asparagi

Nous sommes en pleine saison des asperges. Je les aime beaucoup. Aussi, bien que deux articles lui aient été consacrés lors des derniers jours (le 4 et le 5 mai), je ne résiste pas au plaisir de vous relater quelques anecdotes savoureuses à son sujet.

Grimod de La Reynière, parle de ses propriétés aphrodisiaques : « Ce légume ne convient qu’aux riches parce qu’il n’est pas substantiel et légèrement aphrodisiaque. C’est un manger délicat ».

Si dans les guides de savoir vivre, il est permis de la manger à la main, on lit dans le « Manuel de civilité pour les petites filles », paru dans les années 1930 : « Ne faites pas aller et venir une asperge dans votre bouche en regardant languissamment le jeune homme que vous voulez séduire ».

Le fameux pot de chambre

Marcel Proust, dans « A la recherche du temps perdu », parle à plusieurs reprises de l’asperge. Il souligne notamment le parfum que prennent les urines après un plat d’asperges :

« Mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied,-encore souillé pourtant du sol de leur plant,-par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum. »

******

Le marquis de Cussy, préfet du palais de l’empereur Napoléon 1er, avait invité sa jeune maîtresse à une partie de campagne. Elle s’excusa en disant qu’elle devait se rendre à une fête familiale. Gourmand, le marquis alla aux Halles en vue de faire un bon déjeuner. Il vit deux bottes d’asperges, les seules arrivées du jour asperges-achatdans la capitale. Il voulut les acheter, mais il fut devancé par quelqu’un. Décidément, ce n’était pas son jour…
Le soir, sa maîtresse était de retour. Elle raconta avec moult détail sa journée. Au moment de l’étreinte, la jeune femme se soulagea d’un besoin naturel. C’est alors que le marquis s’énerva :
- Julie ! Julie ! Tu me trompes !
- Mais enfin Louis, comment pouvez-vous penser cela ?
- Où as-tu déjeuné ?
- Chez ma mère… je vous l’ai dit.
- Ne me mens pas ! Tu as mangé chez l’ambassadeur d’Espagne.
- Mais…
- Oh, arrête, je sais que dans tout Paris, il n’y avait que deux bottes d’asperges. Et c’est son maître d’hôtel qui les a achetées devant moi ce matin. Or, le parfum de tes urines indique avec certitude que tu as mangé des asperges il y a peu de temps.

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Que ce soit Marcel ou Julie, ils auraient dû lire le « Nouveau Dictionnaire de Médecine » qu’avait publié au début du XIX° siècle, le Docteur Béclard, qui fut membre de l’Académie Royale de Paris. Il écrit :
« L’asperge communique à l’urine une mauvaise odeur qu’on change en celle de la violette par l’addition de quelques gouttes de térébenthine.« 

Donc Marcel, vous eussiez connu le truc, point d’odeurs désagréables dans votre chambre. Quant à vous, Julie, vous eussiez pu jouer des castagnettes  et croquer l’asperge espagnole sans risque de vous faire pincer…..

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Finissons (temporairement ?) notre balade au pays de l’asperge avec Charles Ephrussi. C’est un riche collectionneur d’art qui fréquente les ateliers de Degas, Manet, Monet, Renoir… et leur achète régulièrement des toiles.

En 1880, il commande à Manet un tableau représentant une botte d’asperges. Ephrussi est si content du tableau qu’au lieu de verser les 800 francs convenus, il envoie 1.000 francs à l’artiste. Ce dernier, en remerciement, lui adresse un second tableau, représentant une seule asperge. Manet lui aurait dit que pour ce prix là, il devait manquer une asperge dans la botte.

apserge-manet2-1880

Les deux tableaux de Manet (1880)

En attendant, régalez vous de blanche, de verte et de violette…

Votre Mona se perge

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bebe-vinDepuis le temps, on pensait avoir tout entendu sur les vertus médicales du vin (à l’étranger, uniquement, bien entendu). Le French Paradox justifie la consommation de vins rouges pour les étrangers. Les tannins contenus dans le divin nectar permettent à leur cœur, leurs vaisseaux, leur cerveau, leurs reins…. de traverser les ans en meilleure forme. C’est pourquoi les médecins étrangers préconisent aux étrangers une consommation raisonnable mais régulière de vins rouges.

