Ce 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Saviez vous, qu’en France, une femme meure tous les deux jours des suites des violences de son conjoint ou de son compagnon. Mona en a les bras qui tombent…
Je dois vous avouer que je n’aime pas le 3ème jeudi de Novembre. C’est comme chaque année, le retour du Beaujolais Nouveau. Certes, ce produit permet de se retrouver autour d’un « pot » entre copines et copains. Mais cette boisson ne donne tellement pas de plaisir que je préfère organiser des dégustations de vrais vins. Et cette année, comme un pied de nez, j’ai choisi les Crus du Beaujolais. En effet, je vous rappelle que cette belle région ne produit pas uniquement pour ce jour. Et des vignerons bourrés de talent nous proposent de grands vins de Morgon, Moulin à Vent, Fleurie… Et le millésime 2009 est particulièrement réussi. Dès à présent, il donne du plaisir ; mais il saura rester en cave pendant plusieurs années.
Alors venez donc partager avec Mona, le Chénas 2009 d’Hubert Lapierre. C’est un vin rond, fruité, apte au vieillissement. Le jour du Beaujolais Nouveau, soyez snob, buvez du vrai « vin » du Beaujolais.
L’avantage des caveaux en Bourgogne, c’est que la température est constante. On me dit qu’il fait froid. Je le crois sur parole. Mais je dois vous avouer que je n’en souffre pas. Dès le matin, 9h00, on descend sous terre. Et quand on remonte, c’est pour s’engouffrer dans la voiture et se diriger vers la prochaine cave. On a vite la sensation d’être une bête souterraine. De plus quand on sort dehors, c’est après avoir dégusté quelques flacons. Et quand je dis « quelques », c’est un euphémisme. Les vignerons que l’on visite ont un nombre de cuvées compris entre 10 et 20 qu’ils se font un plaisir de vous faire goûter sur deux millésimes au moins. Cà réchauffe ! L’accueil est toujours chaleureux. Par contre, peu de domaines ont du vin à vendre. Cette journée confirme l’adage : « à Bordeaux, on te sert peu et il y a tout à vendre et en Bourgogne, on t’offre tout à boire et il n’a rien à vendre »…
Lépicurien a été fort heureux de déguster ce midi le Vosne-Romanée du Domaine René Engel. C’est le dernier millésime vinifié par Philippe Engel. Paix à son âme. La magie du vin, c’est que même de là-haut, il continuera à nous régaler pendant longtemps.
Mona, aussi, aimé le vin de Philippe.
Dans le Code gourmand d’Auguste Romieu édité en 1829, on peut lire :
« Les nez bourgeonnés sont fort respectables : il ne faut cependant pas tomber dans cette erreur commune, qu’ils sont l’enseigne des robustes buveurs. Ce diagnostic appartient plus spécialement aux gens qui ne boivent que de l’eau. »
On est loin des discours ambiants sur le vin. Diabolisé dans le pays du bien vivre, du bien manger et du bien boire, le vin n’est plus présenté comme culturel mais comme un poison. C’est un comble.
Mais tout n’est pas perdu : l’Association nationale des élus de la vigne et du vin, lors de son dernier bureau, a retenu la proposition de son président, le sénateur Roland Courteau, qui souhaite organiser une série de rencontres et réunions d’information sur tout le territoire national sur le thème « Vin et Santé ». Cette initiative vise à promouvoir une consommation modérée de vin et à contribuer à la réhabilitation de l’image du vin, bien malmenée ces derniers temps. L’objectif est de présenter les résultats des travaux de recherche menées ces dernières années sur les effets bénéfiques sur la santé d’une consommation modérée de vin.
De quoi se remonter le moral et déclamer avec Roland Barthes : « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre… C’est une Boisson–Totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise« .
Mona pas mécontente de cette déclaration…
Ah quelle belle époque ! Au début du XX° siècle, des ouvrages étaient publiés en France pour encourager le peuple à boire le jus de la treille. Il était alors possible d’écrire que le vin est meilleur que l’eau. On croit rêver. Dans notre monde aseptisé, avec notre principe de précaution, avec nos ligues anti-tout, les éditeurs de tels ouvrages se verraient, de nos jours, trainés devant les tribunaux pour incitation à l’alcoolisme…
Dans le but d’augmenter la consommation du vin et de faire en faveur de cette boisson une propagande utile, M. Raymond Brunet[1] a eu l’idée de réunir dans un volume de 150 pages, joliment édité et largement illustré, tous les arguments qui peuvent être donnés en faveur de la consommation du vin, ainsi que tous les inconvénients qui peuvent être présentés contre la consommation des autres boissons hygiéniques (bière et cidre), ainsi que contre la consommation des boissons tempérantes (café et thé) et surtout contre la consommation de l’eau.
Cet ouvrage renferme de nombreux documents scientifiques et techniques qui donnent une valeur indiscutable à la thèse soutenue par l’auteur.Cet ouvrage est ainsi divisé:
- Le vin n’est pas nuisible;
- Le vin et la littérature;
- le vin et la religion;
- Le vin et la musique;
- Le vin est la meilleure des boissons;
- Le vin est un aliment; le vin est un remède;
- Le vin est une boisson antialcoolique;
- Les boissons tempérantes sont de mauvaises boissons;
- L’eau est une mauvaise boisson.
