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De quoi avoir de l’avancement !

Ma bonne Mona,
Je lis chaque jour votre Journal et cela m’aide à survivre. Survivre, me direz-vous ? Cela est bien triste. C’est vrai et vos articles ne sont pour rien à mon moral aussi noir qu’un bougnat portant ses sacs de charbon. Laissez-moi vous partager ma peine. Mon mari depuis de nombreux mois ne s’intéresse plus à moi et ne me ramone plus jamais le conduit. Il me dit que je me néglige et que mon balcon poitrinaire s’est envolé ; ne restent que deux gants de toilettes ou si vous préférez deux oreilles de cocker. Quand à mon valseur, il a fondu comme neige au soleil et mon Jules il dit que sans une bonne paire de miches, il peut pas enfourner. Excusez ce langage un peu cru (c’est normal sans enfournage  que ça soit cru) mais je ne fais que reprendre les mots de mon homme. Par contre, il ne dédaigne pas se faire aspirer le glandulaire en me complimentant sur mon entonnoir buccal qui semble toujours prêt à sucer des boutons de porte, si vous voyez ce que je veux dire. Lui cette vie semble lui convenir, mais moi je déprime. J’ai le frisotin qui se rappelle à mon bon souvenir et si ça continue, je vais devoir agresser une équipe de spéléologues périgourdins pour qu’ils explorent mon sous-sol laissé en friches. Je dois vous dire, Mona, que vous possédez de superbes appâts et des rotondités postérieures qui provoquent chez moi un regard admiratif et jaloux à la fois. Aussi ô Callipyge que la nature a si richement dotée, soyez aimable de me donner quelques conseils pour arrondir tant mes misérables avant-scènes poitrinaires que mon pauvre joufflu rachitique.

Armelle Lamoi

Ma chère Armelle,
Votre courrier m’a tirée quelques larmes. Je n’imagine pas la souffrance que de ne plus avoir de loup qui vienne occuper votre tanière ou si vous préférez, de ne plus avoir de goinfre qui vienne tremper sa cuiller dans votre soupière brûlante. Moi qui use les hommes au rythme d’un par jour (ou plutôt par nuit), j’ai le chaudron qu’est toujours en état de marche et c’est tant mieux. Bon, revenons à vous et votre manque de matériel. J’aurais du mal à me baser sur mon cas car mes superbes roploplos et ma magnifique arrière-boutique me sont venus naturellement et je n’ai jamais rien à eu à faire pour les maintenir dans leur perfection originale. Mais je me suis rapprochée de Sophie, une amie qui comme vous avait sa devanture et son pont-arrière aussi rembourrées qu’un kleenex. Or, elle a maintenant un balcon suffisamment profond pour y faire pousser des plantes grasses et des meules tendues comme des tambours de la garde républicaine.

Pour sa poitrine, Sophie Fonsec a commencé par prendre des douches d’eau froide en remontant le jet de bas en haut sur ses roberts. Chaque jour, elle appliquait des crèmes sur ses éponges à lait. Mais trouvant que le résultat se faisait trop attendre, elle a préféré passer sur le billard. Quant à son valseur, elle utilise un leurre en enfilant des sous-vêtements spécialement conçus pour redonner du volume aux fesses. Le seul hic, c’est que dans l’intimité, votre mec n’y trouvera pas son compte. Mais elle s’est mise à la muscu et un coach lui a sélectionné des mouvements qui augmenteront sa masse fessière dans les mois à venir.

Voilà, j’ai conscience de ne pas être suffisamment exhaustive mais si vous le souhaitez, Armelle, je peux vous mettre en relation avec mon amie qui vous conseillera mieux que je ne pourrais le faire moi qui suis si éloignée de ces préoccupations.

Mona des pare-chocs de compétition. 

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C’est vrai que vous nous écrivez plutôt pour nous parler de vos problèmes de couple, de prostate, d’enfantement ou de constipation que pour complimenter notre style. Il faut même dire que, rarement certes, nous recevons des missives attaquant notre morale, notre probité, notre vocabulaire jugé trop vert et trop leste.

