Le boa n'est pas toujours triste au fond du corps

Maurice Donnay (1859-1945) est un auteur de pièces de boulevard qui remporta un immense succès.  Il fut reçu à l’Académie Française en 1901. Et pourtant à ses débuts, il fut chansonnier et composa avec Alphonse Allais des chansons pleines d’humour qui ravirent le public du célèbre cabaret Le Chat Noir. La plus célèbre fut :

 Le Serpent et le Cor de Chasse

Un jour, un grand serpent, trouvant un cor de chasse,
Pénétra dans le pavillon ;
Et comme il n’avait pas beaucoup de place,
Dans l’instrument le reptile se tasse.
Mais terrible punition !
Quand il voulut revoir le grand air et l’espace
Et la vierge forêt au magique décor,
Il eut beau tenter maint effort,
Il ne pouvait sortir du cor,
Le pauvre boa constrictor ;
Et, pâle, il attendit la mort.

Moralité
Dieu ! Comme le boa est triste au fond du cor !

Dans la vie, il aimait à lancer quelques bons mots :

  • Il trompait tellement sa maîtresse qu’on pouvait penser qu’elle était sa femme légitime.
  • Il y a tant de femmes qui le lendemain de leur mariage, sont veuves du mari qu’elles avaient imaginé.
  • Si les femmes entraient à l’Académie, le dictionnaire lui-même ne saurait plus placer un mot.

Sacré Maurice, à force de rire, il m’a donné soif. Pas vous ma p’tite Mona ?
A la bonne heure, nous allons déguster un vin explosif : Le Muscat du Domaine Kurubis, « Soltane » 2008. Un vin tunisien riche, fruité et qui laisse une bouche fraîche. Que du bonheur !

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La lecture du Satyricon nous renseigne sur la vie décadente des Romains. On y partage notamment le festin de Trimalcion. Esclave affranchi par son maître et ayant hérité de sa fortune, il est assez vulgaire. Il mène grand train et aime s’entourer d’une cour d’esclaves affranchis comme lui, qui rit et applaudit à toutes ses frasques. Ainsi, au cours de ce fameux banquet, après avoir servi moult plats, il demande à Gaius, son cuisinier, de préparer au plus vite un cochon. En quelques minutes, le porc est sur la table :

La compagnie aussitôt de se récrier sur la diligence du cuisinier ; chacun jurait qu’il aurait fallu plus de temps à un autre pour cuire un poulet ; et ce qui augmentait encore notre surprise, c’est que ce cochon nous paraissait beaucoup plus gros que le sanglier qu’on nous avait servi un peu auparavant. Cependant, Trimalcion l’examinant avec une attention toujours croissante :

- Que vois-je ? dit-il ; ce porc n’est pas vidé ! Non, certes, il ne l’est pas. Courez, et faites-moi venir ici le cuisinier.

Le pauvre diable s’approche de la table, et, en tremblant, confesse qu’il l’a oublié.

- Comment, oublié ! s’écrie Trimalcion en fureur. Ne dirait-on pas, à l’entendre, qu’il a seulement négligé de l’assaisonner de poivre et de cumin ? Allons, drôle, habit bas !

Aussitôt le coupable est dépouillé de ses vêtements et placé entre deux bourreaux. Sa mine triste et piteuse attendrit l’assemblée, et chacun s’empresse d’implorer sa grâce :
- Ce n’est pas, disait-on, la première fois que pareille chose arrive ; veuillez, nous vous en prions, lui pardonner pour aujourd’hui ; mais, si jamais il y retombe, personne de nous n’intercédera en sa faveur.

Trimalcion se dérida tout à coup :
- Eh bien ! lui dit-il en riant, puisque tu as si peu de mémoire, vide à l’instant ce porc devant nous.

Le cuisinier remet sa tunique, se saisit d’un couteau, et, d’une main tremblante, ouvre en plusieurs endroits le ventre de l’animal. Soudain, entraînés par leur propre poids, des monceaux de boudins et de saucisses se font jour à travers ces ouvertures qu’ils élargissent en sortant.
À la vue de ce prodige inattendu, tous les esclaves d’applaudir et de s’écrier : Vive Gaius ! Le cuisinier eut l’honneur de boire en notre présence ; de plus, il reçut une couronne d’argent.