Mais on ignorait encore que la consommation de vin pouvait augmenter la fécondité des femmes (étrangères ?) . Une publication de l’Institut sérologique de Copenhague est formelle : les femmes qui consomment régulièrement un verre de vin deviennent plus fécondes que celles qui n’en consomment pas.

Une autre étude menée à Florence affirme que deux verres de vin rouge par jour suffisent pour accroître le désir sexuel de la femme. Cette étude clinique a été réalisée récemment sur un échantillon de 789 femmes résidant dans la région de Chianti et démontrerait que les femmes qui boivent  deux verres de vin rouge par jour ont une vie sexuelle beaucoup plus active que celles qui s’abstiennent de toute consommation de vin ou qui ne boivent qu’occasionnellement.

Quelques remarques : pour repeupler la France, vous savez, Mesdames, ce qui vous reste à faire. Par contre, je connais des femmes qui, avec ce qu’elles boivent, doivent avoir des enfants cachés.
Enfin, en mêlant les résultats des deux enquêtes, je me pose des questions : si ma femme boit un verre, elle a de plus de chance d’être enceinte.  Mais si elle boit deux verres, peut-elle être enceinte après une nuit d’amour torride ?
En France,  à en croire, nos savants, la femme qui boit un verre a … le cancer, un point (G?) c’est tout. Autant en boire deux.

Mona, deux verres pour vous et un pour moi et que çà saute !!


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mettreDans un récent article, Lepicurien a abordé, avec le professionnalisme auquel il nous a habitués, un sujet très grave : nos enfants ont-ils toujours les bourses pleines ? Nos petits-enfants seront-ils tous obligatoirement nés de paires inconnues ?

Bien que célibataire, j’ai été bouleversée par cette étude. Avec l’autorisation de mon cher Patron, je vous livre en complément le fruit des recherches d’un éminent professeur qui ne pourra pas vous laisser de marbre.

En effet, le Docteur Eduardo A. Gómez De Diego, directeur général d’Andromedical, laboratoire spécialisé dans les problèmes sexuels masculins, a effectué une étude détaillée pour déterminer la taille moyenne du pénis dans le monde.

Selon une publication de 2001 de la société espagnole d’andrologie, il ressortait que la longueur moyenne du pénis en érection parmi les « mâles espagnols » était de 13.58 cm. Le Docteur Eduardo A. Gómez, d’origine latino, trouvant sûrement que le compte n’y était pas, contesta les résultats obtenus et après moult mesures et, aidé ( on est jamais trop aidé) par d’autres éminents laboratoires, il est arrivé à la conclusion suivante : la longueur moyenne mondiale du pénis en action est de 14 cm.

Lorsqu’on se penche en détail sur le tableau ci-dessous, on constate que les écarts sont importants : de 9.6 cm pour un Coréen à 16 cm pour un Français…

Deux remarques :

  1. Le Français est plutôt bien servi par la nature. Tant mieux pour nous…
  2. Aucune étude sur un pays du continent africain. Est-ce par peur ? est-ce par manque d’instruments de mesure suffisamment grands ? Encore une fois, on n’a pas tiré les choses au clair. On reste dans le noir…., c’est mal.

Epicuriennes, je vous invite néanmoins à regarder attentivement ce tableau qui peut se révéler fort utile avant de choisir la destination de vos prochaines vacances…

Votre Mona friolée

world_penis_sizes


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De nos jours, les ordinateurs nous traquent à chacune de nos journées. Même si la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) dit veiller au grain, il faudrait peu de choses pour que ce qui suit ne devienne réalité. Mais afin de vous ménager et de vous laisser continuer à rêver, nous  acceptons de vous projeter en 2015. Vous êtes vautré dans votre fauteuil  préféré attendant la retransmission du match de football sur votre écran en relief. Et, vous passez commande d’une pizza indipensable au bon déroulé de la soirée sportive (comme quoi, tout n’a pas changé). Attention, c’est parti :

vivement-demainStandardiste : « Pizza IOLO, bonsoir, Isabelle Dejour à votre service. »

Vous : « Ouais, bonsoir, Isa (selon la mode américaine), je souhaite passer une commande. »

Standardiste : « Puis-je avoir votre NNI, Monsieur ? »

Vous : « Mon numéro national d’identification (NNI)… Oui, un instant, voilà…  c’est le 102049998-45-54610. »