Certes la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe, mais il arrive parfois que nous ayons envie de leur répondre avec véhémence. Mais en buvant un coup de jus de la treille, nous retrouvons cette sérénité que beaucoup d’entre vous nous envient.

Mais souvent nos lecteurs nous complimentent pour la poésie qui se dégage à chaque ligne de ce merveilleux Journal. Ainsi Guy Liguili nous gratifie de louanges à faire rougir un poivron vert. Il nous compare, tenez-vous bien à Frédéric Dard, Michel Audiard et Raoul Ponchon. C’est trop mon cher  Monsieur Liguili ! Certes nous sommes fiers de quelque prose çà et là dans les 1260 articles pondus à ce jour. Mais nous savons que la route est longue pour toucher ne serait-ce que le talon de nos Maîtres.

Et notre Muse est moins bavarde et nous abandonne trop souvent pour que nos mots illuminent vos esprits comme le soleil traverse les nuages de Maubeuge le 15 août à 16.00 heures.

Mais puique vous avez évoqué Ponchon, je vous livre franco une ode à sa Muse qu’il publia en 1905 :

Bonjour, bon an
O lecteurs, brillante phalange,
Peut-être vous vous demandez
Quelle est cette personne étrange
Qu’on voit toujours à mes côtés ?…

C’est ma Muse, jeune bacchante
Qui dorlote mes célibats.
Il sied que je vous la présente,
Si vous ne la connaissez pas.

Oh ! Elle n’est pas de ces muses
Qui vont donnant du nez au ciel
Jusques à s’en rendre camuses.
Elle vit, c’est l’essentiel.

Il est des choses, pauvre brute,
Qu’elle ne comprendra jamais.
Les différents pics de la Butte,
Ce sont là ses plus hauts sommets.

Elle aurait une voix plus forte,
Que cela n’en vaudrait que mieux.
Elle ne l’a pas. Il m’importe ;
C’est affaire entre elle et les Dieux.

C’est une bonne fille, en somme.
Son nichon n’est pas surhumain,
Il tient dans la main d’un brave homme,
C’est-à-dire ma propre main.

Elle est timide, elle est peureuse ;
Elle va son chemin plan plan,
Sans plus, s’estimant fort heureuse
Quand elle atteint le bout de l’an.

Elle aime les bois, la campagne,
Les fleurs qu’on trouve à chaque pas,
Aussi les châteaux en Espagne,
Pourvu qu’ils n’aboutissent pas.

Elle n’a pas un tout de haine
Gros comme un grain de Chènevis,
Au point qu’elle me fait des scènes
Pour n’être point de son avis.

Je sais bien que l’on lui reproche
De fréquenter le Cabaret.
Quand elle a trois sous dans sa poche.
Parbleu ! Qu’est-ce qu’elle en ferait ?

Certes, on l’y trouve d’emblée,
Quand on la cherche, Dieu merci !
Mais dans une docte assemblée
On peut la rencontrer aussi.

Parfois, quand elle a le nez… rose,
- C’est même son état normal -
Je l’ai rouge, moi qui vous cause.
Cela ne va pas plus mal.

Elle boit, tout en restant digne.
Marche-t-elle d’un pas tortu ?
C’est pour flatter le cep de vigne,
Par déférence et par vertu.

Va-t-elle jusqu’à la débauche ?
Son caractère n’en sait rien.
Elle a toujours le cœur çà gauche,
Absolument comme le mien,

Qui déverse, dans la seconde,
L’amour dont le ciel le combla ;
Elle embrasserait tout le monde,
Si je n’y mettais le holà…

Telle est cette personne étrange
Qui me plonge dans des émois,
Buvant – quand elle ne les mange -
Tous mes appointements du mois.

Et quand elle a, toute l’année,
Bu comme un vrai Sancho Pança,
Cette malheureuse damnée
A toujours soif. Expliquez ça.

Non? N’expliquez rien, je préfère.
Venez plutôt chez le bistro,
Que nous vous offrions un verre,
Chers lecteurs… mais vous êtes trop.

Mon cher Raoul, vos vers nous ont donné soif. Mona, vite sortez des verres  scintillants et mirons ce doux nectar qui inspira le poète. Raoul, c’est à ta mémoire que nous levons ce Doisy Daëne 2006. Ce vin de Barsac alliant puissance et fraîcheur nous transporte au pays des versificateurs. Paix à leur âme ! 