Bon Mona, çà donne faim et soif. J’ai choisi un vin de Rully. Cécile et Vincent Dureuil ont réussi un grand vin avec ce 1er cru 2009. Un fruit magnifique et une trame d’une finesse à rendre jaloux une fille lors d’un défilé de mode…

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Sans moi, Topor n'aurait jamais écrit ce livre

Hilarant ! Les Mémoires d’un vieux con de Topor sont un régal. L’auteur anonyme de cette tranche d’histoire de l’art qui couvre la fin du XIXème et une bonne partie du XXème siècle, est un artiste peintre qui est à l’origine de tous les mouvements qui ont germé au cours de cette période. On rencontre tous les grands qui doivent tant à l’auteur. Et pourtant, son génie a été oublié. Un livre de 150 pages que vous dévorerez.

Je les ai tous connus, tous! [...] C’est moi qui leur ai donné leurs meilleures idées, moi qui leur ai montré le chemin de l’Art moderne. Ils se sont contentés de suivre la voie tracée par mon Œuvre. Un homme peut incarner l’Histoire. J’ai été cet homme-là pour l’histoire de l’art. L’aveu me coûte, car il peut passer pour celui d’un cuistre ou d’un vaniteux. Ce n’est pas le cas. J’aurais préféré me taire et que d’autres reconnaissent mes mérites. Hélas! Ils confondent tout. Leur myopie est telle qu’ils ne distinguent même pas le vrai du faux, le génial du poussif. À la fin, j’étouffe et je crie la vérité pour qu’elle ne me tue pas. Je suis celui par lequel le scandale est arrivé. C’est moi qui ai tout changé. Pourquoi? Parce que tel était mon bon plaisir. Parce que je voulais laisser une empreinte indélébile dans la mémoire des hommes. On a cru acheter mon silence en m’offrant de l’argent. Beaucoup d’argent. Mais je ne me tairai pas. Je trouve insuffisant le pont d’or sous lequel on a tenté de m’enterrer. Et puis j’ai besoin de me venger. Oh! je n’ai pas à me plaindre! On m’a fait la vie belle. Ma colère vient d’ailleurs. Et d’abord de la médiocrité de mes contemporains! En rédigeant ces Mémoires, les noms des plus fameux viennent au fil de ma plume et j’entends d’ici les exclamations de surprise, les cris d’admiration!  Quelle farce! Je les ai tous connus. Et alors? Et après? Ils étaient pour la plupart mesquins, vaniteux, terriblement intéressés, sans scrupule, immoraux, bluffeurs, prétentieux, aigris, ratés. Ils m’ont tout volé. Même ce que je ne possédais pas.

Mona peint les plus belles œuvres du siècle en pensant à vous. En un mot çà ma muse !

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Mona est décidément partout

Leur première BD : « Robert Parker, les sept péchés capiteux » a été vendue à plus de 20.000 exemplaires même si le sujet n’est pas « grand public ». Benoist Simmat et Philippe Bercovici récidivent avec : « Les Caves du CAC 40, les dix commandements du vin« . Ils relatent l’intérêt de nos grands capitaines d’entreprises, François Pinault, Bernard Arnauld, Martin Bouygues, pour les grands vignobles de Bordeaux. Ces hommes se sont portés acquéreurs du Château Latour (1er Cru Classé de Pauillac), Château d’Yquem (1er Cru Exceptionnel de Sauternes), Château Cheval Blanc (1er Grand Cru Classé A de Saint Emilion) et Château Montrose (2ème Cru Classé de Saint-Estèphe).
Comme pour le premier tome, une documentation fournie, de l’humour tant dans les textes que les dessins.
Un bon moment avec ces financiers qui ont compris avant tout le monde que les grands vins, ce n’est plus du vin…

Si comme nous, vous ne pouvez que regarder les étiquettes de ces Châteaux mythiques, faîtes un tour sur leur magnifiques sites.

Bon, ma chère Mona, comme nous n’avons plus les moyens de boire ces flacons, je vous invite à quitter Bordeaux pour déguster le Beaujolais Villages 2009 de Jean-Charles Pivot. A ce prix là, c’est un régal fruité et épicé.