Standardiste : « Merci Monsieur BEAUF. Ok… voyons : votre adresse est bien 316 rue de la Braguette à Montes Ma Jolie et votre numéro de téléphone 494-2366- 4712. Votre numéro de téléphone  professionnel à la DGIR (direction générale des insomniaques récalcitrants est le 745-2302 -5632 et votre numéro de téléphone mobile 266-2566-9874. Vous nous appelez de chez vous si j’en crois le numéro affiché sur mon standard »

Vous : « Euh ? oui, je suis à la maison. Mais à quoi vous servent toutes ces  informations pour livrer des pizzas ? »

Standardiste : « Nous sommes branchés sur le système SECON-MAICAIVOULU, Monsieur, ce qui vous assure un service de qualité supérieur et nous garantit contre tout problème allergisant ou accident de santé lié à l’ingurgitation de nos produits certifiés ISO 2014. »

Vous : (Soupir) « Ah bon ! Je voudrais deux de vos pizzas spéciales à la viande… »

Standardiste : « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée Monsieur. »

Vous : « Comment ça ? »

Standardiste : « Je vois sur votre dossier médical que vous souffrez d’hypertension et d’un niveau de cholestérol très élevé. Votre société d’assurance maladie vous interdit de manger de la viande le soir. C’est trop dangereux pour votre santé. »

Vous : Mais enfin, je peux bien faire une exception, si çà me chante…

Standardiste : Vous savez bien, Monsieur, que ce n’est pas possible. Notre société ne peut engager sa responsabilité. Si vous aviez un problème, de santé dans les 48 heures, les analyses médicales nous condamneraient à rembourser l’intégralité des frais médicaux engagés. Vous comprenez ?

Vous : « Ok! Bon, alors, qu’est-ce que vous me proposez ? »

Standardiste : « Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja. Je suis sûre que vous l’adorerez. »

Vous : « Qu’est-ce qui vous fait penser que je vais aimer cette pizza ? »pizza1

Standardiste : « Rappelez vous, Monsieur, que vous avez consulté la semaine dernière, durant plus de 20 mn, les « Recettes gourmandes au soja » à la bibliothèque de votre quartier. D’où ma suggestion, Monsieur. »

Vous : « Bon d’accord. Livrez m’en deux, format familial. Je vous dois ? »

Standardiste : « Ca devrait faire l’affaire pour vous, votre épouse et vos quatre enfants, Monsieur. Vous nous devez 250 Euros (ben, oui, tout augmente). »

Vous : « Je vous donne mon numéro de carte ?. »

Standardiste : « Je suis désolée, Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre encours de carte de crédit pour le mois est déjà légèrement dépassé ».

Vous : « …. J’irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n’arrive. »

Standardiste : « Ca ne marchera pas non plus, Monsieur. Vous devez bien savoir que votre compte bancaire est à découvert. »

Vous : « Mais, enfin, ce n’est pas vos oignons. Contentez-vous de m’envoyer les pizzas. J’aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ? »

Standardiste : « Nous avons un peu de retard, Monsieur. Elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Mais, si vous êtes pressé, vous pouvez venir les chercher après être passé retirer du liquide. Bien que transporter des pizzas en moto soit pour le moins acrobatique. »

Vous : « Comment, diable, savez vous que je viendrai en moto ? »

Standardiste : « Je vois que vous n’avez pas honoré les échéances de votre voiture et qu’elle a été saisie, il y a 3 semaines. Mais votre moto, elle est payée. Donc, j’ai simplement présumé que vous l’utiliseriez. »

Vous : « #, m….,?, ?, sa.l…pe, ?, enc..lée… !!! »

Standardiste : « Je vous conseille de rester poli, Monsieur. Dois-je vous rappeler que vous avez déjà été condamné, en juillet 2010, pour injure téléphonique lors d’une commande d’un film à caractère pornographique ? Une nouvelle plainte pourrait vous coûter une amende de 1.000 €. Et je ne vous parle pas des éventuelles poursuites que je pourrai lancer à votre endroit. « 

Vous : (Sans voix)

Standardiste : « Autre chose …  Monsieur ? »

Vous : « Non, rien. Ah si … n’oubliez pas les deux litres de soda gratuits avec les pizzas prévus sur votre pub. »

Standardiste : « Je suis désolée, Monsieur, mais lisez bien l’intégralité du texte. Le paragraphe 7 de notre publicité est très clair. Une clause d’exclusion nous interdit de proposer des sodas gratuits à des diabétiques. Bon appétit et bonne soirée de la part de la société Pizza Iolo, la pizza qu’il vous faut. »