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Je vous aime trop pour ne pas vous faire bénéficier de mon expérience. Figurez-vous, mais seuls ceux qui ne me connaissent pas suffisamment seront étonnés, j’avais un joli petit play-boy dans mon pageot. On venait de passer un bon moment : il m’avait bien polishé la carrosserie, fait les niveaux et sa vidange graissage m’avait laissée en semi extase. Il faut dire que le gars était garagiste et qu’il s’y connaissait en tuyauteries et carburateurs. Comme le marchand de sable était sur les pas du mécano, je tombais dans un doux sommeil réparateur. Alors que je ronflotais dans les bras de Morphée,  je sentis la main de mon voisin de pieu me saisir. Je le repoussais en lui disant dans un semi-coma que ma boutique et mon arrière boutique faisaient relâche. Mais le gars insista. Je me dis que j’avais à faire à un gougeât, un mal au trou… quand il me supplia de lui trouver un cacheton car il avait la tête à se cogner contre les murs ; il avait le chou farci comme si ses cheveux poussaient à l’intérieur. J’allumais la chandelle et je constatais que mon gars était blanc comme un linge. Ça réveille  une vision pareille et le mec qui quelques instants plus tôt me chevauchait fort comme un Casaque ressemblait à un glaçon en train de se liquéfier. Comme il refusa que j’appelle les Pompelards ou le Samu, je lui fis avaler une bonne dose d’aspirine. Mais mon Don Juan se plaignait encore et cela dura jusqu’au matin. Autant dire que la journée me parut longue et vous dire que j’étais vannée, le soir je rentrais seul dans mon appart et tels Pimprenelle et Nicolas, j’éteignis les lumières sur le coup de la grand-messe du journal télévisé.

Vous allez dire pourquoi je vous raconte tout ça : nous savons tous que Mona a eu autant de gigolo dans sa carrée qu’il y a de sable dans la mer et que de temps en temps un de ses messieurs peut avoir quelques problèmes.

OK, je comprends mais un toubib m’a alerté sur ces maux de têtes subits suite à une montée au septième ciel. Un petit nombre de sujets et plus particulièrement des hommes se tapent des migraines en faisant grincer leur sommier. On parle de céphalée orgasmique.

Aussi, les filles si votre homme ressent une tension au niveau du cou ou est pris de maux de tête en lâchant son sirop, il est indispensable d’en parler à un toubib. Ces symptômes peuvent être le révélateur de problèmes graves.
Pour finir, je dois vous dire que mon gars, il a consulté. Rien de grave, il avait trop picolé avant notre rencontre et avait une casquette de plomb avec une visière en fonte. 

Mona des conseils à viser.

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En Chine, le niveau de vie moyen est encore faible. Mais dans les grandes villes il y a de plus en plus de gens fortunés et rien n’est trop beau pour eux. Ils ne savent plus comment dépenser les fortunes qu’ils amassent. Des commerçants malins leur proposent des articles chers et originaux qui leur permettent de se distinguer de la masse et Dieu sait qu’elle est nombreuse.

Tenez par exemple, un vendeur de fruits et légumes connait une réussite exceptionnelle à Pékin et Shangaï. Il achète des pêches dans la région de Hunan (Sud-Est de la Chine). Le climat y est parfait pour la culture des fruits. Aussi il offre à ses clients des pêches juteuses et savoureuses. Mais le vendeur a une idée. Wuxi, la ville proche des vergers est connue dans toute la Chine pour son industrie de lingerie. Il a commandé des milliers de culottes très petites taille et chacun de ses fruits est emballé dans un sous-vêtement sexy. Le résultat visuel est saisissant. Ça donne envie de croquer dedans…

C’est dans le viognier, que l’on trouve des arômes de pêches-abricot. Aussi Mona, versez, je vous prie, ce Condrieu 2008 du Domaine Gangloff. Un très grand vin aux notes de fruits jaunes, amandes et fleurs blanches.

