faut une saignée au pied! » Les fenêtres avaient été calfeutrées ; c’est le Roi, lui-même qui les ouvrit précipitamment alors qu’elles étaient d’une très grande hauteur et collées avec des bandes de papier pour protéger les appartements du froid.
Le bassin d’eau chaude n’arrivant pas assez vite, l’accoucheur dit au premier chirurgien de la Reine de piquer à sec; il le fit, le sang jaillit avec force, la reine ouvrit les yeux. On avait emporté à travers la foule la princesse de Lamballe sans connaissance.
Les valets de chambre durent évacuer sans ménagement les curieux indiscrets qui, profitant du spectacle, n’étaient pas pressés de sortir de la chambre.

Le Roi décida sur le champ d’abolir l’usage de l’accouchement en public. Les princes et les ministres suffiront pour attester la légitimité d’un prince héréditaire.

La chambre dégagée, la Reine retrouva ses esprits et fut replacée dans son lit. Ouf !

Mais, ma petite Mona, vous tremblez ; vous avez eu peur ? C’est fini, la Reine va bien ; allez on va faire péter une roteuse pour célébrer le premier enfant du Roi : le blanc de blanc de Ruinart est d’une rare élégance.


[1] Ou Madame Royale, prénommée Marie-Thérèse Charlotte
[2] La Reine connut le sexe de l’enfant grâce à un signe convenu avec la princesse de Lamballe

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Mlle Bertin, modiste 1747-1813

Marie-Jeanne Bertin est née en Picardie en 1747. En 1763, elle est engagée comme modiste[1] dans un atelier parisien. Sept ans plus tard, elle ouvre magasin rue du Faubourg Saint Honoré.

Devenue la protégée de la Duchesse de Chartres, elle devient vite la coqueluche de Paris avant d’être présentée à la Dauphine Marie-Antoinette qui lui demande de confectionner sa garde-robes. Or si Le budget du département de la toilette de la Dauphine s’élevait en 1773 à un total de 120.000 livres, il passe dès 1774 à 200.000 livres alors qu’elle devient Reine.

Les deux femmes passent tant de temps ensemble que le surnom de « ministre des modes » est attribuée à celle qui se fait maintenant appelée Rose Bertin. Mlle Bertin, ministre de la mode, coûtait d’ailleurs plus cher qu’un secrétaire d’État. Et les modes allaient se succéder à un rythme effréné. Elle se plaisait à dire qu’en matière de mode : « Il y a de nouveau que ce qui est oublié« . De leur rencontre, la mode des coiffures les plus exubérantes, des chapeaux les plus fous, des robes les plus luxueuses, puis des robes de campagne, s’établit.
La Cour se met au diapason et les commandes affluent. Mais nombre de nobles sont au bord de la ruine…. et ce flot de dépenses vaut à la Reine sarcasmes et pamphlets.


Elle habille également la Du Barry, Madame de Polignac, la Princesse de Lamballe et rapidement toute la Cour qui se doit de suivre la mode lancée par la Reine. Nombre de nobles, entrainées dans ce tourbillon, sont au bord de la ruine….

Avec la Révolution, les affaires ralentissent. Heureusement, la clientèle étrangère permet à Mlle Bertin de voyager en Allemagne, en Angleterre et d’échapper à la Terreur.

Craignant pour sa vie et voulant se rapprocher de ses clientes, elle se réfugie en Angleterre. En 1795, elle se rend en Russie. A son retour à Paris, elle habille Joséphine de Beauharnais et la Reine d’Espagne. Mais elle n’est plus en à la mode et se retire dans sa maison d’Epinay où elle vivra jusqu’au 22 septembre 1813.

Mona tours, c’est vous ?


[1] On se tromperait si l’on se figurait qu’une marchande de modes, au dix-huitième siècle, se contentait de fabriquer des chapeaux. Elle avait le monopole de l’ornementation des costumes. La couturière taillait, cousait, la modiste parait.

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C’était, il y a une semaine… défilé, feux d’artifices, bals populaires. Les Français ont fêté leur Fête Nationale.

Dans nos manuels d’histoire, on nous a toujours appris que la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, était due à un mouvement lié au manque de pain. La Reine Marie-Antoinette aurait lâché sa fameuse boutade : « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche… ». Et si en fait la Révolution avait trouvé son origine dans le prix du vin.

L’octroi était une contribution prélevée dans des pavillons dédiés à cette taxe placés à l’entrée des villes. L’impôt portait sur nombre de produits de base tel que l’huile, le sucre, le vin.

En 1784, pour financer les hôpitaux et le déficit du royaume (déjà !), la monarchie fait construire une vaste enceinte d’octroi autour de Paris. Nombre de mastroquets, de guinguettes sont pris dans la nasse…Ils doivent disparaître ou déménager plus loin ; pour s’arsouiller à peu de frais, le parisien devra faire un très long chemin. Le mécontentement s’installe : «le mur murant Paris rend Paris murmurant » selon le dicton prêté à Beaumarchais.