Mais heureusement, Epicurienne, Epicurien, tout ceci n’est que de la fiction. Même, si des fois, la réalité la dépasse… Vous pouvez continuez à manger, je vous vois…

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Vous êtes de plus en plus nombreux à m’adresser de gentils mots d’encouragement pour les papiers que je glisse sur ce blog grâce à la gentillesse de mon vénéré patron.  Tout d’abord, je vous remercie. Vous me demandez régulièrement de dire qui se cache derrière ce joli prénom. Souhaitant vous être agréable et avec l’accord de mon cher Lépicurien, je vous « donne » un peu de moi :

Tout d’abord, Lepicurien m’a conseillé de vous dire que je fais 90.60.90 pour 1.69m et que le mieux, c’est surement de mettre quelques photos plutôt qu’un long discours.

N’hésitez à agrandir les photos en cliquant dessus

Pour moi, la vraie vie a débuté lorsque j’ai commencé à travailler avec Monsieur Lepicurien, il m’a tout appris… Comme il aime à dire : « c’est avec moi, que tu devins si... ». Mais il ne finit jamais sa phrase… je ne comprends pas.

Aujourd’hui tout serait parfait dans le meilleur des mondes si je connaissais mes origines. Mais, hélas, je n’ai jamais rencontré ma famille. Et lorsque j’entends « tiens, c’est étrange, vous me rappelez quelqu’un« , je suis très malheureuse. Qui suis je ? D’où viens-je ? Si vous voulez m’aider, envoyez moi un commentaire : toute information sur mon passé me sera précieuse.

Mona tente, c’est vous…

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grenache-lgOriginaire d’Espagne, le Grenache est le premier cépage de la péninsule ibérique (15 %). Il ne craint pas les climats arides et son port droit lui permet de résister au vent. Sa maturation lente autorise une importante production saccharifère (de 14 à 16°G/L). Sa peau, peu riche en anthocyanes semble plus rosée que rouge. Dés qu’il est sur une terre inapte à autre chose que la vigne ou l’olivier, il peut avoir une couleur intense, profonde et violacée.

A Rioja, il produit les rouges légers, les “ Tintos ” sans finesse et alcooleux. Il donne des résultats plus intéressants en Navarre (moins de mollesse et moins d’alcool). A Valladolid (et ce, sans controverse), il a droit de cité dans l’assemblage du fameux Vega-Sicilia (le Pétrus espagnol).

Dans le Midi, il est le 2ème cépage après le Carignan avec 90 000 ha. Surtout présent en Tavel, Châteauneuf du Pape et zones ventées par le Mistral (Lirac, Gigondas, Côtes du Ventoux, du Tricastin). On tire partie de sa tendance oxydative dans l ‘élaboration des V.D.N : Rasteau, Banyuls, Côtes du Roussillon et Maury peuvent atteindre des sommets. En Corse, on en fait parfois un “ Porto ” local qui ne démérite pas devant ceux que l’on sert en France dans les bistrots ! C’est le 2ème cépage de la viticulture australienne.

Le grenache blanc est plus qu’une curiosité : il est le 3ème cépage blanc cultivé en France. Quant au Grenache Gris, il rentre dans la composition de nombre de Vins Doux Naturels (VDN) et quelques producteurs du Roussillon en extraient un vin blanc sec aux arômes exceptionnels.

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sousceyracUn grand merci à mon patron, de m’avoir forcée à lire ce roman. J’ai adoré :
Durant leurs vacances, Jean et Philippe, amis d’enfance, arrivent à Sousceyrac (Lot). C’est de là que la famille de Philippe est originaire. Ayant perdu ses parents, il souhaite voir où vit une veille tante spoliée par sa famille. Jean qui commence à avoir faim craint que la halte au seul restaurant du village ne lui assure pas un bon repas.
Ayant appris que sa tante est décédée riche à millions, Philippe, cachant son identité, reste sur place et enquête…

Le roman « policier » de Pierre Benoît est plein d’humour. L’écriture est belle et riche. Les rebonds vous garderont en haleine et il est bien difficile de s’arrêter. Comme mon patron, je l’ai lu d’un trait. Et puis, il y a ce déjeuner rabelaisien dont je vous livre le menu[1] :