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1958, Smithsonian Institute de Washington. Le musée réceptionne de la poste une enveloppe kraft. Elle contient un diamant bleu de 45.24 carats connu sous le nom de Hope. C’est le bijoutier Harry Winston qui a choisi ce mode discret pour expédier en toute discrétion la pierre la plus chère du monde. Curieux, pourquoi un joaillier ne cherche pas à vendre ce trésor ?

Ce diamant est pratiquement devenu invendable du fait de sa renommée. Ses propriétaires successifs ont connu de grands malheurs.

Remontons le temps pour suivre le périple de ce fabuleux diamant. Tout commence en 1668, un marchand du nom de Tavernier le ramène d’Inde pour le vendre au Roi-Soleil. Après qu’il fut taillé, il passe de 112.50 carats à 67.5 et est serti dans l’insigne de l’Ordre de la Toison d’or. Durant la Révolution, il est volé au garde-meuble national. En 1792. En 1812, un diamant bleu de forme ovale[1] et pesant 45.24 carats apparait en Angleterre. En 1824, il est acheté par un banquier londonien Henri Philip Hope qui lui donnera son nom. En 1856, l’hypothèse que ce diamant n’est rien d’autre que le Bleu de France qui appartenait à la famille royale de France est émise. La preuve n’en sera  apportée qu’au XXème siècle. Les voleurs ou les receleurs ont retaillé la gemme pour ne pas éveiller les soupçons.

En 1910, c’est Pierre Cartier, célèbre joaillier parisien qui est en possession du Hope. Il le présente à Evelyn Walsh McLean, richissime héritière américaine. Pour éveiller l’intérêt de cette femme, il raconte une histoire où les principaux intervenants gravitant autour du diamant ont connu le malheur. C’est le déclencheur de l’achat.

Ainsi, tout commence avec Tavernier qui aurait volé la pierre sur la statue de la déesse hindoue, Sita. Lors d’un autre voyage en Inde, il mourra sous les crocs de chiens sauvages. Louis XVI et Marie-Antoinette furent raccourcis. Le petit-fils de Hope fut ruiné. Madame Walsh qui avait acheté la pierre en connaissance de cause connut le bonheur pendant 10 ans. Mais après, il en fut autrement : son fils fut écrasé par une voiture, son mari devint fou et sa fille se suicidera quelque années plus tard. Il est certain que ça fait beaucoup.

Mais les chercheurs américains sont persuadés que cette histoire de malédiction a été fabriquée de toutes pièces par Cartier qui savait que sa cliente aimait les histoires rocambolesques. On trouva même un livre écrit à cette époque qui narre une aventure similaire. De plus après recherches, on a la preuve que ce diamant a bien été acheté par Tavernier et ce dernier mourut paisiblement à Moscou…

Cependant, la renommée de cette pierre est une aubaine pour le musée de Washington. Après la Joconde, c’est l’œuvre la plus visitée dans un musée.

Vous voyez ma Chère Mona, tout a été éclairci, la malédiction est bien une légende. Malgré les morts subites, les propriétaires de ce bijou ont vécu en moyenne plus longtemps que leurs contemporains. Bon, les tannins ont également des qualités qui peuvent vous conserver en bonne santé. Aussi nous allons déguster le Château des Tours 2009 (Brouilly). Logé dans une bouteille lourde, ce vin du Beaujolais est taillé pour la garde. A ce jour, il n’est pas encore sous son meilleur profil. A attendre.   

[1] Le Bleu de France avait la forme d’un cœur.

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Connaissez-vous Madame de Canillac ? Hormis quelques historiens, je suis certaine que vous n’aviez jamais entendu parler de cette marquise qui vécut au 18° siècle. Dame de compagnie de la duchesse de Bourbon, elle devient l’amante du duc de Bourbon, prince de Condé. L’ayant appris, la duchesse s’empressa de la congédier. Qu’à cela ne tienne, elle est placée comme dame d’atour de Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI. Quelques mois plus tard, elle devient la maîtresse du Comte d’Artois, frère de Louis XVI.

Autant vous dire que la petite, elle sait y faire. Il faut dire que ses contemporains la décrivent comme une jolie femme dont la fraîcheur efface les défauts.

