Mona vous a aidé à choisir le bon melon. Elle me dit que vous fûtes nombreux à l’avoir remerciée : les trucs qu’elle vous a donnés vous ont permis de manger de bonnes cucurbitacées sucrées (oui, c’est du genre féminin)… Et, c’est tant mieux. Merci Mona. Vous êtes parfaite comme d’habitude…

Mais je ne peux oublier que ce fruit nous est arrivé d’Italie au XVI° siècle et qu’il eut un gros succès auprès des nobles et grands bourgeois. Il est déjà connu sous le nom de Cantaloup. Ce nom fait référence à résidence d’été des papes à Cantalupo où il était abondamment cultivé.

Henri IV, Montaigne, notamment se « goinfraient » de melon. Un médecin du roi rappelait pourtant que, si c’est un des fruits les plus délicieux de l’été, parce qu’il est humectant, rafraîchissant, et facile à digérer quand on en mange modérément. Par contre, l’excès en est dangereux : il produit des vents et des coliques, suivies quelquefois de dysenteries difficiles à guérir. Mangé avec un peu de sel ou de sucre, il est plus sain, surtout pour les estomacs délicats.

Fin XVIII° siècle, Bernardin de Saint-Pierre écrit un long ouvrage sur les fruits. Il y écrit sur la taille des fruits et s’émerveille de ce que Dame Nature a prévu des grosseurs de fruits. Il y en a beaucoup qui sont taillés pour la bouche de l’homme, comme les cerises et les prunes; d’autres pour sa main, comme les poires et les pommes; d’autres, beaucoup plus gros, comme les melons, sont divisés par côtes, et semblent destinés à être mangés en famille : il y en a même aux Indes, comme le jacque[1], et chez nous la citrouille, qu’on pourrait partager avec ses voisins. La nature paraît avoir suivi les mêmes proportions dans les diverses grosseurs des fruits destinés à nourrir l’homme, que dans la grandeur des feuilles qui devaient lui donner de l’ombre dans les pays chauds ; car elle y en a taillé pour abriter une seule personne, une famille entière, et tous les habitants du même hameau.

Cet été, on m’a dit que Mona avait été peu raisonnable et avait avalé tout cru des fruits un peu gros…. Allons Mona, soyez plus sage à l’avenir. .. Quant à vous, chers lecteurs, les photos vous inviteront à la prudence. Evitez d’avaler un melon entier… Cà fait des dégâts.

Un melon trop vitre ingéré par Mona

depuis, Mona est souffrante

En attendant, buvons un Causse Marines Préambulles. Cet effervescent, méthode ancestrale de Gaillac, est très aromatique et très rafraîchissant. Un Mauzac de très grande classe et sans aucun ajout… Chapeau Bas, Patrice…


[1] Fruit du jacquier : peut être consommé cru ou en confiture

Vous avez aimé cet article? Partagez-le :
, , , , , , , ,

Mise en page 1Quel plaisir de lire un livre d’une telle beauté. Gérard Oberlé qui m’avait déjà enchantée avec « Itinéraire Spiritueux » me revient avec un ouvrage qui, bien que d’une grande érudition, n’est pas pédant. On partage vite la vie de Marc-Antoine Muret. Cet humaniste fut le professeur de Montaigne, l’ami de Ronsard.
Epicurien et jouisseur, son attirance pour les garçons lui valut l’exil. Il se rendit au pays des arts et c’est Rome qui lui donna succès et gloire.

L’écriture est belle et chatoyante. Un livre à dévorer.

Pour vous mettre en appétit, un extrait d’un poème de Muret (traduit du latin par G. Oberlé) :


Profitons de nos meilleures années, tant que le destin le permet
Et que l’Amour occupe entièrement notre esprit.
Ces moments, le temps les emportera comme il emporte tout :
Vois-tu comme s’enfuient l’heure, le jour, le mois, l’année ?
Le nourrisson est maintenant un enfant,
Bientôt il sera adolescent, homme et puis vieillard.
Qui que tu sois, toi qui es jeune et ardent,
Vis sous l’emprise de Vénus,
Quand tes plus belles années seront passées, il sera trop tard !
Tu voudras te rattraper, mais tu ne le pourras plus.

M.A. Muret, Junvenilia, Elégies II

Mona pas autre chose à dire : foncez chez votre libraire.

Vous avez aimé cet article? Partagez-le :
, , , , ,