« Philippe et Jean s’installèrent près de la fenêtre, devant la table où leurs couverts étaient mis.
- Qu’allez-vous nous donner, chère Madame? demanda Jean.
- Du poulet, puisque vous en désirez, Messieurs, répondit Mme Prunet. Mais comme il n’est pas tout à fait à point, j’ai pensé vous faire goûter d’abord autre chose.
Il s’agissait d’un foie de canard et d’un saladier d’écrevisses, qu’elle disposa devant eux.
- Ce n’est pas très varié, comme hors-d’œuvre, poursuivit-elle. Si vous désirez des sardines à l’huile, je peux envoyer la petite en chercher une boite à l’épicerie, qui n’est pas loin.
- Pour Dieu, gardez-vous en, ma chère dame. C’est très bien ainsi, s’écria Jean.
Tandis que Mme Prunet se retirait, il donna un coup de coude à Philippe.
- Eh ! mais, dis donc, les choses n’ont pas l’air de trop mal s’arranger.
- Pourquoi veux-tu nécessairement être tombé dans Un guet-apens ? répliqua Philippe avec aplomb.
Il y avait seulement dix minutes, il n’était point aussi rassuré. Ce fut ce que Jean faillit lui répondre. Mais il sentit que Philippe était encore vexé de sa mésaventure de tout à l’heure, et il fut assez magnanime pour ne pas insister.
- Voyons ces écrevisses. Elles ne sont pas très grosses, mais le court-bouillon qui les baigne m’a l’air d’avoir été composé selon les véritables règles de l’art. Echalote, thym, laurier. Parfait ! Rien ne manque.
- Quant au foie gras, dit Philippe, il est tout simplement merveilleux. Je te conseille de le comparer avec les purées qu’on nous sert à Paris.
- Décidément, dit Jean, tu as eu une riche idée en nous faisant passer par Sousceyrac.
En tout cas, que mes éloges ne t’empêchent pas de nous verser à boire.
Il y avait sur la table deux sortes de vins, l’un blanc, l’autre rouge. Jean goûta à l’un et à l’autre. Le blanc était léger, avec un arrière goût de résine qui n’était pas désagréable. Quant au rouge, il était un peu épais, un peu violacé, mais si plein d’honnêteté et de fraîcheur !
- Maintenant, le poulet peut être brûlé, j’ai moins peur. Avec ce vin, ce foie gras, ces écrevisses, nous verrons toujours venir. Allons, redonne-nous à boire, et quitte cette mine de catastrophe.
Il rit. Philippe consentit à sourire. Le saladier, énorme pourtant, était déjà à moitié vide. Du foie, il ne restait qu’une mince tranche, que Jean s’adjugea. Quant aux bouteilles, elles ne risquaient plus, en se renversant, de causer à la nappe le moindre dommage.
- Excellente entrée en matière, Madame, dit Jean à l’hôtesse. Sans mentir, si le plat de résistance est de la même lignée que les hors-d’œuvre … Mais, qu’est-ce que vous nous apportez-là ?
- Des truites du pays, monsieur, répondit elle avec son air perpétuel de s’excuser. Mon petit neveu les a pêchées cette nuit. Je les avais promises à quelqu’un des environs. Mais tant pis! J’aime autant que vous en profitiez.
- Inspiration du ciel, ma bonne dame. Regarde-moi ça, Philippe. Sont-elles gracieuses, les mignonnes! Qu’en penses-tu ?
Philippe haussa les épaules.
- Je te l’avais bien dit, fit-il, quand Mme Prunet eut regagné sa cuisine. Pourquoi n’aurions-nous pas été admirablement ici !
- Ouais! dit Jean. Enfin ne rouvrons pas les vieilles querelles. Repasse-moi le plat. Hé! Là ; hé! là, laisse-m’en.
