Stendhal et Balzac se battent devant Mona

Un scénariste envisage de porter à l’écran un roman de Balzac. Il déjeune avec un producteur pour lui exposer son projet.

Dès qu’il prononça le nom de Balzac, le producteur rejeta immédiatement le script d’un geste de la main et d’une moue qui ne laissait aucun espoir à l’auteur. Après quelques instants, devant la mine défaite de son commensal, il se crut obligé de s’expliquer :

- Ce Balzac, il n’a rien écrit d’enthousiasment … à part, peut-être Le Rouge et le Noir !!

Le scénariste lui fit remarquer que c’était doublement faux. Le Colonel Chabert, roman balzacien, porté à l’écran par Yves Angelo avec entre autres Gérard Depardieu, avait remporté un grand succès et avait été nominé six fois aux César. Quant au Rouge et Noir, c’était un roman de Stendhal.

Mais le producteur ajouta pour clore l’entretien :

-Tiens, vous voyez, le seul roman intéressant de Balzac pour le cinéma n’est même pas de lui !

Mona, buvons donc un coup malgré ce gougeât. Que diriez vous d’ un Fonsalette 2006 ? Vinifié par Rayas, ce vin est tout en finesse malgré son degré d’alcool sudiste. 

Vous avez aimé cet article? Partagez-le :
, , , ,

Admirez les magnifiques courbes de Mona melette norvégienne

Il est des recettes entourées de mystère. L’omelette norvégienne en fait assurément partie. Pourquoi omelette, pourquoi norvégienne ?
En effet, ce dessert n’est ni une omelette, ni d’origine norvégienne…
C’est du blanc d’œuf battu qui contient de la glace posée sur une génoise. Alors ?

Il faut remonter à 1867, Exposition Universelle de Paris qui est entièrement dédiée à la fée Électricité. Le Chef du Grand Hôtel de Paris veut créer un dessert en hommage à la Science. Il s’appuie sur les travaux du Comte de Rumford qui avait établi que le blanc d’œuf battu est un mauvais conducteur de chaleur. Battu en neige, le blanc d’œuf joue le rôle d’isolant et, tout en dorant, il protège la glace de la chaleur du four.
Ce comte de Rumford était américain et avait longtemps vécu en Bavière avant de s’installer à Paris. Le Chef, répondant au nom de Balzac, veut lui rendre hommage ; mais peu averti en géographie, il aurait situé la Bavière en Norvège…On dit que ce dessert fut servi pour la première fois à une délégation chinoise. En tout cas, cette recette améliorée par d’autres chefs deviendra un grand classique de la cuisine française dès la fin du XIXe siècle…

Mona-melette, c’est vous ?

Vous avez aimé cet article? Partagez-le :
, , , ,

friedrich_august_der_starkeLa Pologne a la réputation d’être la terre d’élection de l’ébriété. Mais on lui prête peut-être plus de capacité qu’elle n’en a. On prétend que pour choisir un nouveau souverain, on buvait beaucoup et que le plus fort buveur était finalement élu roi.

Quant à Auguste II[ 1], roi de Pologne, qui eut, disent les mauvaises langues, plus de trois cent cinquante bâtards, il buvait tant qu’on disait de lui :
- « Quand Auguste boit, c’est la Pologne qui est ivre ».

*****

elisabeth_petrovna_par_heinrich_buchholz_vers_1768La liste des buveurs célèbres est trop impressionnante et décourage l’énumération. Retenons seulement une buveuse : Élisabeth de Russie[2]. On prétend qu’elle s’enivrait si fréquemment qu’on ne parvenait pas à la déshabiller le soir. Aussi ses femmes avait-elles imaginé de lui faire porter des robes simplement bâties et non cousues. Quelques coups de ciseau suffisaient donc pour la débarrasser de ses vêtements, et ses femmes la portaient au lit « où elle retrouvait quelques forces dans les bras d’un bel athlète ».

*****

Balzac, quant à lui, raconte une ivresse mémorable qui le prit un soir de 1822, aux Italiens. Il avait fumé trop de tabac, et bu trop de vin avant la soirée et l’opéra acheva de l’enivrer. Il titubait légèrement à l’entracte.
- « Ce monsieur sent le vin, murmura une dame, dégoûtée.
- Non, madame, s’écria-t-il superbement, je sens la musique! ».

De nos jours, il aurait fini au ballon. Je propose de porter un toast à la mémoire d’Honoré et puis un autre à celle d’Auguste et pi un aut’ à cel’  d’Elisabeth. Mona, sortez les ballons, je vous prie.


[1] Prince électeur de Saxe, puis roi de Pologne de 1697 à 1704, puis de 1709 à 1733.

[2] Fille de Pierre le Grand,  Impératrice de 1742 à 1762 et belle-mère de Catherine II

Vous avez aimé cet article? Partagez-le :
, , ,