 

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Il y a quelques jours, je vous présentais Alfred de Musset sous un jour que l’on ne trouve pas dans les livres scolaires. Aujourd’hui, je vous propose la lecture d’un texte court de Guy de Maupassant. Cette farce devrait rappeler de bons souvenirs à quelques uns d’entre nous :

La farce que je veux dire date de ma première jeunesse. J’avais quinze ans, et je venais passer chaque vacance chez mes parents, toujours dans un château, toujours en Picardie.
Nous avions souvent en visite une vieille dame d’Amiens, insupportable, prêcheuse, hargneuse, grondeuse, mauvaise et vindicative. Elle m’avait pris en haine, je ne sais pourquoi, et elle ne cessait de rapporter contre moi, tournant en mal mes moindres paroles et mes moindres actions. Oh ! la vieille chipie ! Elle s’appelait Mme Dufour, portait une perruque du plus beau noir, bien qu’elle fût âgée d’au moins soixante ans, et posait là-dessus des petits bonnets ridicules à rubans roses. On la respectait parce qu’elle était riche. Moi, je la détestais du fond du cœur et je résolus de me venger de ses mauvais procédés.
Je venais de terminer ma classe de seconde et j’avais été frappé particulièrement, dans le cours de chimie, par les propriétés d’un corps qui s’appelle le phosphure de calcium, et qui, jeté dans l’eau, s’enflamme, détone et dégage des couronnes de vapeur blanche d’une odeur infecte. J’avais chipé, pour m’amuser pendant les vacances, quelques poignées de cette matière assez semblable à l’œil à ce qu’on nomme communément du cristau.

J’avais un cousin du même âge que moi. Je lui communiquai mon projet. Il fut effrayé de mon audace.
Donc, un soir, pendant que toute la famille se tenait encore au salon, je pénétrai furtivement dans la chambre de Mme Dufour, et je m’emparai (pardon, mesdames) d’un récipient de forme ronde qu’on cache ordinairement non loin de la tête du lit. Je m’assurai qu’il était parfaitement sec et je déposai dans le fond une poignée, une grosse poignée, de phosphure de calcium.

Puis j’allai me cacher dans le grenier, attendant l’heure. Bientôt un bruit de voix et de pas m’annonça qu’on montait dans les appartements ; puis le silence se fit. Alors, je descendis nu-pieds, retenant mon souffle, et j’allai placer mon œil à la serrure de mon ennemie.

Elle rangeait avec soin ses petites affaires. Puis elle ôta peu à peu ses hardes, endossa un grand peignoir blanc qui semblait collé sur ses os. Elle prit un verre, l’emplit d’eau, et enfonçant une main dans sa bouche comme si elle eût voulu s’arracher la langue, elle en fit sortir quelque chose de rose et blanc, qu’elle déposa aussitôt dans l’eau. J’eus peur comme si je venais d’assister à quelque mystère honteux et terrible. Ce n’était que son râtelier. Puis elle enleva sa perruque brune et apparut avec un petit crâne poudré de quelques cheveux blancs, si comique que je faillis, cette fois, éclater de rire derrière la porte. Puis elle fit sa prière, se releva, s’approcha de mon instrument de vengeance, le déposa par terre au milieu de la chambre, et se baissant, le recouvrit entièrement de son peignoir. J’attendais, le cœur palpitant. Elle était tranquille, contente, heureuse. J’attendais… heureux aussi, moi, comme on l’est quand on se venge.

J’entendis d’abord un très léger bruit, un clapotement, puis aussitôt une série de détonations sourdes comme une fusillade lointaine.
Il se passa, en une seconde, sur le visage de Mme Dufour, quelque chose d’affreux et de surprenant. Ses yeux s’ouvrirent, se fermèrent, se rouvrirent, puis elle se leva tout à coup avec une souplesse dont je ne l’aurais pas crue capable, et elle regarda…
L’objet blanc crépitait, détonait, plein de flammes rapides et flottantes comme le feu grégeois des anciens. Et une fumée épaisse s’en élevait, montant vers le plafond, une fumée mystérieuse, effrayante comme un sortilège.
Que dut-elle penser, la pauvre femme ? Crut-elle à une ruse du diable ? A une maladie épouvantable ? Crut-elle que ce feu, sorti d’elle, allait lui ronger les entrailles, jaillir comme d’une gueule de volcan ou la faire éclater comme un canon trop chargé ?
Elle demeurait debout, folle d’épouvante, le regard tendu sur le phénomène. Puis tout à coup elle poussa un cri comme je n’en ai jamais entendu et s’abattit sur le dos. Je me sauvai et je m’enfonçai dans mon lit et je fermai les yeux avec force comme pour me prouver à moi-même que je n’avais rien fait, rien vu, que je n’avais pas quitté ma chambre.