Monsieur de Besenval raconte un incident qui se déroula à l’Opéra en 1778 :

Le comte d’Artois donnait le bras à Mme de Canillac, tous deux masqués jusqu’aux dents. La duchesse de Bourbon, née princesse d’Orléans, vient à les rencontrer, et, les ayant reconnus, s’attache à leurs pas, en les poursuivant des mots les plus piquants que la liberté du masque puisse autoriser. La duchesse de Bourbon avait pris on antipathie Mme de Canillac, par le double motif que celle-ci lui avait enlevé le cœur de son mari, et plus tard celui du comte d’Artois, sur lequel elle se trouvait elle-même avoir des prétentions. Mme de Canillac s’esquiva dans la foule, et la duchesse de Bourbon, s’emparant alors du comte d’Artois, prit la barbe de son masque et le leva avec une telle violence que les cordons qui l’attachaient se cassèrent. Hors de lui, furieux, il saisit de la main celui de la duchesse, le lui écrase sur le visage, et la quitte sans proférer un seul mot.

Cette anicroche aurait pu en rester là. Mais au cours d’un dîner, Mme de Bourbon raconta l’histoire et lança que le Comte était le plus insolent des hommes, et qu’elle avait pensé appeler la garde au bal de l’Opéra, pour le faire arrêter.

Ce propos se répandit bientôt et arriva jusqu’aux oreilles du roi. Celui-ci réunit tout ce beau monde à Versailles et demanda que cette affaire se terminât immédiatement.

Cependant, c’est au bois de Boulogne que les princes réglèrent leur différent. Ce duel à l’épée fort théâtral est relaté en détail par Besenval :

En effet, arrivés à la porte des Princes, ils aperçurent M. le duc de Bourbon, à pied, avec assez de monde autour de lui. Dès que M. le comte d’Artois l’eut vu, il sauta à terre, et, allant droit à lui, il lui dit en souriant :
— Monsieur, le public prétend que nous nous cherchons.

Le duc de Bourbon ôta son chapeau.
— Monsieur, répondit-il, je suis ici pour recevoir vos ordres.
— Et moi, pour exécuter les vôtres, répondit Son Altesse Royale.

Aussitôt ils entrèrent dans le bois, où ils firent environ une vingtaine de pas; M. le comte d’Artois mit l’épée à la main; le duc de Bourbon l’imita. Ils allaient commencer, lorsque le duc de Bourbon, adressant la parole à son adversaire, lui dit :
— Vous ne prenez pas garde, monsieur, que le soleil vous donne dans les yeux.

— Vous avez raison, répondit Son Altesse Royale. Allons vers le mur qui est plus loin, nous y trouverons de l’ombre, puisqu’il n y a pas encore de feuilles aux arbres.

Sur cela, chacun mit l’épée nue sous son bras, et les princes s’éloignèrent l’un à côte de l’autre, en causant ensemble. Tout le monde resta à la porte du bois, hormis le chevalier de Crussol, qui accompagnait Son Altesse Royale, et M. de Vibraye, qui suivit le dut de Bourbon.
Arrivés au mur, M. de Vibraye représenta aux deux champions qu’ils avaient gardé leurs éperons, ce qui pourrait les gêner.

— Vous avez raison, dirent les princes.
M. de Crussol enleva ceux du comte d’Artois; M. de Vibraye ôta ceux de M. le duc de Bourbon. Cela pensa coûter cher au premier, car, en se levant, il s’attrapa sous l’œil à la pointe de l’épée que le duc de Bourbon tenait encore sous le bras; un peu plus haut, il avait l’œil crevé.
Les éperons ôtés, M. le duc de Bourbon demanda permission à Mr le comte d’Artois d’ôter son habit, sous prétexte qu’il le gênait. M. le comte d’Artois jeta le sien ; et, la poitrine découverte, ils recommencèrent à se battre.
Ils ferraillèrent longtemps. Tout à coup le rouge monta au visage de Son Altesse Royale; l’impatience le gagnait; il redoubla, et pressa assez M. le duc de Bourbon pour lui faire rompre la mesure. Dans cet instant, M. le duc de Bourbon chancela ; la pointe de l’épée du comte d’Artois lui passa sous le bras; M. de Crussol et M. de Vibraye persuadés que le duc était blessé, s’avancèrent pour prier les princes de suspendre.
— Ce n’est pas à moi à avoir un avis, dit Son Altesse Royale ; c’est à M. le duc de Bourbon à dire ce qu’il veut; je suis à ses ordres.
Alors le duc de Bourbon baissa la pointe de son épée.
— Monsieur, dit-il, je suis pénétré de reconnaissance de vos bontés, et je n’oublierai jamais l’honneur que vous m’avez fait.
Le comte d’Artois ouvrit ses bras et courut l’embrasser. Dès le lendemain il alla faire ses excuses à Mme la duchesse de Bourbon.