Ma chère Mona, à la mémoire de Brunet, nous porterons un toast avec ce Cheverny blanc du Domaine du Moulin : un vin frais, naturel et droit…
[1] ingénieur-Agronome professeur d’Œnologie à l’École de l’industrie hôtelière de Paris, propriétaire, viticulteur
Le texte qui suit est tiré d’une revue professionnelle de 1913. Un médecin encourage à boire du vin pour éviter l’opération de l’appendicite. De nos jours, je ne suis pas certain que l’on puisse encore écrire cela sans s’attirer les foudres de la loi Evin.
Le vin va réapparaître sur nos tables et ce sera justice. Le réquisitoire du Docteur Gagey s’étaye sur des témoignages particulièrement impressionnants. Il nous cite plusieurs familles de sa clientèle où, seuls, les buveurs d’eau sont frappés et où ils le sont tous. Cette constatation lui ayant paru intéressante, il s’est informé auprès de quelques-uns de ses confrères et a recueilli d’eux des renseignements concordants.
Dans la région où il exerce, les amateurs de vin sont en très grande majorité, mais la proportion de ceux-ci dont l’appendice devient malade, est infime au regard de ce qui se passe chez les dissidents qui le dédaignent ou le redoutent.Il est instructif aussi de remarquer avec lui que l’appendicite est devenue singulièrement fréquente depuis vingt-cinq ans, c’est-à-dire depuis la grande invasion phylloxérique[1] qui, raréfiant le vin naturel, favorisa la falsification, amena l’abandon de la boisson coutumière.On la rencontre aussi de préférence dans les classes où boire de l’eau est devenu une mode beaucoup, plus facilement que dans les milieux populaires, moins accessibles aux suggestions du snobisme et à ses exagérations hygiéniques.
Et c’est bien l’eau, l’eau seule, qu’il faudrait accuser et non des impuretés quelconques véhiculées par elle. Parmi les sujets qui ont attiré l’attention du Dr Gagey, une bonne partie s’abreuvait d’eaux minérales ou d’infusions chaudes. Ce sont là, par définition, des boissons où les microbes ne fréquentent guère. Aussi faut-il en arriver, comme explication, à celle que nous esquissions plus haut.
Mona, vous n’avez pas été opérée de l’appendicite. Bon alors, on va boire un coup pour éviter le bistouri… Rien ne vaut le préventif. Par ces chaleurs, je vous invite à titiller une bouteille de Raisins Gaulois, un vin de table de Marcel Lapierre, un roi du Gamay…
[1] Phylloxera : insecte originaire des États-Unis a provoqué une grave crise du vignoble européen à partir de 1863.
On parle de plus en plus de produits bio, et c’est tant mieux. Mais les autorités européennes ont sorti des textes qui englobent sous cette dénomination un nombre de produits qui ne devraient pas avoir leur place sous cette dénomination. Pour permettre notamment aux agriculteurs espagnols d’écouler leur camelote, ils ont autorisé l’utilisation de produits chimiques, d’antibiotiques en quantité trop importante.
En matière de vins, on ne peut pas parler de vins bio (contrairement à ce que l’on dit habituellement) mais de vins issus de raisins biologiques. En effet, à ce jour, seuls des textes encadrent la culture et rien ne règlemente la vinification.
Mais le processus est lancé. Et une lutte oppose les petits producteurs bio et les grosses sociétés et coopératives qui souhaitent pouvoir pasteuriser les moûts et utiliser des levures exogènes. Les « petits », eux crient au scandale en argumentant que la culture bio doit permettre d’utiliser les levures indigènes de leur terroir.
Je vous rappelle qu’il y a quelques années, ce sont les fromages au lait cru qui ont failli disparaitre. Et là encore, les grands groupes laitiers voulaient nous montrer que pasteurisation et lait écrémé ne modifiaient pas le goût des fromages. Il suffit de regarder certains plateaux de fromages proposés dans les restaurants pour se rendre compte que nombre de fromages sont sans goût, sans odeur. En un mot, ils sont plus prêts du plâtre que du lait.
Je souhaite que les vins bio ne tombent pas aux mains des financiers qui se foutent comme d’une guigne du bon goût.
Vive la France des fromages qui puent et des vins de terroir.
Mona pas sa langue dans sa poche. Et vous ?