Le vin blanc, qui me paraissait un peu faible sur les écrevisses, s’harmonise fort bien avec les truites, dit Philippe.
Verre en main, ils se regardèrent en souriant, légèrement renversés contre le dossier de leurs chaises.
- Sommes-nous donc déjà parvenus à l’âge où les plaisirs de la table constituent le meilleur de la vie ? murmura Jean.
- Il n’y a, hélas pas de doute, dit Philippe. Cette vie, notre vie, elle se présente dès maintenant sous l’aspect d’une ligne de chemin de fer bien droite, bien sage, une ligne à travers la Beauce. Je ne vois guère d’événements susceptibles d’y apporter de l’imprévu. Parmi la douzaine de députés ou de sénateurs que nous connaissons, il en est peut-être qui deviendront ministres, nous prendront comme chefs de cabinet. A part cela …
- Eh bien, que veux-tu? C’est mieux ainsi. Résignons-nous.
Au dehors, un peu de brise était née, une brise qui n’était pas encore le vent d’hiver, mais qui le faisait pressentir. Elle ondulait avec douceur dans les vastes frondaisons rousses du foirail.
Mme Prunet entra, nantie d’un plat de cèpes farcis. Les deux amis lui firent une ovation.roast-chicken
- A boire, à boire! cria Jean.
- Tu voudras bien constater, dit Philippe solennellement, que les champignons que voici n’ont aucun rapport avec les misérables morceaux de pneumatiques huileux qu’on débite partout sous le nom de cèpes à la bordelaise. Tu es rassuré, j’espère, à présent?
- Si je le suis ! C’est-à-dire que je suis au comble de l’amertume de n’avoir découvert Sousceyrac que le dernier jour de mes vacances, à la veille de notre séparation. Ça m’embête bien de le quitter, mon petit Philippe, tu sais.
- Reste avec moi. Les braves gens de Vierzon chez qui je vais seront ravis. Je leur ai si souvent parlé de toi.
- Tu n’es pas fou? Et le ministère ?
- Deux jours, trois jours, de plus, qu’est-ce que c’est que cela ? Personne n’en mourra.
- Impossible, te dis-je. Mon bureau n’est pas comme le tien. On y travaille. J’ai la liste des bourses de médecine et de pharmacie à revoir. Ces sacrés doyens nous envoient toujours leurs propositions in extremis. Et les bourses des instituts électrotechniques Et le nouveau décret sur les équivalences Non,vois-tu, après-demain, sans faute, je dois être rue de Grenelle. Aujourd’hui, c’est mon chant du cygne.
- En fait de cygne, regarde. Voilà qui me fait l’effet d’un assez joli canard en salmis.
Jean leva les bras au ciel.
- Imbécile. Imbécile ou ivrogne. Il est indigne d’être originaire d’un tel pays. Il prend pour un salmis de canard un civet de lièvre. Et quel civet!  Mes compliments, madame. C’est onctueux, c’est noir, c’est magnifique. Nous vous avons sottement défiée. Vous avez relevé le défi. Croyez que nous ne vous en gardons nulle rancune. Mais sapristi, il fallait prévenir.  C’est que je commence à être à bout de souffle. Allons-y, pourtant. Sainte Vierge, je n’ai jamais rien mangé de pareil !
- Vous êtes trop indulgent, monsieur, dit Mme Prunet. Moi, je ne suis pas très satisfaite de ce lièvre. Il avait perdu beaucoup de sang. Le paillet sera, je crois, mieux réussi.
- Le poulet ?
- Ne m’avez-vous pas réclamé du poulet ? Excusez-moi, il ne faut pas que je le perde de vue. Un coup de feu est si vite attrapé.
- Cette brave dame a juré notre mort, dit Philippe, dont le parti pris de ne s’étonner de rien commençait à faiblir. »

