Je t'avais demandé de l'urine de mule, grosse vache !
La hantise d’une Reine, c’était de ne pas donner d’héritier à son royal époux. Pour mettre toutes les chances de leur coté, les Reines utilisaient des aphrodisiaques, des filtres d’amour, des décoctions étranges. Catherine de Médicis dut attendre dix ans avant d’être enceinte et la menace de la répudiation planait sur sa tête. Aussi, elle fit appel à un des ses alchimistes qui concocta un mélange pour assurer sa fécondité.
« Elle se coucha et se mit sur le ventre, au-dessus du nombril, une espèce de cataplasme étrange, composé de vers de terre, de pervenche en poudre, de corne de cerf pulvérisée, de fiente de vache et de lait de jument. Après quoi, à tout hasard, et parce qu’on lui avait recommandé également ce second procédé propre à la fécondité, elle but un grand verre d’urine de mule… »
Je ne sais pas si c’est çà qui donna un héritier à la France. Mais ce qui est certain, c’est qu’il fallait que son Henri aime les odeurs fortes pour partager sa couche.
Mona pas trouvé de pervenche en poudre mais elle a vu une pervenche déguisée en aubergine.
Il s’agissait de « viandes délicates » telles que les ris de veau, les rognons ou les crêtes de coqs, que l’on servait séparément parfois en pâtés. On découvrit les béatilles en France au cours de la Renaissance. Le plat venait d’Italie et la florentine Catherine de Médicis en raffolait au point de se rendre malade.
» La Reine mangea tant quelle crut en crever, raconte Pierre de l’Estoile. On dit que c’était d’avoir mangé trop de culs d’artichaut et de crestes et rognons de coqs dont elle était fort friande. »
Il n’y avait pas que les béatilles d’affolantes ce jour là, puisque, dit encore Pierre de l’Estoile, « en ce banquet, les dames les plus belles et les plus honnêtes de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme des épousées, furent employées à faire le service. »
Ce fut la nuit de Chenonceaux, un banquet fastueux donné le 9 juin 1577 par la Reine Catherine de Médicis. On dépensa 100.000 livres qu’on leva sous forme d’emprunts sur les plus aisés serviteurs du Roi et même de quelques banquiers Italiens qui surent bien se rembourser par ailleurs.
Henri III était vêtu de damas rose, des perles pendaient à ses oreilles. Cela scandalisait d’autant plus qu’il fût très décolleté :
Chacun estait en peine de dire s’il voyait un roi-femme ou bien un homme-reine.
Ma chère Mona, humectons notre glotte avec un Saint-Amour 2007 de Patrice Martin. Un joli fruits et une trame soyeuse… en écoutant Dutronc, que du bonheur !
Selon certaines sources, c’est le roi Henri III qui la ramena de Venise, en 1574, selon d’autres, c’est sa mère, Catherine de Médicis qui l’avait apportée de Florence dans ses bagages. Ce qui est certain, c’est qu’elle ne s’imposa pas vite dans notre pays. Seuls les Grands l’utilisaient et encore uniquement pour piquer l’aliment et… l’attraper avec les doigts pour le porter en bouche ! La Fraise, ce tour de cou de dentelle, devenant de plus en plus encombrant, l’on passa le morceau directement du plat à la bouche, via la fourchette, pour contourner l’obstacle…
Cela devenait urgent. Examinant l’imposante fraise et le pourpoint d’un courtisan, un marquis lui déclara :
- « Vous avez mangé du ragoût au dîner ! «
- « Vous vous trompez, c’était pour souper… et c’était, il y a bien quinze jours ! «
Les dimensions de la fraise subirent une telle inflation que les serviettes, bien que de taille respectable, ne tenaient guère autour du cou…
Il nous en est resté l’expression : « Avoir des difficultés à joindre les deux bouts ! «