Je me disais : « Elle est morte ! Je l’ai tuée ! » Et j’écoutais anxieusement les rumeurs de la maison.
On allait ; on venait ; on parlait ; puis, j’entendis qu’on riait ; puis, je reçus une pluie de calottes envoyées par la main paternelle.
Le lendemain Mme Dufour était fort pâle. Elle buvait de l’eau à tout moment. Peut-être, malgré les assurances du médecin, essayait-elle d’éteindre l’incendie qu’elle croyait enfermé dans son flanc. Depuis ce jour, quand on parle devant elle de maladie, elle pousse un profond soupir, et murmure : « Oh ! Madame, si vous saviez ! Il y a des maladies si singulières… »
Elle n’en dit jamais davantage.

Bon Mona, je dois vous avouer que j’ai bien ri avec cette farce et que çà m’a remémoré des souvenirs d’enfance ! Bon trêve de mélancolie. Vite sortez deux verres : la Syrah 2008 de Jean Michel Gerin est une explosion (si j’ose dire) de fruits. Quelle gourmandise !

 

rêve

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C’était, il y a 25 ans, une chanteuse, Rika Zaraï, faisait un carton en vendant à plus d’un million d’exemplaires un livre de médecine naturelle basée sur les plantes. Elle y encourageait notamment le bain de siège dans l’eau froide qui pris chaque matin guérirait en autres de la déprime.

La chanteuse aussi médecin que je suis spécialiste en tricot, avait pompé les dits conseils dans des publications anciennes.

Le hasard de mes lectures m’a fait découvrir un ouvrage du début du XX° siècle écrit par le Docteur Narodetzki  : la Médecine Végétale Illustrée.

Parmi, les conseils prodigués : lorsqu’une femme est nymphomane, lui  administrer des bains de siège froids et … lui faire contracter un mariage au plus vite (dans le texte).

Mais le brave médecin ne précise rien sur la santé du quidam. Je pense, personnellement, que ce futur marié devrait être doté d’une forte constitution pour satisfaire sa future moitié et espérer une certaine fidélité à la suite d’un tel « compromis » (autrement dit, fiancée)…


Mona pas froid aux yeux ni ailleurs … d’ailleurs…

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Sur les bancs de l’école, beaucoup d’entre nous ont appris des vers de Musset. Et la vie du poète nous était présentée toute lisse. Un écrivain romantique fauché à 47 ans à cause de problèmes pulmonaires…

En lisant la biographie de Gonzague Saint Bris, on découvre un écorché, ivrogne, fumeur, fréquentant assidument bordels et tripots. Un dandy qui dépense l’argent de ses parents et qui papillonne de femme en femme, se lassant de toutes ; mais écrivant de magnifiques textes d’un jet, sans ratures.

Le 12 février1852[1], Alfred de Musset est élu à l’Académie Française. Au mois de mai suivant, il fait son entrée officielle en habit vert et le soir même, il s’en va souper au Palais Royal où son ami, Arsène Houssaye l’aperçoit ainsi :
« Au dessert, grand bruit dans les escaliers. On éclaire la descente funèbrement joyeuse d’un homme ivre mort. On s’informe, c’est Alfred de Musset qui pour fêter son introduction a payé à dîner à un bordel. »

Quelques jours plus tard, Sainte-Beuve l’admoneste. Musset lui répond :
-Mais vous allez bien au bordel, vous aussi !
-Oui, mais, moi, je n’y demeure pas !

Son vice est désormais de notoriété publique, ce qui fait dire à ses collègues du Quai de Conti[2] lorsqu’il est absent de la séance hebdomadaire :
-Monsieur de Musset s’absente
-Vous voulez dire qu’il s’absinthe !

L’homme est un loup pour ses frères, n’est-il point Mona. Bon, ben, nous, on est des adultes, on pourrait p’t-être sans faire un petit. Cà, le fait est. Seulement le tout venant a été piraté par les mômes.

Mais, je vous rassure Mona, on ne va pas se lancer dans le bizarre. Je vous propose un Champagne Jacquesson Avizé Grand Cru 2000. Une explosion de fleurs, de minéralité, une bouche tout en finesse et quelle longueur en bouche.


[1] Soit cinq ans avant son décès le 2 mai 1857
[2]
Adresse de l’Académie

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Mona en appelle aux gloires de la France. Sauvons la cuisine française.

