Vous avez déjà eu l’occasion de faire connaissance de Nicolas Venette, médecin du XVIII° siècle qui a écrit tellement de choses sur l’Amour Conjugal. Aujourd’hui, je vais vous livrer un portrait de l’homme « bon pour la chose » (si vous voyez ce que je veux dire).

Si on le touche, on s’imagine mettre la main sur du feu. Sa peau est si rude et si sèche, que le poil qui la couvre presque partout, ne fait que l’adoucir un peu. Ses cheveux sont durs, noirs et frisés. Il n’a garde de les faire couper, sur ce qu’il a oui dire des Auvergnats, que pour avoir plus de bétail, ils ne coupaient jamais la laine de leur brebis, ni les crins de leurs chevaux, parce qu’ils ont remarqué par expérience, qu’il se fait par-là une dissipation d’esprits qui s’oppose à la lasciveté et à la génération. Sa barbe, qui est un figne de l’admirable puissance de faire des enfants, marque la force et la vigueur de sa complexion ; elle est épaisse, noire et dure. Ses parties naturelles sont comme ensevelies dans le poil.
Il est certain, selon que les naturalistes le remarquent, que les oiseaux qui ont le plus de plumes aiment le plus éperdument leurs femelles. Aussi les hommes qui ont le plus de poil sont les plus amoureux, leur humidité étant vaincue par l’excès d’une chaleur qui n’est pourtant pas capable de les rendre malades.
C’est cette même chaleur qui dessèche le cerveau et le crâne des hommes lascifs, et qui les fait promptement devenir chauves ; car comme ils manquent à la tête de vapeurs terrestres dont les cheveux sont produits, et que d’ailleurs les cheveux ne peuvent percer une peau dure et sèche, comme l’ont ceux qui sont d’un tempérament chaud et sec, on ne doit pas s’étonner s’ils deviennent chauves, et si cette chauveté s’augmente tous les jours par l’usage des femmes. C’est ce qui attira sur Jules César cette raillerie piquante que l’on publia à Rome, lorsqu’on l’y menait en triomphe : Romani, fervate uxores, machuum, calvum adducemus[1]. Ajoutez à cela que cet Empereur fut si amoureux et si lascif, qu’il changea quatre fois de femmes légitimes et qu’il dépucela Cléopâtre dont il eut Céfanon.

Mona remarqué que Lépicurien est barbu et chauve… alors gare !


[1] Ce qu’on traduire par : « Citoyens Romains, surveillez vos femmes, car nous ramenons le baiseur chauve »

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Vous vous souvenez de Nicolas Venette. Je vous ai déjà glissé, sur ce blog, des extraits d’une de ses œuvres : Tableau de l’Amour Conjugal. Aujourd’hui, je vous propose un extrait de Génération de l’Homme.

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Je connais quelques femmes qui ont toujours accoutumé de se coucher sur le côté droit lorsqu’elles dorment avec leurs maris, et c’est aussi dans cette posture qu’elles sont caressées et qu’elles conçoivent presque toujours des garçons. On ne saurait donner d’autre raison de ce qui arrive de la sorte, que celle qui favorise mon sentiment ; car la semence de l’homme étant reçue dans la matrice de la femme, située dans la posture que nous avons marquée, ne peut tomber, par son propre poids, que dans la corne droite, où les garçons sont le plus souvent formés. C’est une remarque qu’a faite Rhafis[1], aussi bien que moi, lorsqu’il dit que les femmes qui se couchent ordinairement du côté droit, ne font presque jamais de filles.

Pour ceux qui douteraient de ce qui vient d’être énoncé, je vous invite à réfléchir sur ce qui suit : Nicolas est né plutôt à droite, alors que Ségolène est née plutôt à gauche. Ce qui nous permet de conclure avec certitude que le Rochelais Venette avait raison.

C’est scientifique. Qu’on se le dise !

Mona coutume de dormir sur le dos !!!!


[1] célèbre médecin arabe du IX° siècle

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Si vous vous rendez à La Rochelle, une visite du centre historique s’impose. Nombre de bâtiments méritent le détour. Le tribunal d’Instance occupe une demeure appelée « maison de Nicolas Venette ». Les ornementations et inscriptions sont toutes dédiées à la santé et la médecine.

venette amour conjugal copieQui était Nicolas Venette ?