En 1788, on suspend temporairement les travaux. Las ! Vignerons de banlieue, débitants, tenanciers et consommateurs se liguent contre les barrières honnies… On s’organise. Depuis la zone franche, le vin est transvasé dans des outres puis, du haut d’échafaudages, expédié par dessus le mur. Le procédé, fort peu discret, est à haut risque. De plus industrieux percent des trous dans la paroi, installent de véritables « vinoducs » (plus de 70) et font fortune.

Juillet 89, taverniers et tenanciers conduisent l’insurrection de la populace ; le 11 quelques barrières sont incendiées; le 12 et le13 c’est l’attaque : des charrois de futailles pleines entrent dans Paris !

Une fois la Bastille prise, les insurgés proclament « enfin, nous allons boire le vin à trois sous, il y a trop longtemps que nous le payons douze sous ».

L’octroi sera rétabli en 1798 et ne disparaitra complètement qu’un 1943. De nos jours, c’est la TVA qui est appliquée sur tous les produits, mais, le percepteur est le marchand. Plus discret et moins de risque de voir le peuple se lever contre cet impôt…!

Mona, pas besoin de vinoducs. Si vous voulez bien amener deux verres, je vous propose un vin de Cour-Cheverny. Cette minuscule appellation produit des vins à base du cépage Romorantin. Ce vin blanc du Domaine des Huards 2004 est frais, miellé et plein de fruits blancs. Un délice.

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Colette Renard, sur le disque « Les Chansons Gaillardes » en a interprété une version à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

duke-marlboroughMais c’est surtout comme chanson enfantine que chacun de nous connaît le départ en guerre de Malbrough.

Et qui était donc ce Malbrough ? :

Lord Churchill, duc de Marlborough (1650 – 1722), ancêtre de Winston Leonard Spencer Churchill.

Capitaine général des armées britanniques, il se distingua dans une guerre contre les Pays Bas (de 1672 à 1673) sous les ordres du duc d’York, futur Jacques II roi d’Angleterre. Il remporta de nombreuses victoires contre les Français, et notamment, lors d’une bataille dans une petite ville de Bavière, Blenheim. En 1709, il combattit à nouveau contre les armées de France à Malplaquet, sous le règne de Louis XIV. C’est lors de cette bataille que les Français écrivirent la chanson « Malbrough s’en va t’en guerre »pour se moquer du général qu’ils croyaient mort sur ce champ de bataille. Il mourut en fait, dans son lit, en 1722 d’une crise d’apoplexie.

La chanson fut vite oubliée puis remise au goût du jour par Marie-Antoinette qui l’entendait chantée par la nourrice du Dauphin. Et là, gros succès. Elle est reprise par toutes les classes sociales. On dit que Napoléon fredonnait cette chanson avant de partir en campagne.

En 1780, apparaît, dans un livre de cuisine, une nouvelle recette :

Prenez du bœuf cuit dans la marmite et si vous en avez de la veille, il sera aussi bon; coupez le en tranches fort minces, prenez le plat que vous devez servir. Mettez dessus dessous deux cuillères de coulis. Un mélange haché très fin d’ail, persil, ciboule, câpres, anchois; couvrez votre plat, une demi-heure, servi très réduit, à courte sauce (Menon, Cuisinière Bourgeoise 1797).

De chanson de soldat, puis de nourrice, elle finit en cuisine. Le boeuf bouilli prend son nom du fameux « Mironton, tonton, mirontaine« .

En cuisinant, je vous conseille de chanter :

« Malbrough s’en va-t-en guerre, Mironton, tonton, mirontaine ; Malbrough s’en va-t-en guerre, Ne sait quand reviendra… (ter) « 

Çà délasse… et çà donne de l’entrain

Quant à vous ma p’tite Mona, si vous voulez vous délasser en ma compagnie, je vous invite à boire ce verre de Mas Amiel Vintage 2007. Que de la douceur !

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Quel lien entre « avoir un Jules » et Marie-Antoinette ?