Décidément, depuis quelques temps, documentaires, livres sur notre restauration, nos produits alimentaires et notre cuisine. Ainsi, cette semaine, Michael Steinberger, un américain amoureux de la France, nous met en garde. Il vient d’écrire : « La Cuisine française, un chef d’œuvre en péril ». Dans une interview à l’Express, il déclare notamment :

Steinberger : Vous êtes parmi les premiers consommateurs de McDonald’s dans le monde et certaines études indiquent que la France atteindra en 2020 le même taux d’obésité que les Etats-Unis. Votre exception gastronomique se meurt et vous ne faites rien pour la sauver. Prenez l’exemple des fromages : chaque année, plusieurs variétés disparaissent dans l’indifférence. Je raconte dans mon livre une discussion passionnante avec Philippe Alléosse, l’un de vos meilleurs fromagers. Il me disait que ses clients américains, anglais ou japonais avaient l’air plus préoccupés par le sort des fromages au lait cru que les Français eux-mêmes …

L’express : Pourquoi ne pas avoir aussi mis l’accent dans votre enquête sur les bonnes nouvelles, comme le retour du bon pain?

Steinberger : Le pain est un bon exemple. Certes, il est aujourd’hui meilleur que dans les années 1960. Mais, comme l’affirme le chercheur américain Steven Kaplan, qui a d’ailleurs beaucoup contribué à ce sursaut qualitatif, il y a seulement 15 % de « bonnes » boulangeries en France. La qualité est donc devenue l’exception.

Françaises, Français, réveillez-vous, défendez votre patrimoine. Pain, fromages, vins et autres sont notre identité. Alors cocorico ! Comme le dit Steinberger : « c’est aussi pour mes enfants que je souhaite que la France reste le pays où l’on mange le mieux dans le monde. »

Manger, ok, et si en plus on peut boire un bon vin… Qu’en pensez-vous Mona ? Ben, je vois que vous avez déjà lavé deux verres. Allez, c’est ma tournée : Château Simone 2006. Ce « Palette » puissant et de belle structure fait honneur aux vins du Sud de la France. Mona, commandez en une « palette »…!!!!!

http://www.fromage-alleosse.com/
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Jean-Pierre Marielle fait partie de ces acteurs qui semblent incarner le Français, gaulois, gourmand, jouisseur, excessif, soupe au lait… Dans « Le grand n’importe quoi », il se livre un peu, avec nonchalance, revendiquant le droit à la paresse. Certes, ce livre ne fera pas date dans l’histoire de la littérature ou des mémoires, mais c’est l’occasion de lever un coin du rideau. J’y ai relevé cette définition :

NAVET(S)
Il m’est arrivé de me laisser un peu aller et de tourner des idioties, souvent des rôles de sauteurs de canapé, de dragueurs de troisième division. Curieusement, quand il s’agissait de théâtre et de télévision, j’ai fait preuve de plus de discernement, je crois. (On trouverait bien quelques exceptions.)
Mais ce n’est pas si grave: lorsqu’on tourne un navet, on pense à la viande que l’on pourra acheter avec le cachet. Et ça passe bien, je n’ai pas l’estomac délicat.

Allez, Monsieur Marielle, nous levons, Mona et moi, notre verre à votre santé et à la mémoire de Jean Carmet : ce sera un Bourgueil, évidemment. Le Pied de la Butte 2007 de Jacky Blot est un vin de gourmand, tout sur le fruit.

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Bon appétit

Dans un article précédent, je vous ai présenté la cuisine moléculaire. J’y faisais référence à un ouvrage fort intéressant de Jorg Zipprick. Ce dernier a écrit « Les dessous peu appétissants de la cuisine moléculaire« . Si vous avez quelques instants, lisez donc cet extrait de son ouvrage. Edifiant, appétissant !