C’était un médecin rochelais (1633-1698). Il a écrit nombre d’ouvrages sur le scorbut, les eaux minérales, la lithiase urinaire, mais c’est Tableau de l’amour conjugal, ou l’Histoire complète de la génération de l’homme qui est le plus connu. Ce livre fut réédité jusqu’en 1903. Nicolas Venette est considéré comme le premier « sexologue ». A notre époque, où une femme peut savoir, grâce au test de grossesse, très vite son état, il est intéressant de lire ce qu’en disait un médecin du XVII° siècle :

schwanger_klOn a lieu de croire qu’une femme a conçu lorsque, après s’être divertie avec un homme, elle demeure sèche, et qu’elle ne rend point ce qu’elle a reçu, et qu’avec cela un homme se retire sans être beaucoup humide. Au même temps, la femme ressent comme de petits frissons, semblables à ceux qui nous arrivent après avoir mangé. Elle souffre quelquefois des faiblesses et des vomissements dans le moment que la semence de l’homme est dardée vers le fond de sa matrice, et qu’elle est reçue dans l’une de ses cornes pour se joindre avec la semence de cette femme, et y faire la conception.

La matrice, comme si elle avait de la joie d’avoir reçu l’humeur qui lui est propre, se resserre pour la retenir ; ce qui cause à la femme, je ne sais quel mouvement dans ses parties naturelles, duquel elle ressent du chatouillement et du plaisir, et fait qu’elle recherche alors plus ardemment la compagnie d’un homme.

Si quelque temps après, la sage-femme la touche, et qu’elle rencontre une douce résistance, la matrice et son orifice interne ferme et mollet comme le cul d’une poule, ou le museau d’un chien naissant, il n’y a pas lieu de douter que la femme n’ait conçu.

Mais on ne se contente pas d’avoir des signes communs, on fait encore quantité d’expériences, à l’imitation de l’antiquité, pour découvrir la grossesse d’une femme. Les uns frottent d’un rouge les yeux de celle que l’on soupçonne grosse, et si la chaleur pénètre la paupière, on ne doute plus après cela que cette femme ne soit enceinte.

Les autres tirent de son corps quelques gouttes de sang, et après les avoir laissées tomber dans de l’eau, ils conjecturent qu’elle est grosse si le sang va au fond. Il y en a d’autres qui lui donnent à boire cinq ou six onces d’hydromel simple ou anisé, en se mettant au lit, et ils jugent de la conception par les tranchées que cette boisson cause à la femme.

D’autres lui donnent encore une ou deux onces de suc de séneçon, mêlé avec un peu d’eau de pluie, et s’imaginent qu’elle est grosse si elle ne la vomit point.

Quelques-uns, après avoir mis dans ses parties naturelles une gousse d’ail, ou fait brûler de la myrrhe, de l’encens, ou quelque autre chose aromatique, pour lui en faire recevoir la vapeur par le bas  croient qu’elle est grosse, si elle ne ressent point quelque temps après à la bouche ou au nez l’odeur de l’ail ou des choses aromatiques.

Il y en a encore qui font diverses expériences sur l’urine. Ils considèrent cette liqueur dès qu’on la rend, et, après l’avoir trouvée troublée, et de couleur de l’écorce de citron mûr, avec de petits atomes qui s’y élèvent et qui y descendent, ils disent qu’elle a conçu.

D’autres laissent l’urine pendant la nuit dans un bassin de cuivre, où l’on a mis une aiguille fine, et s’ils observent le matin quelques points rouges sur l’aiguille, ils ne doutent plus de la grossesse.

Quelques autres prennent parties égales d’urine et de vin blanc : si l’urine, après avoir été agitée, paraît semblable à du bouillon de fèves, ils assurent que la femme est grosse.

Les autres laissent pendant trois jours reposer à l’ombre, dans un vaisseau de verre bien bouché, l’urine d’une femme; et après l’avoir coulée par un taffetas clair, s’ils rencontrent de petits animaux sur le taffetas, ils ne font pas difficulté d’affirmer que la femme est grosse.

Nicolas Venette n’approuve guère ces méthodes et sagement, avec les connaissances limitées de l’époque, conseille un peu de patience…

Mona, moi de la patience, je n’en ai pas, Aussi, je vous propose de tester, sans plus tarder, un Bourgogne blanc : c’est rond, gras…

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