Quant au roi, il parut profondément affecté du peu de déférence que l’on avait eue pour son autorité. Le comte d’Artois reçut l’ordre d’aller en exil à Choisy, et M. le duc de Bourbon à Chantilly; ils y restèrent huit jours.

Dois-je vous rappeler que les duels, source de nombreux décès de personnages illustres, étaient interdits depuis longtemps.
Tous les chroniqueurs de l’époque se délectèrent de cet événement. Mais ensuite, plus aucune trace de Madame de Canillac. De nos jours, on ignore même son prénom… vous dire…

Mona jamais eu deux gars qui se sont battus pour elle. Et pourtant c’est tellement romantique…

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Louis XV craignait la vérole aussi toute sa vie, il demanda à Dominique Lebel, premier valet de la chambre du roi, de sélectionner les filles qui devaient rejoindre sa couche. Pour assurer la santé de son maître, Lebel testait les conquêtes afin de voir si elles n’étaient pas poivrées. Mais en 1774, le roi, dit-on, rencontra une fille si jeune qu’il la crût vierge. Et pourtant la fillette lui refila la maladie tant crainte.
Deux ou trois jours avant sa mort, son corps était enflé comme un soufflé au fromage sortant du four, et il était couvert d’horribles pustules tellement suppurantes que les mouches ne voulaient plus s’y poser, si assommé par une fièvre de cheval qui le faisait délirer que dans sa tête il entendait déjà le bourdon de Notre-Dame annoncer sa mort.  Et pourtant même dans cet état pitoyable, Louis manifesta le désir de voir une dernière fois sa maîtresse, Madame du Barry. C’est Laborde, valet remplaçant Lebel décédé en 1768, qui introduisit (si j’ose dire) la Bécu (nom de jeune fille de la comtesse) auprès du monarque agonisant. Le moribond, bien qu’aussi frais qu’une morue ayant traîné un mois sur la plage de Saint-Tropez, eut la force de saisir les mains et un sein de la jeune femme en l’assurant du regret qu’il avait de perdre tant de beautés.

Ainsi, même à l’article de la mort, Loulou, expert et grand amateur de donzelles, pensait encore à explorer gorges et corsages comme au bon vieux temps.

Ma chère Mona, quelle époque, quel souverain !  Reprenons nos esprits et buvons ce rosé de Provence : Château Minuty 2013, cuvée Prestige. Un vin riche, velouté et frais. 

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Durant l’été on ne se tient pas toujours informé comme si l’actualité s’arrêtait avec les vagues et le soleil. Mais heureusement notre Journal, même durant les congés continue à éplucher le flot d’informations. Aussi, c’est avec un immense plaisir que nous annonçons que Nicole Vanzinghel a conservé haut la main son titre de championne du monde en la bonne ville de Leffrinckoucke située dans le Nord. Elle portait un maillot avec sept crevettes dessinées. Autant dire que cette concurrente écrase ce championnat gagnant en ce mois d’août son huitième titre sur les dix éditions (concours créé en 2005).

Vous allez me dire, mais dans quel sport Nicole est-elle si forte ? Il s’agit d’une discipline demandant adresse, rapidité et précision : le championnat de décorticage de crevettes grises.

Les concurrents venus de nombreux pays n’ont pas réussi à détrôner la championne qui enlève une nouvelle médaille d’or.

Mais elle n’a pas battu son record de 186 grammes. Cette année, elle réalisa 144 grammes en disant que les crevettes étaient trop humides. Ce n’est pas grave Nicole, l’année prochaine vous serez présente et viserez les 200 grammes.