La «nouvelle cuisine espagnole», la « cuisine d’avant-garde » ou la « cuisine techno-émotionnelle » n’a rien de nouveau ni d’espagnol. Elle utilise les éléments clés des plats cuisinés bon marché que l’on trouve dans les rayons des supermarchés du monde entier.
Elle ne peut rien sans additifs. Sans additifs, point de spirale d’huile d’olive, ni de ravioles sphériques ou autres ambres de cèpes.La plupart des additifs utilisés en cuisine moléculaire sont des hydrocolloïdes. Ce sont des substances fort utiles qu’on connaît de notre vie quotidienne: sans hydrocolloïdes, point de pansement nouvelle génération (« cicatrisation rapide ») ni de ketchup, crème fraîche, poudre à gâteau, glace, shampoings, dentifrices et cires à chaussures à texture « agréable ». On emploie par exemple la méthylcellulose (E461) dans le traitement de la constipation et des hémorroïdes, mais aussi comme lubrifiant, comme additif au mortier ou à la colle à papier peint, et même au cinéma où l’on s’en sert pour les effets spéciaux (bave de monstres) ou comme liquide corporel masculin dans les films pour adultes.
Si les hydrocolloïdes sont fort utiles pour de nombreuses industries, que font-ils sur nos assiettes? Certes, l’industrie alimentaire est sous pression de coûts, elle doit produire de la nourriture pas chère qui doit se conserver longtemps sans perdre en goût ou en texture. Mais pour des plats frais, préparés derrière vous, dans une cuisine de restaurant? J’allais oublier: ces hydrocolloïdes sont très bon marché, ils permettent de servir « beaucoup» avec des effets visuels spectaculaires pour une somme dérisoire. Voilà une recette pour cuisiniers moléculaires.
Ces hydrocolloïdes sont-ils nocifs? Ce n’est pas pour rien qu’on en vend comme laxatif aux États-Unis. Les associations de consommateurs listent diarrhée, flatulence et sentiment de malaise comme effets secondaires possibles. N’oublions pas que ces indications se réfèrent toujours à des dosages normaux. Pour ce qui est des énormes quantités utilisées dans la cuisine moléculaire, il n’existe que peu d’investigations, voire pas du tout. Aucune chaîne de fast-food, aucun producteur industriel ne se risquerait à nous gaver de vingt ou trente plats pleins d’additifs chimiques.
Sur cette question, l’auteur américain Michael Booth a écrit dans son ouvrage Sacré Cordon bleu: « un de mes amis, chef cuisinier, a calculé avoir ingéré près d’un demi-kilo de gélatine au cours d’un dîner à El Bulli ». Un calcul intéressant : selon le journaliste néerlandais Will Jensen, rédacteur en chef du magazine Bouillon et éditeur d’un guide d’additifs, nous mangeons environ trois kilos d’additifs par an. Si le calcul de Sacré Cordon bleu est correct, une seule visite au restaurant moléculaire nous ferait ingérer 16% de notre consommation annuelle.
Autre détail important : on ne sait rien ou presque des interactions entre additifs ni de leurs répercussions sur l’organisme. La loi fait comme si les aliments ne contenaient qu’un seul additif et comme si les autres existaient à coté sans en être affectés.

Bon moi, en lisant çà, j’ai vomi. Une seule chose me rassure : avec le renard que j’ai posé, je vais pouvoir faire un peu de mortier ou de la colle à papier peint. Rien ne se perd, tout se transforme.

Désolé, Mona, mais exceptionnellement aujourd’hui, je ne vous proposerai pas un coup à boire. Pas envie !!!

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Le fameux bleu de Sèvres (ou de chèvre ?)

Madame de Pompadour fut souvent l’inspiratrice de Louis XV notamment en matière d’arts. Ainsi elle lui fit acquérir la Manufacture de Sèvres. Son ambition était de percer le secret de la porcelaine dure fabriquée en Saxe. Dans « Bleu de Sèvres », Jean-Paul Desprat nous relate avec talent cette affaire d’espionnage qui amènera Sèvres au firmament. Bien sûr comme toujours dans les romans historiques, il faut accepter que les héros soient toujours au bon moment et bon endroit… mais c’est tellement bien documenté et le rythme si enlevé que l’on se laisse porter par l’auteur. Ce roman se lit comme un policier.

Je ne trahirais pas ce texte pour vous laisser le suspense. Aussi je me contenterai de parler très brièvement de Böttger. Ce jeune chimiste fut au service de l’Electeur de Dresde qui l’embaucha pour travailler au secret de la « teinture rouge », c’est-à-dire la transmutation de l’argent en or. La croyance des alchimistes était qu’en chauffant de l’argent à des températures dont personne n’avait eu la maîtrise jusque là, on parviendrait à le transmuer en or.

C’est au cours de ses recherches que Böttger eut l’idée d’utiliser une terre extrêmement réfractaire et de la mélanger à de l’albâtre, qui une fois fortement chauffée devint une céramique très dure….La Saxe eut le monopole de la « porcelaine dure » en Europe durant 60 ans.

Mona pas de Sèvres, mais elle mange du chèvre…. et vous ?

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