C’est connu, la jeune Reine a beaucoup de mal avec l’étiquette versaillaise. Madame de Polignac lui est présentée en 1775. Jeune, élégante et gaie, Yolande plaît immédiatement à Marie-Antoinette. Elle apprécie sa légèreté et son insouciance.

polignacyolandePar une belle journée du printemps 1775, dans les jardins de Versailles, Yolande rieuse et charmante au milieu d’un groupe de jeunes gens s’adonne au jeu de barre, quand le destin mène la Reine en ces lieux. S’il faut en croire la comtesse de La Tour-Landorthe, Marie-Antoinette, après avoir d’abord observé le groupe à l’écart, s’approche de Yolande. « Frappée par cette figure angélique, par sa grâce et son air de simplicité, la Reine s’informe de son nom. Alors elle lui parle pour lui reprocher de se montrer rarement à Versailles, en l’engageant à y venir plus souvent, qu’elle la verrait avec plaisir. » Yolande répond sans ambages que son bonheur serait de voir chaque jour sa souveraine, mais la fortune de sa famille ne le lui permet pas. La simplicité de la comtesse séduit la Reine et lui paraît une franchise piquante. Plusieurs fois déjà, Marie-Antoinette a cru trouver l’amitié à laquelle elle aspire tellement. La princesse de Lamballe surtout, dont toute la Cour connaît les malheurs, avait su toucher son cœur compatissant. Mais le lien se distend déjà, sans incident ni rupture, et l’amitié de la Reine pour Mme de Lamballe tiédit un peu plus chaque jour.

Extrait de : Madame de Polignac et Marie-Antoinette par Nathalie Colas des Francs

Elles sont vite inséparables et Yolande devient duchesse et obtient la charge très enviée de Gouvernante des Enfants de France.

C’en est trop. Critiques, ragots pleuvent sur les deux femmes. On leur prêta des relations qui dépassent largement le cadre de la simple amitié. On qualifie Madame de Polignac de « Jules de la Reine ». En effet, elle était la femme du Comte « Jules » de Polignac.

Dès les premiers jours de la Révolution de 1789, la tête de la duchesse est mise à prix. Et pourtant, elle mourra, dans son lit, âgée de 44 ans, à Vienne le 9 décembre 1793 (Marie-Antoinette avait été guillotinée le 16 octobre de la même année). Sur sa tombe, on grava cette épitaphe : « Morte de douleur ». Quant à la Princesse de Lamballe, elle sera massacrée en septembre 1792. « Un sabre s’abat sur son cou. Elle est percée de plusieurs coups de piques. On la dévêt entièrement. Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d’une borne, à la risée lubrique de la foule. Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur. »

De tout cela, il reste cette expression « avoir un jules », c’est à dire avoir un amoureux…

Mona pas de jules, et vous ?

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Marie-Antoinette par Mme Vigée-Lebrun

Marie-Antoinette par Mme Vigée-Lebrun

Jean-Louis Fargeon, descendant d’une lignée de parfumeurs fut le parfumeur attitré de la Reine Marie-Antoinette. Durant la révolution, il fut arrêté et jugé. Il fut un des rares, en pleine terreur, à sauver sa tête. C’était le 9 thermidor (jour de l’arrestation de Robespierre). Dans sa geôle, la veille de sa parution devant le tribunal révolutionnaire, il écrit un joli texte pour préparer sa défense. J’en ai extrait ces lignes :

« On m’accuse d’avoir servi les ci-devant nobles. J’ai fabriqué des parfums à leur usage, mais ils possédaient les goûts et les moyens qui faisaient d’eux ma clientèle naturelle. J’ai souffert de leur légèreté et de leur négligence à payer leurs dettes, qui m’ont conduit à la banqueroute. J’ai eu le plus grand mal à rétablir mes affaires. ..

Je suis un homme de science, adepte du progrès comme le fut mon père. Mes expériences, connaissances et inventions ont porté sur l’art subtil du parfum. … J’ai cherché et trouvé dans la nature ce qui pouvait, dans mes compositions, susciter les mouvements de l’âme et ressusciter des souvenirs enfouis. Qu’exige-t-on aujourd’hui de mon art ? Devais-je, pour prouver mon patriotisme, composer un parfum à partir de l’odeur du sang qui flotte autour de la guillotine?

Ah, que je cesse enfin de respirer la fétide senteur de ma cellule qui m’emprisonne plus étroitement encore que ses barreaux ! Tandis que je me morfonds dans cette misère, il arrive que, soudain, le doux parfum des jours enfuis me transporte dans les jardins et les salons d’un monde où fleurissait, rose parmi les lys, feu la reine de France. Oui, je l’avoue, je suis fier d’avoir su exalter en elle la femme, sans avoir été pour autant un esclave de la souveraine.

Quand surgit ce parfum du passé ma vie tout entière s’ordonne comme j’ordonnais mes compositions odorantes.

L’accord se plaque d’abord sur le mode majeur, avant de laisser échapper les notes de tête qui jaillissent, folles, vives, impatientes comme la Jeunesse. Les notes de cœur palpitent ensuite, douces, accomplies et vibrantes comme la pleine réalisation d’une personnalité Enfin, lourdes, persistantes et tenaces, résonnent les notes de fond, présentes dès la première envolée. Tel fut mon art et telle fut ma vie. Je saurai demain si elle doit m’être ôtée.»

C’est beau !
Je vous « adior »
Votre Mona

Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette
de Elisabeth de Feydeau – Editions Perrin 2005

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