Avec une championne de cette envergure, la France peut être fière de ses crevettes.

Vive la crevette, vive Nicole, vive la France.

Mona mangé 144 grammes de crevettes, miam, miam !

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Du temps des Romains, il fallait se méfier de ses maîtresses ou femmes. Les poisons ou aphrodisiaques étaient leur arme. Juvénal nous laisse ces quelques vers verres sur le sujet :

Heureux s’il n’en vient pas jusques à la fureur,
Comme ce forcené, ce féroce empereur
A qui Césonia, par un secret breuvage,
Inspira tout à coup moins d’amour que de rage.
Ce qu’une impératrice a bien osé tenter,
Quelle femme aujourd’hui craindra de l’imiter?
L’empire était en feu: tout allait se dissoudre:
Ou eût dit que Junon, du maître de la foudre
Venait de déranger le sublime cerveau.
Certes, le champignon qui mit Claude au tombeau,
N’a point d’un tel désastre effrayé nos murailles;
D’un infirme vieillard déchirant les entrailles,
Il n’a fait que hâter son destin glorieux,
Et le précipiter à la table des dieux.
Mais l’oncle de Néron, altéré de carnage,
A peine du poison a senti le ravage,
Il brûle, il assassine et des petits, des grands,
Pêle-mêle égorgés, le sang coule à torrents.
Voilà l’effet cruel d’une coupe amoureuse!
Voilà les maux produits par une empoisonneuse!

Mais qui était cette Césonie ? C’est la quatrième femme de Caligula. Et il vrai que cet empereur devint réellement fou quelques mois après être monté sur le trône. Eperdument amoureux, il avait pour habitude de la présenter nue à ses compagnons d’orgie ou même à ses soldats. Il arrivait même parfois qu’il l’obligea à s’offrir à un autre homme. Malgré toutes ces humiliations et les multiples tromperies, elle lui restera fidèle. En l’an 41, Caligula obligea les sénateurs habillés en femme à tirer son char. Quelques jours  plus tard, il fut assassiné. Césonie fut transpercée en son sein et mourut. 

Mona, j’espère que vous n’ajoutez rien dans nos verres ! Bien puisque vous me l’assurez, je vous convie à tester ce Fixin 2009 du Domaine des Tilleuls. Décidément le millésime 2009 nous offre des vins faciles à boire, ronds, fruités et épicés. Bravo Damien.

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Je suis toujours étonné par toutes les études qui sont publiées sur nos comportements. Certes, il faut bien que les sociologues s’occupent et que les instituts de sondages montrent leur utilité. Mais quand même !

Ainsi un sociologue a travaillé sur le temps d’occupation des toilettes pour la petite commission. Il en ressort qu’un Français urine en 1minute 24 secondes alors qu’un Japonais n’a besoin que de 31 secondes. Le Britannique flegmatique par nature prend 2 minutes pour faire sa petite affaire. Chez les dames, le classement est le même : la Française ressort après 2 minutes et 33 secondes, la Japonaise après 37 secondes et la lady après 3 minutes et 25 secondes. Le savant se croit obligé de justifier l’écart homme/femme du fait de raisons physiologiques. Purée, on ne le savait pas …le temps que la femme, elle enlève son harnachement, nettoie la lunette… elle reste forcément plus longtemps. Poussant la conscience professionnelle au delà du raisonnable, notre homme a constaté que le temps passé augmente dans les toilettes publiques. Du fait de la promiscuité (promise cuitée chez les femmes), le pipi sort plus difficilement.

Comment expliquer que le Nippon mette si peu de temps ? Je repensais à la taille de la zigounette publiée dans un article de ce journal. Il mettrait moins de temps à la sortir et à la rentrer ?

Que nenni. Notre socio souligne que si l’occidental visite ses gogues 3 fois par jour en moyenne pour changer l’eau des poissons, l’Asiatique y séjourne plutôt cinq fois. Malheureusement, rien dans l’étude n’explique ces différences. Ont-ils une vessie plus petite, sont-ce des habitudes culturelles ? Est-ce le confort des gogues ?