A chaque fois qu’il vous voit, il vous parle de sa cave. Cà pour en parler, il en parle ! Des centaines de bouteilles, un jour il vous la montrera. Au fil du temps, vous avez fini par croire que c’était l’Arlésienne, cette fameuse cave… et pourtant un jour, il vous la montre : c’est une cave bien aménagée avec ses flacons bien rangés, bien classés, bien au frais. Au mur, un thermomètre –hygromètre ; sur une tablette, un livre de cave à l’ancienne veille sur des Morgons des années cinquante. Des petits Bordeaux, des Entre Deux Mers des années soixante. Graves et Médocs cohabitent avec blancs et rosés d’Arbois. Le représentant d’Henri Maire a du sévir en son temps. D’ailleurs quelques bouteilles de « vin fou » sont allongées à coté de Champagne poussiéreux. Par ci par là, quelques étiquettes prestigieuses arborent des millésimes lointains et peu cotés. Seuls de petits vins inaptes au vieillissement sont d’années prestigieuses. Les bouteilles entrent dans ce lieu, mais en ressortent rarement. C’est une cave à sens unique. Ne croyez pas qu’il soit radin ; les mets les plus recherchés sont à sa table, mais truffes, foies gras et langoustes n’auront pour compagnons qu’un cortège de fantômes : vins fanés, usés, vieillardés dans d’obscurs millésimes. Les « grandes bouteilles », il les garde pour les « grandes occasions « . Le drame, c’est que l’occasion n’est jamais assez grande. Mariages, baptêmes, anniversaires, réveillons ont vu eux aussi le même défilé de gloires déchues, de flacons décrépis, obsolètes. Le grand frisson de l’harmonie gustative est toujours remis sine die. Un jour, il mourra, c’est à tous notre triste lot. Or jamais, on ne vit de casiers à roulette accrochés derrière un corbillard. Alors ses enfants hériteront de vins rouges décatis, de Grands Crus cassés, de blancs oxydés, de Champagne éventés. On ne sauvera du naufrage que quelques rares liquoreux, vins jaunes et alcools. Le collectionneur ne sait pas que l’on est riche que des bouteilles que l’on a bues. Il ne sait pas reconnaître l’instant où il est bon de jouir de la vie. Nous en connaissons tous au moins un. C’est le « mateur » de vin, « l’amasseur » de vin.
Il possède une cave comme un eunuque possèderait un harem.
Moi, ma chère Mona, pas de risque : je bois du vin jeune. Et plus çà va, moins j’attends. Comme dit Philippe Bouvard : « j’ai compris que j’avançais en âge en ouvrant mes grands Bordeaux de plus en plus tôt ». En parlant de jeunesse, buvons ce Château Baulos-Charmes 2006. Un Pessac Léognan gourmand. Encore une que les Prussiens n’auront pas !
Je vous ai déjà dit toute l’admiration que je porte à mon vénéré patron. Mais décidément, Lépicurien devance et exauce mes envies et désirs les plus fous. Ainsi hier soir, il me propose de partir plus tôt du bureau sous prétexte d’un rendez-vous à Angoulême. Et nous voilà 1h30 plus tard devant le parc des expositions. Il sort de sa poche deux billets pour le concert de Jacques Dutronc. Pleurs, embrassades tendres… je fond comme une madeleine devant la tasse de Monsieur Proust. Asséchée, mais pleinement heureuse, je prends place et à 20h, le Jacques apparaît assis sur un fauteuil et embrase mon coeur et la salle avec « Et moi, et moi ». Un concert de 2 heures avec des musiques qui n’ont pas pris une ride. Mon dabe lui est plongé dans sa jeunesse, il connait tous les textes et rajeunit à vue d’oeil.
Un joli moment. Ne ratez pas son passage…
J’ai volontairement choisi une version de 1967 de « j’aime les filles » à celle plus récente en hommage à mon Lépicurien et à un des ses amis qui se reconnaîtra…
Mona pris son pied avec Jacques et son patron… et vous ?
Il y a un an, Glaxo lançait un médicament au succès foudroyant : Alli, un amaigrissant révolutionnaire. Il se vendait 70.000 boîtes par semaine. Un an plus tard, on est redescendu à moins de 10.000.
Il faut dire qu’Alli s’est révélé d’une efficacité toute relative sur notre tour de taille. De plus, ses vertus laxatives certaines ont été peu prisées.
Une de mes amies me disait d’ailleurs qu’elle avait quand même perdu bien davantage avec une bonne gastro qu’avec Alli et que son dérèglement intestinal n’avait duré qu’une petite semaine… et en plus, elle l’avait eu gratis. Que du bonheur ! Je vous rappelle que dans un article de mai 2009, j’avais attiré votre attention sur les désagréments liés à l’utilisation d’Alli.
En attendant, Alli n’ayant pas rencontré le succès escompté, c’est le cours de bourse du laboratoire anglais qui a subi une vraie cure d’amaigrissement.
Mona pas grossi cet hiver ; et vous ?
En 2009, Glaxo lançait un médicament au succès foudroyant : Alli, un amaigrissant révolutionnaire. Il se vendait 70.000 boîtes par semaine. Un an plus tard, on est redescendu à moins de 10.000.
Il faut dire qu’Alli a une efficacité toute relative sur notre tour de taille. De plus, ses vertus laxatives certaines ont été peu prisées.
Une de mes amies me disait qu’elle avait quand même perdu davantage avec une bonne gastro qu’avec Alli
Alli n’ayant pas eu le succès escompté, c’est le cours de bourse du laboratoire anglais qui a subi une cure d’amaigrissement.
Mona pas grossi cet hiver ; et vous ?