Votre Mona famée


[1] Page 39 à 45 – Le Déjeuner de Sousceyrac chez Albin Michel 1931

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Le site lepoint.fr a publié une information que je reprends intégralement :

plateau-fromages-et-vin« Pour promouvoir les spécialités françaises, le gouvernement va cofinancer, avec des producteurs, des soirées vin et fromages chez des particuliers américains, canadiens et d’ailleurs. Les hôtes, choisis par l’agence de marketing Sopexa, recevront, outre des bons d’achat pour du vin bon marché, un tire-bouchon et… un CD où chante Carla Bruni ! En échange, ils doivent vanter sur Internet les mérites de la nourriture et du vin français. La Sopexa a déjà reçu 14.000 demandes de particuliers. Le coût de l’opération, réalisée dans 19 pays, est estimé à 1,6 million d’euros, dont 60 % seront à la charge du ministère de l’Agriculture. »

Des journalistes et nombre de sites ont réagi en trouvant scandaleux que le budget participe à l’achat des disques de la 1ère Dame. En fait, il semble que le disque soit une compilation de variétés dont un titre est de Carla Bruni… Mais peu importe cette polémique ne m’intéresse que fort peu.

Par contre, je suis étonné que personne ne souligne le fait, qu’à l’intérieur de notre beau pays, l’image du vin soit plus associée au risquecoq-bleu-blc-rge de cancer dès le 1er verre et à l’alcoolisme. Mais dès que l’on sort de nos frontières, le vin est présenté comme un des fondements de notre civilisation et comme un des pôles de notre gastronomie.

Quand va donc cesser cette schizophrénie ?

Epicuriennes, Epicuriens, à vos verres, il est temps de faire comprendre à nos dirigeants que :

« Bonne cuisine et bons vins, c’est le paradis sur terre »
Henri IV (1553-1560)… c’est-à-dire en France comme ailleurs.

Il fallait et il faut le dire.

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pierre-benoistPeu de gens s’intéressent encore à l’œuvre de Pierre Benoit (1886 – 1962). Et pourtant, il publia plus de 40 romans, souvent d’aventures qui connurent un immense succès. Grand prix de l’Académie Française en 1919 pour « l’Atlantide » il avait déjà connu le triomphe avec « Kœnigsmark « en 1918. Il enchaîne les succès avec notamment « Mademoiselle de La Ferté en 1923,  La Châtelaine du Liban l’année suivante…. et  Le Déjeuner de Sousceyrac en 1931 « ce qui lui vaut une élection comme membre de l’Académie Française.

En ces temps-là, l’entrée à l’Académie était saluée par un banquet. Celui du romancier Pierre Benoit, le 27 juillet 1931 dans la cité lotoise de Saint-Céré, fut mémorable à plus d’un titre. L’écrivain réussit la prouesse de réunir dans la patrie de la truffe et du canard gras sept cents convives parmi lesquels nombre de personnalités du monde littéraire parisien ainsi qu’une brochette de ministres. Au terme de ce festin bien arrosé, l’heureux élu, quelque peu enivré, demanda à une serveuse accorte de se dévêtir. La dame s’exécuta sans sourciller et intégralement.

314259492_e681ad63fa_oEst-ce cet effeuillage de la belle, ou la douche « ciblée » au champagne qui lui fut administrée par l’écrivain et l’un de ses amis, Anatole de Monzie, par ailleurs ministre de l’Éducation nationale, qui choqua au Quai Conti ? Visiblement trop pétillant, l’événement faillit en tous les cas coûter son fauteuil d’immortel à Pierre Benoit : il fut tenu de différer sa réception sous la coupole d’une bonne année… De cet auteur trop peu lu, on a pu dire qu’il écrivait avec le même appétit qu’il goûtait aux plaisirs de l’existence. Et Dieu sait qu’il était connu pour ses frasques : ainsi en 1922, il organisa une course de tortues au Palais Royal. Pour fuir sa femme et ses maîtresses, il mit sur pied un faux enlèvement. Pour se faire oublier, il devint grand reporter pour nombre de journaux et ramena de ses périples nombre de héros pour ses romans.

En 1992, la collection Bouquins a sorti le premier tome de ses œuvres. Depuis le second, pourtant programmé, n’est jamais sorti.
Dommage !!

J’ai proposé à Mona de s’intéresser au « Déjeuner de Sousceyrac » que j’ai lu avec grand plaisir et  d’une seule traîte. Visiblement touchée par le texte, elle dévore le livre … même au bureau. Elle m’a promis de vous en dire quelques mots. Patience, Mona  prépare son texte pour demain.

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pompadourEt c’est quoi des asperges à la Pompadour ? Le patron, homme de culture (d’asperges ?) oublie que nous n’avons pas tous la chance de tout savoir comme lui. Heureusement, vous avez votre petite Mona…

C’est dans le Grand Dictionnaire de la Cuisine d’ Alexandre Dumas que je vous ai trouvé la recette originale :

Monsieur de Jarente, ministre d’Etat pendant la faveur de Mme de Pompadour, a laissé à notre célèbre gourmand Grimod de la Reynière, digne neveu de son oncle, la prescription suivante :

« Choisissez trois bottes des plus belles asperges du gros plant de Hollande, c’est-à-dire blanches avec le bout violet.
Faites parer, laver et cuire en les plongeant comme à l’ordinaire, c’est-à-dire dans de l’eau bouillante; tranchez-les ensuite en les coupant en biais du côté de la pointe, à la longueur du petit doigt. Ne vous occupez que des morceaux de choix, et laissez de côté le reste de leurs tiges.
Mettez cesdits morceaux dans une serviette chaude afin de les égoutter en les maintenant chaudement, pendant que vous confectionnerez leur sauce.