Bon après la lecture d’informations aussi capitales pour l’avenir de l’humanité, on se dit que le gars devrait maintenant s’intéresser à la grosse commission. Il faut avouer que vous avez forcément remarqué que ce sujet capital pour notre santé est source de nombreux articles dans ce journal…

Ma chère Mona, pour pisser, il faut boire. Aussi, je vous convie à tester ce Macon du Domaine Olivier Merlin La Roche Vineuse, les Cras 2009. Un vin blanc enchanteur !

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Purée de ta mère ! Un bruit d’enfer se dégage de ma bagnole au niveau des roues. Arrêt chez le garagiste qui sans hésiter diagnostique un problème de cardan. Quèsaco, lui lançais-je ? Avec la rapidité de l’éclair, il me jette à la face : le joint de cardan, dénommé abusivement cardan permet au moteur de transmettre l’énergie aux roues, indépendamment des oscillations que subissent ces roues du fait des inégalités de la chaussée.

C’est pas plus clair pour moi, mais ça en bouche un coin. Désarçonnée mais pas battue, je lui demande : et pourquoi cardan ? S’essuyant les pognes dans un tissu maculé de graisse, de sueur et de cambouis… il me regarde comme si je lui demandais de pondre un œuf. Sa maïs vissée sur les babines, il a le regard aussi vitreux que la pyramide du Louvre. Après un silence long comme un hiver sibérien, il finit par lâcher : on a toujours dit cardan, ma p’tite dame, un point c’est tout. Alors vous me la laissez votre chignole ?

Rentrée à pinces at home, je me jette sur l’ordi pour chercher tout ce qui se dit sur le cardan.

Illico, la toile me révèle que c’est le blaze d’un mathématicien Italien de la Renaissance : Girolamo Cardano. En plus, le rital, il était médecin, philosophe, astrologue. Et dans le genre savant touche à tout, il a rien à envier à Léonard de Vinci. Plus de deux cents ouvrages scientifiques au compteur, ça oblige au respect. Entre autres, Girolamo il a résolu les équations du troisième et quatrième degré. Il fut pionnier dans le domaine de la statistique et des probabilités. Il a établi le rapport entre la densité de l’air et celle de l’eau. En médecine, il élabora nombre d’onguents pour soulager la douleur et les infections.

Par contre, la vie du Macaroni, c’est pas la joie. Fils illégitime d’un jurisconsulte, sa mère lui répète qu’elle s’était faite tricoter le moujingue et que s’il était là, c’était pas voulu. Et pour appuyer son discours, elle lui flanque des baignes à lui faire cracher son dentier. Malgré tout, le petiot poursuit de brillantes études. Il se marida sur les 31 balais ; après douze ans, sa femme le rend veuf avec deux marmots à élever. L’ainé empoisonne son épouse et est exécuté. Son second fils le cambriole puis le dénonce à l’Inquisition. Avouez que ça fait beaucoup pour un seul homme.

Mais revenons sur ce second fils, Aldo. Pourquoi a-t-il volé son paternel ? Pour effacer des dettes de jeux. Il faut dire que Girolamo, il lui a passé le virus. Dans sa jeunesse, grâce à ses travaux sur les probabilités, il devient un redoutable joueur. Mais Aldo, c’était pas une lumière !

Quant à son arrestation sur dénonciation du fiston, c’est dû à sa passion pour l’astrologie. Et le bougre, il a voulu reconstituer l’horoscope du Christ et voulu démontrer que la mort de Jésus était due à la conjonction de deux planètes. Et l’inquisiteur, il rigole pas avec ces choses là. Cardano est condamné à une forte amende et jeté en prison. Radié de la fac et de revenus, il abjure pour retrouver la liberté.

Il finit sa vie à Rome et perçoit une pension du Pape. Le 21 septembre 1576, âgé de 75 ans, il meurt. De nombreux contemporains affirment que Cardano avait annoncé sa mort au jour exact. Comme une revanche d’astrologue. Mais des historiens sont persuadés qu’il s’est suicidé pour accomplir sa prédiction.

Autant vous dire que le garagiste, je ne lui ai parlé de Girolamo. Par contre, j’avais pas prévu que la réparation me couterait un bras. Bonne mère, le joint de Cardano, c’est cher.

Mona joint la culture à la mécanique.

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