Videz un moyen pot de beurre de Vanvres ou de la Prévalais, en prenant le contenu par cuillerées et le mettant dans une casserole d’argent; joignez-y quelques grains de sel avec une forte pincée de macis en poudre, une forte cuillerée de fleur de farine d’épeautre, et de plus, deux jaunes d’œufs frais bien délayés avec quatre cuillerées de suc de verjus muscat.
Faites cuire ladite sauce au bain-marie, en évitant de l’alourdir en lui laissant prendre trop d’épaisseur; mettez vos morceaux d’asperges tranchés dans ladite sauce, et servez le tout ensemble, en casserole couverte et en extra, pour que cet excellent entremets ne languisse point sur la table et puisse être apprécié dans toute sa perfection. »

Mona sparagus

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Elle nous viendrait des Romains, peut-être même depuis la lointaine Egypte. Rabelais en fait consommer à Panurge et  la cuisine de la Renaissance la met en vedette.

La blanche est de production artisanale et ne doit jamais voir le soleil. La violette tient ses reflets mauves d’avoir vu le jour. La verte pousse à l’air libre et est colorée de haut en bas.
Sont-ce ses effets, sa forme qui ont incité Madame de Maintenon à dire d’elle : « C’est la première invitation à l’amour « .

Il faut dire que ce légume avait la réputation d’être si émoustillante qu’on la déconseillait formellement aux pucelles, comme en témoigne la confession timide d’une héroïne du Roman bourgeois de Furetière (1666) :

« Si quelqu’une de nous eût mangé des asperges, on l’aurait montrée du doigt ; mais aujourd’hui, les jeunes filles sont plus effrontées que des pages de Cour ! ».

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Nu de François Boucher

Quant à la Pompadour, souhaitant étonner son royal amant qui lui reprochait d’être « froide comme une macreuse », elle cherchait la recette idéale pour assouvir les besoins de Louis XV. On peut en juger en lisant cette lettre insolite adressée à sa belle-sœur, Madame de Baschi :
« Le marquis de R., comme vous le savez, n’est pas très délicat dans ses goûts ; il aurait, hier, passé la soirée avec une comédienne, et, sur la fin du souper, étant tous les deux pleins de… charmes, le marquis n’a trouvé rien de mieux que de faire déshabiller sa Vénus, et, ayant préparé une sauce pour asperges, l’aurait placée dans un endroit que je ne puis nommer, (…) et, là, se serait mis à manger des asperges trempées dans cet endroit. Il y a trouvé du plaisir. Qu’en dites-vous ? Je vous attends pour votre réponse. Je ne puis m’empêcher de rire de cet original plaisir. »
Cette lettre qui circula largement à la Cour, fit que l’on donna à une recette, le nom d’ »asperges à la Pompadour« .

A l’huile, au beurre, en sauce mousseline, chaque français en consomme presque 1 kg par an. Goûteuse, pauvre en calories et riche en sels minéraux, elle a tout pour accompagner un petit régime de printemps. De plus, l’asperge participe efficacement aux fonctions d’élimination de l’organisme : ses fibres aident au bon fonctionnement intestinal et ses composés diurétiques facilitent le travail rénal. Ne soyons pas égoïstes : chats et chiens se délecteront des parties que nous aurons dédaignées.

Fontenelle 1657 - 1757

Fontenelle 1657 - 1757

On raconte que Fontenelle adorait les asperges à l’huile, alors que son invité du jour les préfère au beurre. Il donna l’ordre que l’on les prépara pour moitié des deux façons. Son hôte étant pris d’une attaque, malgré son grand âge il se précipita en cuisine en hurlant:  » Tout à l’huile maintenant, tout à l’huile ! « .

Cà refroidit, si j’ose dire!!
Il faut dire que Fontennelle avait la réputation de penser d’abord à son confort. Claudine Alexandrine Guérin de Tencin, baronne de Saint-Martin de l’Isle de Ré (et mère de d’Alembert) qui fut l’amie de Fontennelle, lui disait en pointant le doigt sur sa poitrine : « Ce n’est pas un cœur que vous avez là ; c’est de la cervelle, comme dans la tête« .

A condition d’éviter la vinaigrette, dégustez l’asperge avec un sancerre, un vin de pays de viognier, un Chenin du Val de Loire, une muscadelle du Sud-Ouest, et bien sûr, accord « parfait » avec un muscat sec d’Alsace ou du Languedoc.

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